Interventions sociales : Rôle parental positif

Un rôle parental positif représente une force protectrice pour l'enfant et lui évite éventuellement d'adopter un comportement criminel. Des parents qui élèvent leurs enfants de manière positive non seulement aident à leur développement, mais peuvent aussi parer à certaines des influences négatives auxquelles les enfants risquent d'être exposés (voir Contourner la violence).

Un style parental autoritaire, ou négligent ou usant de châtiment physique a plus de risque de mener à la délinquance. Une supervision inefficace et une discipline irrégulière, la discorde familiale et le manque d'harmonie, et une relation tendue entre parent et enfant sont aussi des facteurs liés à un risque accru de délinquance.1

callout

Certaines situations sont plus difficiles que d'autres. Des études longitudinales ont révélé que les familles nombreuses et les familles monoparentales ont plus de risque de voir se développer la délinquance chez les enfants2 .

L'un des facteurs risque dans les familles monoparentales est la pauvreté : en 1999 au Canada, 42% des familles monoparentales dirigées par une femme vivaient sous le seuil de pauvreté.Étant donné que le pourcentage de familles monoparentales augmente – de 13% en 1994 à 16% en 19983 , il est d'autant plus important de donner du soutien à ces familles, surtout que cela s'est révélé efficace.

Des études américaines ont trouvé que les visites à domicile faites par des infirmières à des mères monoparentales pauvres réduisaient de 50% la délinquance plus tard chez les enfants.4 Un projet actuellement en cours à l'Ile-du-Prince Édouard – Best Start – a montré qu'en donnant un peu d'aide aux mères «à risque», on arrivait à faire baisser de 25% à seulement 2,3% le pourcentage d'enfants placés sous la garde des services de protection de l'enfance (voir l'article «Aidons-les à partir d'un bon pied» dans le bulletin No 7 de Prévention du crime par le développement social, automne 2003).

Les enfants nés de mères adolescentes ont aussi un risque plus élevé d'être impliqués dans des activités criminelles plus tard. Une étude américaine a montré un lien surprenant entre les mères adolescentes et la criminalité plus tard chez leurs enfants : 90% des hommes de 19 à 35 ans en prison étaient nés de mères adolescentes.5

Le Centre Ma Mawi Wi Chi Itata à Winnipeg signale que l'agression pendant l'enfance, la dépression au milieu de l'adolescence et un passé d'abus sexuels sont des facteurs précurseurs de la grossesse à l'adolescence – et par conséquent des situations à cibler pour l'intervention. Le Centre a aussi trouvé que des soutiens communautaires aux mères adolescentes aident à faire baisser leur taux de décrochage du secondaire et donnent aux jeunes femmes et à leurs enfants une meilleure chance pour l'avenir (voir l'article «Un chez soi» dans le bulletin No 8 de La pprévention du crime par le développement social, printemps 2004).

La criminalité parentale est aussi associée à de plus grans risques de délinquance chez les enfants6 . Des études américaines ont montré que des programmes qui aident les pères incarcérés à exercer leur rôle parental sont efficaces pour réduire le danger de transmission de la criminalité. Cette méthode est actuellement à l'essai avec beaucoup de succès au Québec (voir l'article «Quand Papa est en prison” dans le bulletin No 6 de La prévention du crime par le développement social , hiver 2003).

Finalement, les enfants qui sont témoins de bagarres physiques à la maison sont deux fois plus susceptibles d'avoir un comportement physique agressif ou de commettre des actes de délinquance contre les biens. Les enfants qui ont été témoins de violence à la maison ont plus tendance à souffrir d'anxiété et de dépression, ainsi qu'à devenir plus agressifs. Plus de la moitié des cas de violence directe contre les enfants ont des répercussions négatives sur leur développement. Cela comprend souvent des troubles du comportement (39%), une attitude négative envers les autres enfants (15%), de la dépression ou de l'anxiété (15%), de la violence envers les autres (11%) et des retards développementaux (9%).7

Heureusement, les soutiens familiaux, la formation parentale et d'autres programmes d'intervention précoce peuvent faire une différence pour éviter les mauvais traitements envers les enfants. Certaines études estiment que ces méthodes de développement social peuvent réduire jusqu'à 50% des abus envers les enfants et par conséquent réduire les conséquences tout au long de leur vie d'avoir été victimes d'abus. 8

Autres interventions sociales

    Traitement des toxicomanies
    Contourner la violence
    Éducation de la petite enfance
    Emploi
    Logement
    Revenu
    Quartiers de résidence
    Activités récréatives
    Réinsertion sociale
    Éducation secondaire
    Besoins spéciaux

Notes :

1 Waller et Weiler. La prévention du crime par le développement social. Ottawa : Conseil canadien de développement social, 1984.

2 Id.

3 Hanvey. Le Progrès des enfants au Canada 2002. Ottawa : Conseil canadien de développement social, 2002. Voir www.ccsd.ca/pubs/2002/pcc02/index.htm

4Waller, I. (2003). Cutting Crime Significantly: Investing in Effective Prevention. Manuscrit non publié.

5Adolescent Pregnancy Facts. Winnipeg : Ma Mawi Wi Chi Itata Centre.

6 Waller et Weiler. La prévention du crime par le développement social. Ottawa : Conseil canadien de développement social, 1984.

7Roberts. Canadian Children's Exposure to Violence: What it Means for Parents. Ottawa : Conseil canadien de développement social, 2003. Voir www.ccsd.ca/pubs/2003/violence/index.htm

8Stratégie nationale pour la prévention du crime. Sécurité et économies : Prévenir le crime par le biais du développement social. Ottawa : SNPC, 1996. Voir www.hc-sc.gc.ca/hppb/familyviolence/html/fvcrimeprevention_e.html).