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La pauvreté dans les agglomérations urbaines du Québec

 

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La pauvreté au Québec : une vue d’ensemble

Au Québec en 1995, 23,4% de la population vit avec des revenus inférieurs au seuil de faible revenu de Statistique Canada (Tableau 2). Une plus grande proportion de femmes que d’hommes vit dans la pauvreté; 25,1% des Québécoises vivent sous le seuil de faible revenu par rapport à 21,6% des Québécois. Les personnes de 65 ans et plus sont aussi en plus grande proportion à vivre dans la pauvreté, à 26,9% en 1995. Mais la pauvreté est aussi très présente chez les plus jeunes : 25,7% des personnes de moins de 15 ans vivent dans la pauvreté. En plus des personnes âgées et des jeunes, les Autochtones, les membres des minorités visibles, les personnes handicapées et celles sans diplôme d’études du secondaire sont aussi plus susceptibles de vivre dans la pauvreté : 29,4% des non diplômés du secondaire, 37,0% des Autochtones, 41,2% des personnes handicapées et 52,2% des membres des minorités visibles au Québec vivent avec des revenus inférieurs au seuil de faible revenu en 1995.

Tableau 2
Taux de faible revenu selon différentes caractéristiques sociodémographiques, Québec 1995

% sous le SFR

Toutes les personnes

23,4%

Selon l'âge

Moins de 15 ans

25,7%

15 à 34 ans

25,1%

35 à 64 ans

20,1%

65 ans et +

26,9%

Selon le sexe

Hommes

21,6%

Femmes

25,1%

Selon l'origine

Non autochtone

23,3%

Autochtone

37,0%

Selon la présence d'un handicap

Sans handicap

22,0%

Avec handicap

41,2%

Selon l'appartenance à une minorité visible

Non-membre d'une minorité visible

21,8%

Membre d'une minorité visible

52,2%

Selon le niveau de scolarité

Moins du secondaire

29,4%

Secondaire

20,4%

Post-secondaire

15,1%

Source: Classifications spéciales du Recensement de 1996. Calculs du Centre de statistiques internationales au CCDS.

Remarque: Se reporter au glossaire pour les définitions.

Les personnes vivant seules sont plus largement affectées par la pauvreté. En tout, 49,7% des personnes seules au Québec en 1995 vivent sous le seuil de faible revenu. Les jeunes (de moins de 30 ans) vivant seuls, et les femmes seules sont plus susceptibles d’être dans la pauvreté que les autres personnes seules au Québec. Par exemple, 61,4% des personnes seules de moins de 30 ans vivent dans la pauvreté au Québec en 1995 (Tableau 3).

Tableau 3 Taux de faible revenu des personnes seules selon l’âge et le sexe, Québec 1995

% sous le SFR

Personnes seules

49,7%

Selon l'âge

Moins de 30 ans

61,4%

30 à 44 ans

38,9%

45 à 64 ans

47,1%

65 et plus

56,1%

Selon le sexe

Hommes

45,9%

Femmes

53,1%

Source: Classifications spéciales du Recensement de 1996. Calculs du Centre de statistiques internationales au CCDS.

Remarque: Se reporter au glossaire pour les définitions.

Les risques de vivre sous le seuil de faible revenu sont moins grands lorsqu’on vit dans une famille. Au Québec, 19,4% des familles québécoises vivent sous le seuil de faible revenu en 1995. Cependant, les familles ne sont pas toutes affectées de la même façon par l’insuffisance de revenu. Les couples sans enfant ont moins de risque de se retrouver dans la pauvreté : 13,2% d’entre eux, quel que soit leur âge, vivent dans la pauvreté au Québec. Les familles avec enfant(s), en particulier les jeunes familles, ont plus tendance à vivre dans la pauvreté; la proportion de jeunes familles biparentales vivant sous le seuil de faible revenu atteint 30,2% en 1995. La situation est encore plus difficile pour les familles monoparentales; 56,0% de l’ensemble des familles monoparentales et 87% des jeunes familles monoparentales du Québec vivent avec des revenus qui sont sous le seuil de faible revenu en 1995 (Tableau 4).

Tableau 4 Taux de faible revenu dans les familles, Québec 1995

% sous le SFR

Type de familles

19,4%

Couples sans enfant

13,2%

Biparentales avec enfant(s) de moins de 18 ans

16,0%

de 30 ans et moins

30,2%

Monoparentales avec enfant(s) de moins de 18 ans

56,0%

de 30 ans et moins

87,1%

Les autres familles

26,0%

Source: Classifications spéciales du Recensement de 1996. Calculs du Centre de statistiques internationales au CCDS.

Remarque: Se reporter au glossaire pour les définitions.

L’activité sur le marché du travail a, bien entendu, une grande influence sur la propension d’une personne ou d’une famille à vivre dans la pauvreté. Au Québec, 37,8% des personnes n’ayant pas travaillé en 1995 reçoivent des revenus inférieurs au SFR. Et 46,7% des familles n’ayant aucun revenu d’emploi se retrouvent dans la même situation. Mais l’activité sur le marché du travail ne permet pas toujours d’échapper à la pauvreté. Parmi les personnes au travail à temps complet pendant toute l’année, 7,5% vivent dans la pauvreté en 1995. Et 6,4% des familles à deux revenus ou plus se retrouvaient également dans la pauvreté la même année (Tableau 5).

Tableau 5 Taux de faible revenu selon l’activité sur le marché du travail, Québec 1995

% sous le SFR

Toutes les personnes

Selon l'activité sur le marché du travail

Temps plein plus de 48 semaines

7,5%

Temps partiel plus de 48 semaines

16,7%

Temps plein ou temps partiel moins de 48 semaines

20,9%

N'a pas travaillé

37,8%

Les familles

Sources de revenu

Aucun revenu d'emploi

46,7%

Un seul revenu d'emploi

22,0%

Deux revenus ou plus d'emploi

6,4%

Source: Classifications spéciales du Recensement de 1996. Calculs du Centre de statistiques internationales au CCDS.

Remarque: Se reporter au glossaire pour les définitions.

L’évolution de la pauvreté au Québec de 1990 à 19954

Entre 1990 et 1995, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté a progressé au Québec. Le pourcentage de personnes vivant sous le seuil de pauvreté s’est accru de plus de quatre points de pourcentage, passant de 19,4% à 23,4%. La récession du début des années 1990, la diminution des revenus d’emploi et les coupures dans les programmes sociaux expliquent probablement une grande partie de la croissance de la pauvreté au Québec.

Cependant, la progression de la pauvreté n’a pas été uniforme au sein des groupes de la population. Les jeunes ont connu la plus forte croissance de la pauvreté, le taux de pauvreté de ce groupe de la population a progressé de près du tiers (de 19% à 25 %) alors qu’il a régressé pour les personnes âgées de 65 ans et plus (de 27,9% à 26,9%) (Tableau 6).

Tableau 6 Évolution des taux de faible revenu selon différentes caractéristiques sociodémographiques,

Québec 1990 et 1995

Taux de faible revenu

Toutes les personnes

1990

1995

Selon l'âge

Moins de 15 ans

19,3%

25,7%

15 à 34 ans

19,0%

25,1%

35 à 64 ans

16,8%

20,1%

65 ans et +

27,9%

26,9%

Selon le sexe

Hommes

17,0%

21,6%

Femmes

21,2%

25,1%

Source: Classifications spéciales du Recensement de 1996. Calculs du Centre de statistiques internationales au CCDS.

Remarque: Se reporter au glossaire pour les définitions.

Ces chiffres sur l’accélération de la pauvreté des jeunes Québécois se confirment à l’étude de la pauvreté dans les familles. Les jeunes familles biparentales ont connu une forte augmentation de la pauvreté; leur taux de pauvreté a augmenté de 45 % de 1990 à 1995 (de 20,8% à 30,2%), par rapport à 37 % (de 11,7% à 16,0%) pour l’ensemble des familles biparentales. La progression de la pauvreté dans les jeunes familles monoparentales est, elle aussi, plus rapide que dans l’ensemble des familles monoparentales, mais à un rythme plus lent qu’au sein des jeunes familles biparentales, notamment en raison du taux de pauvreté déjà très élevé de ces familles (Tableau 7).

Tableau 7 Évolution des taux de faible revenu dans les familles, Québec 1990 et 1995

Taux de pauvreté

1990

1995

Toutes les familles

16,3%

19,4%

Couples sans enfant

12,0%

13,2%

de 65 ans ou +

16,3%

13,2%

Biparentales

11,7%

16,0%

de 30 ans et moins

20,8%

30,2%

Monoparentales

53,8%

56,0%

de 30 ans et moins

82,8%

87,1%

Les autres familles

21,9%

26,0%

Source: Classifications spéciales du Recensement de 1996. Calculs du Centre de statistiques internationales au CCDS.

Remarque: Se reporter au glossaire pour les définitions.

***

On peut retenir de ce constat sur la pauvreté au Québec en 1995, que certains groupes sont plus affectés que d’autres par la pauvreté : les jeunes et les personnes âgées, les femmes, les Autochtones, les personnes handicapées, les membres des minorités visibles, les personnes avec un faible niveau de scolarité, celles qui ne travaillent pas, qui vivent seules ou en familles monoparentales. Les données disponibles pour le début de la décennie 1990 indiquent également que la pauvreté progresse plus rapidement au sein de certains groupes, en particulier chez les jeunes. Enfin, le marché du travail, bien qu’il soit la principale source de revenu de la grande majorité des Québécois, n’assure pas toujours une protection contre la pauvreté, même avec un emploi à temps plein toute l’année ou encore lorsqu’une famille dispose de deux revenus ou plus d’emploi.

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