Défis sociaux : Exclusion sociale

L'exclusion sociale correspond à un manque d'appartenance, au fait de ne pas être accepté et reconnu. Les gens qui sont socialement exclus sont plus vulnérables économiquement et socialement, et par conséquent ils ont tendance à avoir des expériences amoindries dans la vie.1

Les causes de l'exclusion sociale ont été attribuées aux changements économiques et sociaux dans les pays à économies de marché libre, ainsi qu'aux faiblesses des politiques et services de l'État. Étant donné que les gens qui sont socialement exclus sont vulnérables, certains d'entre eux peuvent décider de s'affirmer ou de réagir de manière inappropriée. Une étude au Royaume-Uni a conclu qu'un nombre disproportionné de crimes sont commis par des individus qui sont socialement exclus.2

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Mais l'exclusion sociale peut arriver à n'importe qui. À mesure que notre société se dirige à toute vitesse vers de nouvelles cimes technologiques et économiques, elle élève le niveau de certaines personnes – et laisse les autres à la traîne. Les individus appartenant aux groupes sous privilégiés ou aux groupes sociaux minoritaires ont un plus grand risque de faire face à l'exclusion sociale.

La pauvreté constitue l'un des facteurs clés de l'exclusion. Le rapport du CCDS, Le Progrès des enfants au Canada 2002, a montré que les enfants vivant dans une famille pauvre sont moins susceptibles d'avoir de bons résultats scolaires et ont moins tendance à participer aux activités récréatives. De plus, les enfants qui vivent dans une pauvreté chronique ont deux fois plus tendance à vivre dans une famille «dysfonctionnelle», ont deux fois plus tendance à vivre dans un milieu de violence, et trois fois plus tendance à vivre avec un parent souffrant de dépression – qui sont tous des facteurs de risque d'exclusion sociale et éventuellement de criminalité.

Malheureusement, la pauvreté infantile au Canada ne montre aucun signe de rémission. Tandis que le taux a diminué légèrement vers la fin des années 1990, les derniers chiffres indiquent un taux de pauvreté infantile de 15,6% – soit près d'un enfant sur six. C'est un taux encore plus élevé que celui de 15,2% enregistré en 1989 lorsque la Chambre des communes avait unanimement pris l'engagement d'éliminer la pauvreté infantile pour l'an 2000. Au lieu de cela, le nombre d'enfants souffrant de la faim et le nombre de familles sans abri a augmenté de manière substantielle au long des années 1990, excluant encore davantage de Canadiens.

À mesure que l'écart s'agrandit entre riches et pauvres, des zones concentrées de privation et d'exclusion augmentent aussi dans les agglomérations urbaines au Canada. Les résultats d'une étude, Poverty by Postal Code, commandée au CCDS par United Way of Metropolitan Toronto, ont conclu que le nombre de quartiers très pauvres s'était accru à un taux alarmant en seulement 20 ans. Les données du Recensement de 2001 montraient que certains groupes avaient un risque particulièrement élevé d'être socialement exclus et se résignaient à ces quartiers défavorisés – en particulier les nouveaux immigrants, les jeunes travailleurs et les Autochtones.

Comme on l'a indiqué plus tôt, une étude menée au Royaume-Uni a trouvé que l'exclusion sociale et la privation se révèlent systématiquement comme des facteurs sous-jacents à la surreprésentation de certains groupes de minorités visibles dans le système de justice pénale.3 Dans les pays occidentaux, les membres de groupes minoritaires défavorisés sont plus susceptibles d'être arrêtés, condamnés et incarcérés pour des crimes violents, des crimes contre la propriété et des crimes liés à la drogue.4

Le Canada n'y fait pas exception. Des statistiques des établissements correctionnels d'Ontario révèlent un taux d'emprisonnement de 705 pour 100 000 habitants chez les Canadiens d'origine européenne, et un taux de 3 686 pour 100 000 habitants chez les Canadiens d'origine africaine. Les Autochtones sont aussi surreprésentés de maniere significative dans le système de justice pénale au Canada.5 (voir d'autres détails dans la section sur le Bien-être des Autochtones).

Les disparités ethniques dans le système correctionnel semble être le résultat à la fois de discrimination et de préjugés dans le système, et d'une délinquance disproportionnée au sein de certaines populations. Cependant, la recherche montre que ces groupes minoritaires qui sont impliqués de façon disproportionnée dans la délinquance sont aussi ceux qui sont économiquement et socialement défavorisés, dans bien des cas en conséquence de discrimination historique.6

Au Royaume-Uni, une approche d'inclusion sociale qui avait été adoptée en 1997 semble avoir déjà aidé substantiellement à faire diminuer les facteurs de risque de criminalité. Un module sur l'exclusion sociale (Social Exclusion Unit) a été développé comme moyen plurisectoriel d'essayer de s'attaquer aux problèmes de pauvreté, de logement, de santé et de criminalité. Il visait à empêcher les gens d'être laissés pour compte par les services sociaux et à réintégrer ceux qui avaient déjà été mis à l'écart.

En parallèle au module sur l'exclusion sociale, le Royaume-Uni a créé un module de renaissance de quartier (Neighbourhood Renewal Unit) pour réduire l'écart entre les quartiers défavorisés et le reste du pays. Depuis l'inauguration de ces initiatives, il y a eu une réduction de 66% de personnes dormant dans la rue la nuit, une réduction de 33% du nombre d'enfants exclus de l'école et le placement réussi de plus de 17 000 jeunes à la dérive dans des établissements scolaires, des programmes de formation ou d'emploi.

Le CCDS est l'un de plusieurs organismes au Canada plaidant en faveur d'une approche d'inclusion sociale dans l'élaboration des politiques et des programmes sociaux. Pour davantage d'information sur cette approche, consulter les ressources suivantes :

Autres défis sociaux :

    Selon l’âge
    Selon le sexe
    Bien-être des Autochtones

Notes :

1Freiler, Christa. Understanding Social Inclusion. Toronto: Laidlaw Foundation, 2002.

2 United Kingdom Social Exclusion Unit. Preventing social exclusion, 2001. En ligne à : http://www.socialexclusionunit.gov.uk/publications/reports/html/pse/pse.pdf

3Id.

4Meares, Tracey L. Crime and Ethnicity. Chicago: University of Chicago Press, 1996. Voir www.law.uchicago.edu/faculty/meares/resources/isb308084.pdf

5Direction des initiatives pour les Autochtones. Profil démographique des peuples autochtones du Canada et des délinquants autochtones détenus dans des établissements correctionnels fédéraux. Ottawa : Service correctionnel du Canada, 1999. En ligne à : http://www.csc-scc.gc.ca/text/prgrm/correctional/abissues/know/10_f.shtml

6Meares, Tracey L. Crime and Ethnicity. Chicago: University of Chicago Press, 1996. Voir www.law.uchicago.edu/faculty/meares/resources/isb308084.pdf