Développement social

Certaines expériences vécues pendant l'enfance – par exemple vivre dans la pauvreté, grandir dans des quartiers défavorisés, et sous l'influence d'incompétence parentale – sont systématiquement liées à une plus forte probabilité d'activités criminelles plus tard dans la vie.1

callout

Des jeunes élevés dans ces conditions sont considérés «à risque». Les adolescents qui ont régulièrement des démêlés avec la Loi – représentant de 50% à 70% de toute la délinquance juvénile2 – ont souvent vécu dans une ou plusieurs de ces circonstances.

L'efficacité des interventions sociales est remarquable :

  • Au Royaume-Uni, un programme qui offrait 10 heures d'activités par semaine à 50 des jeunes les plus à risque dans 70 des quartiers les plus défavorisés a aidé à réduire de 65% les arrestations de jeunes et a réduit de 30% les expulsions scolaires.3

  • Au Canada, les visites à domicile pour améliorer les compétences parentales des mères «à risque» a aidé à faire diminuer de 25% à juste 2,3% le pourcentage d'enfants qui seraient par la suite pris en charge par les services de protection de l'enfance.4 D'autre part, un programme de formation parentale a abouti à une réduction de 67% des arrestations d'adolescents.5

  • Une recherche américaine a montré que des mesures motivant les jeunes à terminer le secondaire ont fait baisser les arrestations de 72%.6

L'Université du Colorado a identifié 11 projets de développement qui se sont soldés par de fortes réductions de la criminalité.7 Le gouvernement américain a depuis lors alloué un financement pour la mise en application de ces projets dans tous les États-Unis.

Le Centre international pour la prévention de la criminalité a également établit une liste d'une centaine de programmes de prévention du crime à travers le monde qui ont résulté en une baisse importante de la criminalité.8 Ce sont en grande partie des programmes de développement social fournis par des services éducatifs, sociaux-sanitaires, de logement ou récréatifs.

Par rapport à d'autres mesures prises pour contrôler la criminalité, la prévention du crime par le développement social est rentable. Une étude a révélé que cela coûtait aux contribuables environ 7 fois plus cher d'arriver à une réduction du crime de 10% au moyen d'incarcération qu'en utilisant des méthodes de développement social.9 Cela n'est pas étonnant lorsqu'on sait que l'incarcération d'un délinquant pendant un an au Canada coûte de 66 300 $ à 110 400 $ – ou plus.10

Une autre étude a calculé que pour chaque dollar dépensé pour fournir aux enfants à risque des programmes préscolaires enrichis ou pour motiver les adolescents à terminer leur secondaire, la société aurait éventuellement en retour un bénéfice de 3,50 $ à 7 $.11 C'est parce que ce genre d'initiatives produit des bénéfices sociaux collatéraux, comme des relations familiales saines, des individus bien intégrés socialement, et une main d'oeuvre bien éduquée.

Il y a un soutien croissant chez les Canadiens pour une approche de développement social à la prévention du crime, comme on a pu le constater dans plusieurs sondages récents.

Deux comités parlementaires canadiens ont recommandé de rediriger 5% du financement des dépenses de police, des tribunaux et des services correctionnels vers la planification et le financement de programmes de prévention du crime par le développement social. Bien que cette cible n'ait pas été atteinte, cette recommandation a contribué à quelques initiatives canadiennes importantes dans ce contexte, y compris la Stratégie nationale pour la prévention du crime (SNPC). Pour d'autres informations sur la Stratégie et d'autres institutions qui mettent en application la prévention du crime par le développement social dans le monde, voir la section Politiques sur ce site web.

En raison des indications croissantes que des mesures bien planifiées de prévention du crime par le développement social sont efficaces pour réduire la criminalité, plusieurs organismes prestigieux ont endossé cette méthode de combattre le crime: 12

  • British Inspectorate of Police, 1998/2001 (UK)
  • Home Office and Treasury, 1997 (UK)
  • Centre international pour la prévention de la criminalité, 1997/1999
  • U.S. Congress, 1997; revised 2002 (USA)
  • National District Attorneys Association 1999 (USA)
  • White Paper on Safety and Security, 1997 (South Africa)
  • Surgeon General, 2001 (USA)
  • Nations Unies (2002)

Documents

Documents

Notes :

1Centre international pour la prévention de la criminalité. Répertoire – Synthèse II sur la prévention de la criminalité. Montréal: CIPC, 1999.

2Fédération canadienne des municipalités (2000). Abécédaire de la prévention du crime au niveau municipal. Ottawa : FCM, 2000; et Statistique Canada (2002). Statistiques de la criminalité au Canada, 2001. Juristat, 22(6). Ottawa : Statistique Canada, 2002.

3Waller, I. Cutting Crime Significantly: Investing in Effective Prevention. Manuscrit non publié, 2003.

4Voir «Aidons-les à partir d’un bon pied» dans La prévention du crime par le développement social Bulletin, No. 7. Ottawa : CCDS, 2003.

5Centre international pour la prévention de la criminalité. Programmes de prévention de la criminalité pour encourager l’action à travers le monde. Montréal: CIPC, 1999. Pour plus d’information, allez sur le site www.crime-prevention-intl.org/publications.php?type=REPORT

6Id.

7Pour plus d’information, allez sur le site www.colorado.edu/cspv/blueprints/.

8Centre international pour la prévention de la criminalité. Programmes de prévention de la criminalité pour encourager l’action à travers le monde. Montréal: CIPC, 1999. www.crime-prevention-intl.org/publications.php?type=REPORT

9Centre international pour la prévention de la criminalité. Répertoire – Synthèse II sur la prévention de la criminalité. Montréal: CIPC, 1999.

10Service correctionnel du Canada, 2001. Pour plus d’information, allez à www.csc-scc.gc.ca

11Centre international pour la prévention de la criminalité. Répertoire – Synthèse II sur la prévention de la criminalité. Montréal: CIPC, 1999.

12Waller, I. Cutting Crime Significantly. Manuscript non publié, 2003.