CONSEIL CANADIEN DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL
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SOMMAIRE EXÉCUTIF

 

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Il s’est passé deux événements significatifs au cours des dernières années en ce qui a trait à l’étude et au débat sur le bien-être des enfants au Canada. Premièrement, il y a eu la publication de données nouvelles et importantes dans le cadre de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) et de l’Enquête nationale sur la santé de la population (ENSP). En second lieu, on a vu la croissance du débat public sur la signification et la mesure de la pauvreté au Canada. Essentiellement, ce débat se déroule entre ceux qui considèrent qu’il y a une énorme exagération de la pauvreté et ceux qui pensent que la pauvreté au Canada est, en fait, sous-estimée.

En menant la recherche pour ce rapport, les auteurs ont commencé à se rendre compte que ce dont on a besoin au Canada, c’est une approche nouvelle et réaliste qui nous permettra de déterminer un seuil de pauvreté approprié. Avec cela à l’esprit, les auteurs ont structuré leur recherche autour de la question suivante : À propos qu’en serait-il si les efforts pour lutter contre la pauvreté au Canada avaient pour objectif principal de produire des enfants sains?

Dans la 1e partie de ce rapport, les auteurs examinent 27 facteurs du développement de l’enfant, y compris le fonctionnement familial, la sécurité du quartier, l’agressivité, l’état de santé, les résultats en mathématiques et dans le développement du vocabulaire, et la participation à des sports ou clubs communautaires. Ils ont trouvé que le revenu familial joue un rôle crucial dans le processus du développement de l’enfant : dans 80% des variables observées, les risques de résultats négatifs et la probabilité de piètres conditions de vie étaient notablement plus élevés pour les enfants vivant dans des familles avec un revenu annuel inférieur à 30 000 $. C’était également le cas dans 50% des variables observées pour les enfants dans des familles avec un revenu annuel inférieur à 40 000 $.

Dans le cadre de cette analyse, les auteurs ont réparti le processus du développement de l’enfant en six catégories : la famille, la communauté, le comportement, la santé, les résultats au niveau de l’apprentissage, et la participation culturelle et récréative.

La famille

  • Les enfants de familles à faible revenu ont deux fois plus de risques de vivre dans une famille dysfonctionnelle que les enfants de familles à revenu élevé.
  • Près de 35% des enfants de familles à faible revenu vivent dans un logement inférieur aux normes, par rapport à 15% des enfants de familles à revenu élevé.

La communauté

  • Plus d’un quart des enfants de familles à faible revenu vivent dans un quartier à problèmes, par rapport à un dixième des enfants de familles à revenu élevé.

Le comportement

  • Près de 40% des enfants de familles à faible revenu font preuve d’un haut niveau d’agressivité indirecte (incitation à la bagarre entre autres enfants ou entre membres de la famille) par rapport à 29% des enfants de familles avec un revenu de 30 000 $ ou plus.

La santé

  • Les enfants de familles à faible revenu ont 2 fois et demi plus tendance que ceux des familles à revenu élevé à avoir un problème avec une capacité de base ou plus, comme des troubles de la vue, de l’ouïe, de la parole ou moteurs.

Les résultats au niveau de l’apprentissage

  • Plus de 35% des enfants de familles à faible revenu montrent un retard dans le dévelop-pement du vocabulaire, par rapport à environ 10% des enfants de familles à revenu plus élevé.

La participation culturelle et récréative

  • Près des trois-quarts des enfants dans les familles à faible revenu participent rarement à des sports d’équipe, par rapport à un quart des enfants dans les familles à revenu élevé.

Dans la 2e partie du rapport, les auteurs traitent du lien entre les seuils de pauvreté et le développement de l’enfant. La plupart du débat aujourd’hui tourne autour de l’établissement d’un seuil de pauvreté «approprié», ce qui a pour effet non seulement de détourner l’attention du sort des enfants pauvres et de leur famille, mais aussi d’ignorer la question de savoir pourquoi tout d’abord il faut établir des seuils de pauvreté. Ce rapport essaye de définir ce qui est un niveau inacceptable d’inégalité entre les familles – c’est-à-dire qui ne réussit pas à assurer en gros des chances égales dans la vie de tous les enfants. Les auteurs suggèrent qu’une fois qu’on aura déterminé le niveau auquel les enfants subissent une «pauvreté des chances», la discussion pourra alors porter sur les meilleurs moyens de changer les circonstances pour que les enfants aient des chances optimales de développer tout leur potentiel et de devenir des adultes épanouis.

Ce rapport démontre que le niveau de revenu dont les familles ont besoin pour optimiser les chances de plein développement de leurs enfants va bien au-delà du montant nécessaire pour la provision essentielle de nourriture, de vêtements et de logement. Selon leur recherche, les auteurs suggèrent qu’un seuil de pauvreté approprié devrait se situer dans un éventail de 30 000 $ à 40 000 $ pour une famille de quatre. Ce seuil est plus élevé qu’aucun autre actuel-lement en utilisation, comme le seuil de pauvreté suggéré par le Fraser Institute et plus haut que le seuil de faible revenu de Statistique Canada (SFR). Il est aussi plus élevé qu’un seuil de pauvreté suggéré par le grand public lors de sondages d’opinion, et il est bien en dessous du niveau médian du revenu au Canada.

En passant en revue les tendances des salaires des 25 dernières années, les auteurs ont trouvé que l’inégalité du revenu entre les familles avec enfants s’est aggravée. En 1973, les 20% des familles les plus pauvres avec enfants ne gagnaient que 5,3% du total du revenu du marché – c’est-à-dire les revenus d’emploi et de placements privés. Mais à partir de 1996, leur part avait chuté à seulement 2,3%. Pendant la même période, les 20% des familles les plus riches avec enfants ont vu leur part augmenter de 38,4% à 43,2%. Cette inégalité du revenu entre les familles s’atténuait quelque peu après les ajustements effectués par le biais du système fiscal et des transferts du gouvernement, comme les prestations de l’assistance sociale, l’assurance-chômage et les prestations pour enfants, mais les familles les plus pauvres ne recevaient quand même qu’une part considérablement plus petite du total du revenu familial au Canada que celle des familles avec les revenus les plus élevés.

En ce qui concerne le revenu d’emploi familial, les parents avec un faible niveau d’éducation et de compétences ont encore du retard en termes d’emploi et de salaires. Les prestations sociales ont diminué au cours des années, par rapport aux augmentations du coût de la vie, et certains groupes – surtout les parents jeunes et en situation monoparentale, les personnes handicapées et celles qui appartiennent à une minorité ethnique – font face à des difficultés particulières en essayant de gagner assez pour faire monter leur revenu au-dessus du SFR.

Après avoir identifié le niveau de revenu qui permettrait aux familles de fournir des chances raisonnables à leurs enfants pour s’épanouir, et après avoir passé en revue la polarisation croissante du revenu, les auteurs se sont alors penchés sur la façon dont les politiques publiques peuvent soutenir au mieux le développement optimal des enfants. Même si les transferts du gouvernement peuvent aider à redistribuer une partie du revenu aux enfants les plus pauvres au Canada, ils ne sont pas suffisants pour résoudre nombre des difficultés que subissent les familles pauvres avec des enfants, comme les mauvais logements et les piètres conditions familiales.

Les auteurs soulignent bien que les transferts ne sont pas la seule stratégie anti-pauvreté qui puisse être adoptée. Idéalement, l’augmentation des transferts devrait s’accompagner d’efforts pour accroître l’autosuffisance économique des familles. Cela pourrait se faire en leur offrant des chances d’améliorer leur éducation et leur formation, de l’aide au logement, des services de garderies, de l’aide en milieu de travail pour les personnes handicapées, ainsi qu’en favorisant la flexibilité de l’emploi et des milieux de travail plus adaptés au concept de la famille. Les auteurs prétendent que ces mesures, en soutenant positivement et en incitant les familles à générer plus de revenus d’emploi, réduiraient le besoin de transferts directs de revenu.

 

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