La Police, tribunaux et services correctionnels

Les études ont montré que ce n'est pas la mesure la plus efficace de prévention du crime d'accroître les patrouilles de police dans la rue ou de mettre davantage de gens en prison.1 Dans les années 1990, le Canada a réduit ses effectifs de police de 11%, tandis que les États-Unis ont eux augmenté leurs effectifs du même pourcentage – et pourtant la criminalité a baissé de façon égale dans les deux pays.2

callout

Des études aux États-Unis ont montré que cela coûtait environ 7 fois plus cher d'arriver à une réduction du crime de 10% au moyen de peines de prison plus longues qu'à une réduction équivalente en aidant les jeunes à terminer leur secondaire.3 Au Canada, les services correctionnels pour les délinquants adultes coûtent plus de 2,5 milliards de dollars par an.4

La police, les tribunaux et les services correctionnels ont un rôle important à jouer – mais on peut les utiliser plus judicieusement pour prévenir la criminalité.

Traditionnellement, les services de police s'occupent de patrouilles dans la ville, de réponses à des appels, d'enquêtes et d'arrestations. Les tribunaux a pour rôle de déterminer la culpabilité et d'ordonner des sentences. Les services correctionnels surveillent les délinquants pendant leur incarcération – et peuvent ou non essayer de les réhabiliter.

Mais des évaluations du travail de la police en Angleterre et aux États-Unis indiquent que les méthodes de police courantes, comme les patrouilles et l'augmentation du nombre d'arrestations de jeunes délinquants, n'ont pas d'effet positif sur les taux de criminalité.5 La police est plus efficace quand elle travaille en collaboration avec des agences, comme les commissions scolaires, les services sociaux et autres dirigeants municipaux.6

Ces conclusions ont été corroborées par une expérimentation faite au Canada. Au début des années 1990, les services de police d'Edmonton ont identifié stratégiquement des «points chauds» de criminalité et ont collaboré avec des communautés à risque pour développer et mettre en application des solutions locales viables. Sur une période de quatre ans, ils ont constaté une chute de 41% de la criminalité en général et de 31% de crimes violents – des baisses plus grandes que dans aucune autre ville canadienne pendant cette période.7

De tels résultats demandent davantage que des rencontres informelles avec la communauté. La recherche montre que la police doit s'engager avec sa communauté dans des tactiques substantielles et stratégiques pour résoudre les problèmes si on veut que la «police communautaire» soit une réussite.8

L'Association canadienne des chefs de police (ACCP) a vivemtnendossé cette approche proactive. Ils sont d'avis que «la sécurité et le bien-être communautaires nécessitent des approches à la fois innovatrices et proactives de développement social et des méthodes conventionnelles de contrôle du crime». L'ACCP reconnaît par ailleurs que la façon la plus efficace et la plus rentable d'assurer la sécurité communautaire est de collaborer avec d'autres groupes et organismes qui sont en mesure d'influencer les causes sous-jacentes de la criminalité.9

Le chef régional de police de Cap Breton, Edgar MacLeod, président de l'ACCP, a pris une position ferme sur cette question. Il demande aux policiers «d'apprendre un nouveau style de leadership, pour faire des héros au lieu d'être eux-mêmes des héros» (voir «Aidons-les à partir d'un bon pied» dans La prévention du crime par le développement social Bulletin, No. 7. CCDS - Automne 2003).

À l'instar de l'Association canadienne des chefs de police, les Nations Unies dans leurs recommandations Principes directeurs applicables à la prévention du crime enjoignent d'arriver à un équilibre entre la prévention proactive de la criminalité et l'application de la Loi et des sanctions une fois qu'un crime a été commis.

La section Liens de ce site Web fournit des documents clés sur les méthodes de police préventives. On y trouve une compilation par le Centre international pour la prévention de la criminalité de 40 exemples de méthodes de stratégies préventives utilisées par la police practices pour réduire de manière significative la criminalité dans leur communauté.

Notes:

1 Sherman et al. Evidence based crime prevention. New York : Routledge, 2002. [www.crimeprevention.org]

2 Green & Healy. Tough on kids: Rethinking approaches to youth justice. Saskatoon : Purich Publishing Ltd., 2003

3 Centre international pour la prévention de la criminalité. Répertoire – Synthèse II sur la prévention de la criminalité. Montréal : CIPC 1999 [www.crime-prevention-intl.org]

4Statistique Canada. Dépenses de la justice au Canada, 2000/01. Juristat, 22(11), 2002. {www.statcan.ca]

5Goldblatt & Lewis. Reducing offending: an assessment of research evidence on ways of dealing with offending behaviour. London: Home Office, 1998; Sherman et al. Evidence based crime prevention. New York : Routledge, 2002.

6HM Inspectorate of Constabulary. Beating crime. 2000. Available at: www.homeoffice.gov.uk/hmic

7Centre international pour la prévention de la criminalité. Inspiring police practices. Montréal : CIPC, 2000. [www.crime-prevention-intl.org]

8Goldblatt & Lewis. Reducing offending: an assessment of research evidence on ways of dealing with offending behaviour. London : Home Office, 1998; Sherman et al. Evidence based crime prevention. New York : Routledge, 2002.

9Assocation canadienne des chefs de police. Resolution on community safety, health and well-being, 2002. Available at: www.cacp.ca/english/resolutions/past5/2002.pdf