Interventions sociales : Éducation secondaire

Des motivations offertes aux jeunes qui ont décroché de l'école secondaire pour les encourager à retourner aux études et obtenir un diplôme font diminuer la criminalité de 71%, selon une étude américaine – soit de meilleurs résultats et à moindre prix, que les programmes correctionnels.1

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Le manque d'éducation peut entraîner une faible estime de soi et des troubles émotionnels, ainsi que des déceptions sur le marché du travail – qui sont tous des facteurs de risque de criminalité.2

Selon les Services correctionnels Canada, le secondaire 2 est en moyenne le niveau d'enseignement atteint par les délinquants qui entrent pour la première fois en prison pour purger une peinde de deux ans ou plus.3

Un avocat de Saskatoon, Kearny Healy, a constaté que le niveau d'éducation est le deuxième facteur laissant prévoir que quelqu'un risque d'être condamné à faire de la prison (le premier facteur étant d'avoir déjà fait de la prison). Les jeunes qui ont réussi à terminer le secondaire ou plus sont nettement moins suceptibles que les autres d'aller en prison.4

Mais faire les jeunes rester à l'école par la force ne résout pas le problème – en fait cela risque d'avoir l'effet contraire. Une étude a trouvé que les activités délinquantes des décrocheurs scolaires diminuaient de façon notable lorsque ces jeunes avaient quitté l'école.5

Traiter les raisons pour lesquelles certains jeunes ont de la difficulté à rester à l'école est une approche qui donne de bien meilleurs résultats. Ces raisons peuvent comprendre des déménagements fréquents par les familles, des problèmes affectifs à la maison, des troubles de l'apprentissage (voir Besoins spéciaux), et l'intimidation à l'école (voir Contourner la violence).

On peut trouver à Winnipeg et à Saskatoon des projets efficaces qui répondent à toute une série de raisons sous-jacentes pour lesquelles les étudiants décrochent de l'école. Voir le Bulletin No 8 de La prévention du crime par le développement social.

À mesure que les exigences d'un plus haut niveau scolaire continuent d'augmenter sur le marché du travail, il est aussi probable que l'éducation postsecondaire sera de plus en plus un facteur de protection contre la criminalité.

Des groupes qui ont historiquement fait face à la discrimination, comme les Autochtones, ont typiquement le plus à gagner d'une éducation postsecondaire – et le plus à perdre de ne pas en avoir6 . Troy Rupert, coordinateur du Thunderbird House Aboriginal Centre à Winnipeg, dit «qu'environ 50 à 60% du temps» les anciens membres de gangs qui viennent à son centre »ne peuvent trouver de financement pour aller à l'école, alors ils se découragent et retournent à leur ancien mode de vie». Voir l'article «Quand le 'party' est fini», dans le Bulletin No 8 de La prévention du crime par le développement social.

Les coûts de l'éducation postsecondaire ont subi une hausse rapide de 1990 à 2000 – les tarifs de cours ont grimpé de 135,4% dans cette période, soit six fois plus vite que le taux d'inflation7 – mettant l'éducation supérieure hors de portée de nombreux jeunes à risque.

Cela coûte approximativement 100 000 $ pour incarcérer un jeune pendant une annnée – suffisamment d'argent pour fournir à ce jeune quatre années d'études universitaires.8

Autres interventions sociales

    Traitement des toxicomanies
    Contourner la violence
    Éducation de la petite enfance
    Emploi
    Logement
    Revenu
    Quartiers de résidence
    Rôle parental positif
    Activités récréatives
    Réinsertion sociale
    Besoins spéciaux

Notes :

1Waller, I. Cutting Crime Significantly, 2003. Manuscrit non publié.

2Waller et Weiler. La prévention du crime par le développement social. Ottawa : Conseil canadien de développement social, 1984. Aussi Waller, I. Cutting Crime Significantly, 2003. Manuscrit non publié.

3Literacy and Justice Fact Sheet. Movement for Canadian Literacy. Voir www.literacy.ca/litand/4.htm).

4Healy, K..Tough on Kids, Rethinking Approaches to Youth Justice. Saskatoon: Purich Publishing Ltd, 2003.

5 Waller et Weiler. La prévention du crime par le développement social. Ottawa : Conseil canadien de développement social, 1984.

6Comité sénatorial permanent des peuples autochtones. Les jeunes Autochtones vivant en milieu urbain - Plan d'action pour le changement à www.parl.gc.ca/37/2/parlbus/commbus/senate/com-e/abor-e/rep-e/repfinoct03-e.htm)

7Hanvey. Le Progrès des enfants au Canada 2002. Ottawa : Conseil canadien de développement social, 2002. Voir www.ccsd.ca/pubs/2002/pcc02/hl.htm#cr

8 Conseil national de prévention du crime Canada. Sécurité et économiques : prévenir le crime par le biais du développement social. Ottawa : NCPC, 1996. Voir www.hc-sc.gc.ca/hppb/familyviolence/html/fvcrimeprevention_e.html