Défis sociaux : Selon le sexe

Les besoins différentiels des filles et des femmes ont été bien documentés au cours des années et il est important d'en tenir compte dans les politiques et les programmes de prévention du crime.

Les femmes courent un plus grand risque de victimisation

Dans toutes les tranches d'âge, les adolescentes de 15 à 19 ans sont celles qui subissent le plus de victimisation personnelle, y compris la violence à la maison et dans la rue. 1Les adolescentes ont aussi moins tendance à déclarer ce type d'abus à la police.

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Bien que les hommes et les femmes aient dans l'ensemble des risques semblables de victimisation, les femmes sont plus susceptibles que les hommes d'être victimes de violence brutale. Elles ont aussi plus tendance à subir des assauts répétés de violence conjugale, et les femmes de 25 à 34 ans sont celles le plus à risque. 2

Les femmes immigrantes et des minorités visibles composent un autre groupe particulièrement vulnérable, selon un rapport de recherche du CCDS, Nulle part où aller? .

Ce n'est pas nécessairement parce que ces femmes sont plus susceptibles d'être victimes de violence conjugale, mais plutôt qu'elles ont moins tendance à le déclarer et ont plus tendance à avoir de la difficulté à obtenir l'aide et les services appropriés. Pour remédier à ce problème, le CCDS est entré en collaboration avec des intervenantes dans ce domaine pour former un Réseau national sur la violence conjugale envers les femmes immigrantes et des minorités visibles. Le premier bulletin (en anglais seulement)du réseau a été publié en octobre 2004.

Femmes délinquantes

Les statistiques du crime montrent que les hommes ont beaucoup plus tendance que les femmes à être impliqués dans la criminalité, et les hommes dépassent de loin le nombre de femmes dans les établissements correctionnels au Canada.

Cependant, contrairement à la baisse des taux de criminalité au Canada en général, le taux national de crimes violents par des jeunes filles et des femmes a augmenté régulièrement depuis 1992. Les jeunes délinquantes reçoivent aussi des peines plus sévères qu'auparavant, comme par exemple être envoyées en détention au lieu d'avoir des options de service communautaire. 3

Les activités violentes semblent culminer à un plus jeune âge chez les filles que chez les garçons – autour de 14 et 15 ans chez les filles, et autour de 17 ans chez les garçons. 4 Derrière ces statistiques il y a des différences sociales et psychologiques qui, dans bien des cas, sont cruciales pour élaborer des programmes efficaces de prévention du crime destinés aux femmes.

Jusqu'à 31% des filles avec un comportement agressif souffrent de dépression et de troubles connexes, comme des troubles alimentaires ou des comportements d'automutilation.5 Ces caractéristiques sont aussi courantes chez les délinquantes adultes, et représentent un défi constant pour les services correctionnels (voir "«Rapport sur les cas d'automutilation à la Prison des femmes de Kingston» " par Jan Heney .

Répondre aux besoins spéciaux des femmes à risque

Un article paru dans Maclean's en 2003 indiquait que les adolescentes avec un comportement agressif répondent beaucoup mieux aux programmes conçus spécialement pour les femmes. 6 D'autres organisations renommées, comme les Nations Unies, plaident immanquablement en faveur de programmes de prévention du crime qui répondent spécifiquement aux besoins des filles et des femmes pour prévenir la criminalité avant qu'elle ne se produise.7 Bien que la plupart des programmes de prévention soient fournis simultanément aux garçons et aux filles, il est évident que les besoins différents des filles doivent être intégrés à la planification et la politique de prévention du crime.

L' L'Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry , avec ses 21 succursales locales ou régionales, est un porte-parole au nom des délinquantes et de leurs besoins spéciaux, tandis que la Société John Howard du Canada plaide en faveur des besoins des délinquants. Ces organismes ont une mine d'information sur les circonstances particulières qui entraînent les femmes et les hommes à défier la Loi.

Les beosins spéciaux et les circonstances des femmes ont également été reconnus par le système correctionnel canadien, mais de nombreux défis sont encore à relever (voir "«La transformation des services correctionnels fédéraux pour les femmes».")

Il y a aussi plusieurs projets réussis orientés à prévenir la victimisation des femmes.

Prévention circonstancielle du crime pour les femmes

À Montréal, des groupes de femmes ont participé à une initiative visant à évaluer la sécurité dans les transports publics. De nouvelles stations de métro ont ensuite été conçues de manière à tenir compte des préoccupations et critères de sécurité qui avaient été exprimés par les femmes (voir l'article «En sécurité dans la ville» dans le Bulletin No 6 de La prévention du crime par le développement social, printemps 2003).

À Sao Paulo, au Brésil, des postes de police avec un personnel entièrement composé de femmes ont été créés pour répondre aux lacunes chroniques de déclarations de crimes par les femmes victimes de violence. Les agentes de police ont fourni aux femmes du soutien et des mesures efficaces concernant leurs plaintes. En conséquence, le nombre de femmes qui ont rempli des déclarations sur leur victimisation a augmenté considérablement, et éventuellement l'incidence de viols déclarés a chuté de 37% et les menaces envers les femmes ont diminué de 37%. 8

En ce qui concerne la violence conjugale en particulier, les femmes se sont rassemblées pour surmonter leur vulnérabilité, tandis que les hommes se sont rassemblés pour faire face aux causes sous-jacentes de la violence masculine (voir l'article «En sécurité dans la ville» dans le Bulletin No. 6 de La prévention du crime par le développement social, printemps 2003).

Si votre projet de prévention du crime est spécifiquement conçu pour les filles et les femmes, ou porte une attention spéciale aux besoins différentiels des filles et des femmes, veuillez consulter la section Sur le terrain de ce site afin de partager vos informations sur vos travaux avec d'autres personnes conmcernées.

La délinquance masculine

Un certain nombre de programmes de prévention du crime qui tiennent compte des facteurs spécifiques déclenchant la criminalité masculine opèrent souvent dans un contexte intergénérationnel.

Au Québec, le programme «Grandir sainement avec un père détenu» fournit une assistance parentale aux pères incarcérés. Le programme est destiné à aider les pères à se réintégrer dans la société et à améliorer le développement des enfants. Il aide aussi à briser le cycle de la criminalité. Une étude américaine montre que les garçons sont aptes à développer un comportement antisocial et impulsif lorsque leur père est mis en prison, et les enfants de détenus sont cinq à six fois plus susceptibles que les autres enfants d'échouer eux-mêmes en prison éventuellement (voir La prévention du crime par le développement social Bulletin No. 6, pour d'autres détails).

Au centre Ma Mawi Wi Chi Itata de Winnipeg, aun programme d'aide aux mères Autochtones adolescentes offre aussi un programme parental de dix semaines pour les jeunes pères. C'est crucial, car une étude américaine a révélé que 90% des hommes de 19 à 35 ans qui étaient en prison étaient nés de mères adolescentes. «Les délinquants de gangs sont particulièrement susceptibles d'avoir été élevés par une mère monoparentale» dit Denis Boulanger, qui dirige le programme parental du centre Ma Mawi Wi Chi Itata. «Maintenant vous voyez de jeunes gars se promener avec des poussettes» (voir La prévention du crime par le développement social Bulletin No. 8, pour d'autres détails).

En Nouvelle-Écosse, le programme New Leaf pour les hommes accusés de violence conjugale a montré que dès l'âge de 14 ans, les fils commençaient souvent à imiter le comportement de leur père. Pour y remédier, le programme New Leaf a adopté un processus réussi de mentorat avec les jeunes garçons et a ensuite commencé un programme d'approche pour les enfants en secondaire 2 et secondaire 4

Les interventions visant à prévenir la violence envers les femmes semblent être spécialement efficaces lorsqu'elles comprennent la participation tant des hommes que des femmes. À Antigonish, en Nouvelle-Écosse, le Rural Healthy Relationships Project mène des ateliers scolaires qui divisent les étudiants en groupe de filles et de garçons pour discuter de ce qu'ils aiment et de ce qu'ils n'aiment pas sur leur appartenance à leur sexe. Les jeunes filles apprennent à connaître la sécurité personnelle et l'expression saine de limites et les jeunes hommes «apprécient aussi la chance de démystifier les stéréotypes» dit Krista De Coste, une animatrice du projet

La réussite de ces projets à petite échelle démontre qu'il est en fait possible de changer les habitudes. Tous comme les programmes contre l'intimidation ont montré qu'il n'y a rien de naturel et d'inévitable sur les actes d'intimidation dans la cour d'école, ces projets montrent qu'il n'y a rien de naturel et d'inévitable à propos des rôles selon le sexe qui prétend que les hommes sont des agresseurs.

Autres défis sociaux :

    Selon l’âge
    Exclusion sociale
    Bien-être des Autochtones

Notes

1À moins d'indication contraire, les données dans cette section proviennent de Statistique Canada, Les enfants et les jeunes au Canada. Ottawa : Série de profils du Centre canadien de la statistique juridique, 2001. En ligne voir www.statcan.ca:8096/bsolc/francais/bsolc?catno=85F0033M2001005

2Statistique Canada. Les femmes au Canada. Ottawa : Série de profils du Centre canadien de la statistique juridique, 2001. En ligne voir http://www.statcan.ca:8096/bsolc/francais/bsolc?catno=85F0033M2001010

3Dell, C.A. & Boe, R. Les jeunes délinquantes au Canada, édition révisée. Forum : Recherche sur l'actualité correctionnelle, 13(2). Ottawa : Service correctionnel du Canada, 2001.

4Factors Affecting Saskatoon's Crime Rates, 2003.

5McClelland, Susan. “Sugar and spice no more,” dans la magazine Maclean's, du 21 juillet 2003.

6 Id

7Conseil économique et social des Nations Unies : Principes directeurs pour la prévention du crime. 11e Commission pour la prévention du crime et la justice pénale. New York : ECOSOC, 2002.

8 Centre international pour la prévention de la criminalité. Programmes de prévention de la criminalité pour encourager l'action à travers le monde : CIPC, 1999.