CONSEIL CANADIEN DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL
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Introduction

 

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Il s’est passé deux événements significatifs au cours des dernières années en ce qui a trait à l’étude et au débat sur le bien-être des enfants au Canada. Premièrement, il y a eu la publi-cation de données nouvelles et importantes dans le cadre de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) et de l’Enquête nationale sur la santé de la population (ENSP).1 Ces sources fraîches et originales de données ont considérablement élargi nos connaissances sur les conditions dans lesquelles vivent les enfants. Les données nous ont aussi fourni les moyens de créer de nouvelles mesures du bien-être de l’enfant.2

En second lieu, on a vu se poursuivre le débat sur la signification et la mesure de la pauvreté au Canada. Réduit à ses paramètres les plus essentiels, ce débat oppose ceux qui considèrent que la pauvreté est surestimée de façon exagérée, à ceux qui disent que la pauvreté au Canada est au contraire sous-estimée.3 En menant la recherche pour ce rapport, il est devenu évident qu’il est nécessaire d’adopter une approche nouvelle et réaliste pour aider à déterminer un seuil de pauvreté approprié. Et où peut-on mieux commencer qu’avec le bien-être des enfants et le concept de la «pauvreté des chances»?

Ce rapport a commencé comme un simple exercice visant à explorer dans quelle mesure le revenu familial affecte le processus de développement de l’enfant. Alors que bien des personnes ont reconnu que le revenu familial peut aider ou entraver les résultats de développement chez les enfants, les données de l’ELNEJ et de l’ENSP fournissent désormais un portrait beaucoup plus détaillé de ce lien. Après avoir examiné les résultats du développement des enfants et leurs conditions de vie dans les années formatrices, nous avons conclu qu’il y avait des liens clairs entre le revenu familial et 27 facteurs différents qui sont critiques pour le bien-être de l’enfant.

En préparant le rapport, cependant, nous avons été de plus en plus concernés par le débat croissant sur la définition de la pauvreté au Canada. La documentation contenue dans ce rapport fournit une information supplémentaire sur la relation entre le faible revenu et le bien-être de l’enfant – information qui jusqu’à présent, n’a été prise en considération par personne en ce qui concerne l’établissement d’un seuil de pauvreté «approprié». Et qu’en serait-il si produire des enfants sains était l’objectif principal des efforts de lutte contre la pauvreté? Cela voudrait dire qu’il faudrait tenir compte de bien plus que fournir les nécessités de base de la vie – typiquement identifiées en tant que niveau minimum de nourriture, de vêtements et de logement.

L’information produite par ces enquêtes illustre clairement comment les niveaux de revenu sont fortement associés à des facteurs qui sont critiques pour le bien-être des enfants et les données démontrent que la probabilité d’un épanouissement sain de l’enfant augmente avec le revenu familial. Cette information peut, et devrait, être utilisée pour clarifier le débat présent sur la pauvreté en identifiant ce à quoi il faut raisonnablement s’attendre en termes de bien-être de l’enfant lorsque le seuil de pauvreté est établi à divers niveaux de revenus, en tenant compte de la structure actuelle des programmes sociaux et des services à la portée des familles.

La 1e partie de ce rapport documente graphiquement le lien entre le niveau du revenu familial et 27 facteurs qui sont critiques au développement sain de l’enfant, y compris le comportement, l’apprentissage, l’état de santé, la participation à des activités culturelles, récréatives et sociales, et les conditions de vie spécifiques au sein de la famille et de la communauté. Le rapport aborde aussi les répercussions de ces 27 facteurs sur le processus de développement de l’enfant.

Dans la 2e partie du rapport, nous traitons des moyens d’utiliser ces connaissances pour élargir et clarifier le débat sur la pauvreté et nous présentons le concept de la «pauvreté des chances». Nous pensons que l’objectif des efforts et des mesures contre la pauvreté devrait être de réduire l’énorme inégalité des chances, telle que documentée dans la 1e partie, en particulier en ce qui a trait au niveau du revenu familial. Pendant notre recherche, nous avons constaté que dans 80% des facteurs examinés, les résultats dans le développement des enfants s’amélioraient nettement à mesure que le revenu familial augmentait près des 30 000 $. Dans 50% des facteurs examinés, cette tendance continuait régulièrement à mesure que le revenu augmentait à 40 000 $. Passé ce niveau de revenu, il y avait encore quelques améliorations dans les résultats de l’enfant pour tous les facteurs examinés, mais le taux de changement n’était pas aussi marqué que celui constaté dans les tranches inférieures de revenu.

Pour améliorer la probabilité de faire se développer dans leur plein potentiel tous les enfants au Canada, nos résultats de recherche indiquent qu’il faudrait établir un plancher d’inégalité du revenu dans une fourchette de 30 000 $ à 40 000 $ pour une famille de quatre. Nous devrions aussi prendre en considération les moyens d’améliorer l’accès aux services publics et privés qui sont nécessaires à l’épanouissement sain de l’enfant, mais qui ne sont pas actuellement à la portée des familles à faible revenu. La solution adéquate pourrait comporter une combinaison d’augmentation du revenu et d’amélioration des services publics.

Les seuils de faible revenu (SFR) de Statistique Canada et d’autres mesures proposées pour remplacer les SFR comme indicateur de pauvreté, se placent systématiquement sous le seuil de revenu de 30 000 $ pour une famille de quatre. En même temps, l’accès aux services publics au Canada subit des réductions ou est privatisé. Il est temps de reévaluer le débat sur la pauvreté à la lumière de ces nouveaux témoignages que les enfants souffrent à mesure que le revenu familial décroît. En ce moment, les familles à faible revenu sont assaillies de deux côtés – un mouvement visant à réduire le niveau des seuils de pauvreté, ce qui pourrait entraîner davantage de resserrement des prestations d’assistance dans plusieurs programmes sociaux, et la nécessité pour tous les parents de s’en sortir avec moins d’argent, à cause des revenus stagnants tandis que le coût des biens et services pour leurs enfants augmentent.

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