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Les résultats dans le développement des enfants

 

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Dans cette section du rapport, on passe en revue le développement des enfants dans quatre domaines principaux, en fonction du revenu familial : le comportement, la santé, l’apprentissage et enfin la participation culturelle et récréative.

Le comportement

Pour réussir plus tard dans la vie, les enfants ont besoin de développer de bonnes compétences sociales et d’apprendre pendant qu’ils sont jeunes des manières positives d’agir avec les autres. C’est un processus qui s’apprend, influencé en partie par le tempérament de l’enfant et aussi influencé considérablement par les adultes et les autres enfants qui l’entourent. Quand un enfant révèle des comportements négatifs, comme ceux décrits ci-dessous, ce sont de forts indicateurs qu’il se dirige sur une mauvaise pente, sinon tout de suite, probablement pendant l’adolescence ou à l’âge adulte. Ces comportements antisociaux mènent en général à des difficultés à l’école, puis plus tard en milieu de travail et chez eux, et mettent l’enfant à risque de contrevenir à la loi à un moment ou un autre. Toutes les informations sur ces résultats du comportement sont tirées du cycle de 1994 de l’ELNEJ et sont basées sur des réponses fournies par le parent qui s’occupe de l’enfant – la mère la plupart du temps.

 

Agressivité indirecte

Communément appelés «fauteurs de troubles», les enfants qui font preuve d’agressivité indirecte ont tendance à provoquer des batailles et des conflits entre entre les autres enfants ou entre membres de la famille. Le graphique 12 montre la proportion des enfants dans des familles à divers niveaux de revenu qui font preuve d’un degré élevé d’agressivité indirecte. Le degré d’agressivité indirecte est basé sur les réponses des parents aux questions de l’ELNEJ portant sur des comportements spécifiques, y compris la fréquence avec laquelle leur enfant en incite d’autres à être antipathique ou à exclure quelqu’un, et si leur enfant dit souvent du mal dans le dos d’un autre enfant. Comme le montre le graphique 12, près de 40% des enfants dans des familles à faible revenu font preuve d’un degré élevé d’agressivité indirecte, par rapport à seulement 25 à 29% des enfants des familles avec un revenu de 30 000 $ ou plus.19

 

Troubles affectifs

Les enfants qui ont souvent des sentiments ou des comportements liés à la tristesse ou la dépression, la peur, l’anxiété, la préoccupation, qui pleurent, sont en détresse, ont du mal à s’amuser ou sont toujours tendus, sont des enfants qui ont des troubles affectifs – que les psychologues appellent anxiété due aux troubles émotifs. Ces troubles émotifs risquent fort d’inhiber le plein épanouissement de l’enfant. Comme on le voit au graphique 13, les enfants des familles à faible revenu ont près du double de probabilités de souffrir d’un niveau élevé d’anxiété due aux troubles émotifs que les enfants dont la famille a un revenu de 30 000 $ ou plus.20

 

Hyperactivité et manque d’attention

Quand les enfants sont hyperactifs et ont une courte durée d’attention, leur capacité d’apprendre ou de communiquer avec les autres s’en trouve diminuée. Dans l’ELNEJ, on a identifié les enfants avec ce type de problèmes quand ils étaient fréquemment incapables de rester assis, quand ils étaient facilement distraits, agités, avaient du mal à poursuivre une activité ou à se concentrer, n’arrêtaient pas de remuer, agissaient impulsivement, ou ne pouvaient pas attendre leur tour pendant les jeux ou les activités de groupe.

Le graphique 14 montre que 20% des enfants de familles à faible revenu avaient les pires résultats – c’est-à-dire qu’ils se plaçaient dans les 15% du haut de l’échelle en termes d’hyperactivité et de manque d’attention – par rapport à environ 12% des enfants de familles à revenu élevé avec ce type de résultats.21 La proportion d’enfants montrant ces résultats élevés d’hyperactivité diminue régulièrement à mesure que le revenu familial augmente de moins de 20 000 $ à 40 000 $, puis il y a un plateau et elle continue à diminuer quand le revenu familial dépasse 60 000 $.

 

Comportements délinquants

Certains comportements négatifs chez les enfants sont des signes précurseurs de ce qui risque de devenir des activités criminelles quand ils vont grandir. Ces comportements incluent mentir et tricher, détruire leurs propres choses ou ce qui appartient à d’autres enfants, commettre des vols à la maison ou hors de chez eux et le vandalisme. Le graphique 15 montre que les enfants dans les familles pauvres ont deux fois plus tendance de se placer dans les 10% du haut de l’échelle en ce qui concerne la fréquence des comportements délinquants, par rapport aux enfants dans les familles à revenu modeste et ils ont près de trois fois plus tendance à avoir un degré élevé de délinquance que les enfants des familles à revenu élevé.22 Il y a une différence de presque 10 points de pourcentage dans la probabilité de faire preuve de comportements délinquants entre les enfants de familles à faible revenu et ceux de familles à revenu élevé.

 

Se faire des amis qui s’attirent des ennuis

Cela peut aussi entraîner des problèmes de comportements et des conséquences néfastes quand les enfants se font des amis qui s’attirent souvent des ennuis. Dans l’ELNEJ, on a demandé aux parents de répondre à une simple question : «Avec quelle régularité votre enfant est-il en compagnie d’autres enfants qui à votre avis s’attirent souvent des ennuis?» Le graphique 16 montre la proportion d’enfants dont les parents pensaient qu’ils étaient «souvent» ou «parfois» en compagnie d’autres enfants qui s’attiraient souvent des ennuis. On voit sur le graphique qu’il y a près de trois fois plus d’enfants de familles à faible revenu qui sont souvent ou parfois en compagnie d’enfants qui s’attirent fréquemment des ennuis, que d’enfants des familles à revenu élevé.

 

La santé

Afin d’établir s’il y a un lien entre le revenu familial et la santé des enfants, nous faisons état du nombre d’enfants dans différentes tranches de revenu familial qui sont considérés en santé moins qu’excellente par leurs parents ou qui ont des troubles sensoriels ou dans leurs capacités de réfléxion.

La santé en général

Dans l’ELNEJ, on a demandé aux parents : «Dans l’ensemble, comment évaluez-vous la santé de votre enfant?» On a regroupé les réponses en cinq catégories, allant de mauvaise à excellente. Le graphique 17 porte seulement sur la minorité d’enfants déclarés ne pas être en excellente santé. En liant les résultats au revenu familial, on constate une baisse régulière liant la mauvaise santé et le revenu. Une bien plus grande proportion d’enfants de familles à revenu élevé que d’enfants de familles pauvres étaient considérés en excellente santé par leurs parents. Environ la moitié des enfants de familles à faible revenu sont déclarés ne pas être en excellente santé, par rapport à moins d’un tiers des enfants de familles à revenu élevé.

 

La capacité de bien fonctionner

Les problèmes au niveau de la capacité sensorielle ou d’apprentissage chez les enfants dénotent la façon dont leur santé générale affecte leur fonctionnement. Connue sous le terme de «santé fonctionnelle» parmi les spécialistes, la mesure de ces capacités combine les résultats d’évaluation de huit paramètres chez les enfants : la vue, l’ouïe, la parole, la mobilité, la dextérité, la cognition, l’émotivité, la douleur et l’inconfort. Comme le montre le graphique 18, la présence de troubles dans ces domaines est beaucoup plus fréquente chez les enfants de famille à faible revenu que chez ceux de familles à revenu élevé. Le taux de troubles de santé fonctionnelle chez les enfants baisse régulièrement à mesure que le revenu familial monte à 40 000 $, puis le taux passe par un plateau et recommence à descendre quand le revenu familial dépasse 80 000 $. Les enfants de familles à faible revenu ont au-dessus de deux fois et demi plus de probabilités d’avoir un bas niveau de santé fonctionnelle que les enfants de familles à revenu élevé.

 

Les résultats au niveau de l’apprentissage

Cette section illustre le lien entre le revenu familial et le bon rendement dans l’apprentissage chez les enfants. On tient compte de quatre résultats liés à
l’apprentissage : le développement du vocabulaire des enfants d’âge préscolaire, les résultats en mathématiques, les compétences de lecture et le besoin d’éducation spéciale parmi les élèves à l’école primaire.

Le développement du vocabulaire

La capacité d’utiliser le langage est l’une des principales compétences nécessaire aux enfants pour réussir à l’école. À partir du moment où les enfants entrent à l’école, ceux qui ne sont pas capables de bien se servir des mots pour se faire comprendre facilement ont moins de chances que les autres de répondre aux exigences d’apprentissage de leur groupe d’âge. Comme le montre le graphique 19, le retard dans le développement du vocabulaire est beaucoup plus fréquent chez les enfants de famille à faible revenu que chez ceux de familles à revenu élevé.23 Seulement 8% des enfants de familles à revenu élevé montraient un retard de développement du vocabulaire, par rapport à plus d’un tiers des enfants de familles à faible revenu. Le taux de retard dans le développement du vocabulaire baisse rapidement quand le revenu familial monte à juste au-dessous de
30 000 $, puis diminue plus lentement jusqu’à ce que le revenu familial dépasse 60 000 $.

 

Les résultats en mathématiques

Les problèmes en mathématiques semblent diminuer chez les enfants à mesure que le revenu familial augmente. Comme le montre le graphique 20, la proportion d’enfants avec de mauvais résultats en mathématiques (résultats dans le tiers inférieur) baisse régulièrement à mesure que le revenu familial passe au-dessus de 30 000 $. Les deux pointes sur le graphique, représentant le nombre d’enfants avec des difficultés en mathématiques dans les familles avec un revenu inférieur à 30 000 $ et dans les familles avec un revenu autour de 50 000 $, sont probablement dues à des tailles d’échantillon moins fiables utilisées dans l’ELNEJ.24

 

La lecture pour le plaisir

Les enfants qui lisent par plaisir développent d’importantes compétences d’apprentissage. Plus ils lisent et plus les enfants développent leur vocabulaire, savent comment s’écrivent les mots et ont une utilisation grammaticale correcte. Comme le montre le graphique 21, dans les familles à faible revenu il y a une proportion deux fois plus grande d’enfants qui ne lisent pas souvent, par rapport à ceux des familles à revenu élevé. Plus de 12% des enfants de familles à faible revenu lisent rarement par plaisir par rapport à 6% des enfants dans les familles à revenu élevé. Le taux baisse pour les ménages à mesure que le revenu familial monte à 40 000 $, puis monte légèrement et recommence à baisser quand le revenu familal dépasse 50 000 $.

 

Le besoin d’éducation spéciale

Les enfants qui ont des difficultés d’aprentissage qui ne leur permettent pas de suivre le niveau normal de leur classe sans aide supplémentaire ont besoin d’éducation spéciale. Le fait d’avoir des besoins spéciaux met les enfants à risque de prendre du retard scolaire et plus tard d’avoir plus de risque de décrochage avant de terminer le secondaire. Dans l’ELNEJ, on a demandé aux parents si leur(s) enfant(s) recevai(en)t une éducation spéciale à cause d’un problème physique, psychologique, de comportement ou autre qui limitait le type ou la quantité de travail scolaire que l’enfant pouvait accomplir. On demandait aux parents de répondre simplement par «Oui» ou «Non». Le graphique 22 indique un lien clair entre le niveau du revenu familial et la proportion d’enfants qui ont besoin d’une éducation spéciale. Le nombre d’enfants avec une éducation spéciale baisse radicalement à mesure que le revenu familial monte de moins de 20 000 $ à

40 000 $, puis le taux se stabilise. La probabilité d’avoir recours à une éducation spéciale est environ du double pour les enfants de famille à faible revenu par rapport à ceux de familles à revenu moyen ou élevé.

 

La participation culturelle et récréative

Cette section examine le lien entre le revenu familial et la participation des enfants aux activités culturelles et récréatives dans leur communauté. On y compare aussi le taux de participation au travail et aux études chez les adolescents à divers niveaux de revenu familial, afin de fournir quelque indication de la proportion d’adolescents qui ne sont ni aux études ni avec un emploi.

La participation aux sports, l’adhésion aux clubs ou les cours de musique, de danse ou autres arts sont des exemples de moyens par lesquels les jeunes peuvent participer à leur communauté, apprendre de nouvelles compétences et créer des relations sociales en dehors de leur milieu familial. En plus de développer un corps sain et d’acquérir des compétences précieuses, la participation des enfants aux activités culturelles et récréatives peut les mettre à l’abri de pro-blèmes émotionnels et sociaux. On relève par exemple que les enfants qui participent à une expression artistique ont un tiers moins de risque d’avoir des problèmes sociaux ou émotionnels que les enfants qui ne participent pas à ce type d’activités.25

La mesure dans laquelle les enfants participent aux activités de leur communauté dépend tant des ressources de leur famille que de la mise à leur disposition de parcs, de bons terrains de jeux, d’arenas, de piscines et de centres communautaires. Lorsque ces installations sont disponibles dans une communauté, le taux de participation des enfants dans les activités correspondantes est plus élevé que dans les communautés qui manquent de dispositifs culturels et récréatifs.

 

Les sports d’équipe

En plus des avantages de santé évidents, les sports d’équipe donnent aussi aux enfants l’occasion d’apprendre avec des entraîneurs, instructeurs et des mentors. La participation comme membre d’une équipe apprend aux enfants d’importantes compétences de chef de file, leur insuffle la confiance en soi et améliore leurs capacités sociales comme le partage et la coopé-ration. Dans l’ELNEJ, on a demandé aux parents la fréquence à laquelle leurs enfants participaient à des activités sportives d’équipe, les réponses s’étalant de «presque tous les jours» à «presque jamais». Le graphique 23 portent sur ceux qui ne participaient «presque jamais» à des sports d’équipe.

Les résultats indiquent que la participation des enfants aux sports d’équipe est fortement liée au revenu familial. Environ les trois quarts des enfants de familles à faible revenu participent rarement à des sports d’équipe, par rapport à un quart des enfants dans les familles à revenu élevé. Le taux de participation augmente sur toute l’échelle de revenus mais surtout pour ceux avec des revenus supérieurs à 40 000 $. Sans aucun doute, le coût élevé de l’équipement, des cours et des tarifs qui sont requis pour la participation à plusieurs sports sont des facteurs très disuasifs pour les enfants de familles à faible revenu.

 

Les sports informels

La participation aux sports informels contribue aussi à la bonne santé des enfants et à l’acquisition de compétences sociales et coopératives. Le graphique 24 révèle que par rapport aux sports d’équipe, la participation moins coûteuse aux sports informels est plus élevée à tous niveaux de revenus. Cependant, les enfants de familles à faible revenu ont quand même moins tendance que ceux des familles à revenu moyen à participer aux sports informels. Comparée aux résultats pour les activités sportives d’équipe, la différence de taux de participation des enfants da familles à faible revenu et de familles à revenu élevée est plus petite.

 

Les cours de musique, de danse et d’arts

Les cours dans ce domaine d’activités représentent une autre forme d’apprentissage extrascolaire et de développement des compétences. Dans l’ELNEJ, on a demandé aux parents la fréquence à laquelle leurs enfants prenaient des cours de musique, de danse ou d’autres arts, en dehors des heures scolaires. Le graphique 25 illustre la proportion d’enfants qui ne prenaient «presque jamais» ces cours, et on remarque que la vaste majorité d’enfants, à tous niveaux de revenus, ne prennent presque jamais des cours de musique, de danse ou autres arts en dehors de l’école. Cependant, la participation est encore liée au revenu, avec une différence de 26 points de pourcentage dans les taux de participation entre les enfants de familles à faible revenu et ceux de familles à revenu élevé. Le coût des cours, de l’équipement, du matériel et des instruments de musique agit en faveur des enfants dont les parents ont des revenus plus élevés.

 

La participation aux clubs et aux programmes communautaires

Les aspects importants et positifs associés à ces activités pour le développement de l’enfant sont l’acquisition de compétences sociales et autres (selon la nature du programme) par le biais de la participation avec d’autres enfants et de l’apprentissage qui se fait par l’instruction et la tutelle du groupe et des chefs de file du club. Dans l’ELNEJ, on a demandé aux parents la fréquence à laquelle leurs enfants prenaient part à des programmes de club ou de groupe avec des chefs de file qualifiés, en dehors des heures scolaires. Les résultats montrés au graphique 26 ne représentent que les enfants qui ne participaient «presque jamais» à ce type d’activités de club ou de groupe. Alors que les deux tiers des enfants à tous niveaux de revenu familial ne participaient presque jamais à des programmes de groupes ou de clubs, la tendance est plus marquée chez les enfants de familles à faible revenu : environ 80% d’entre eux participaient rarement à ces programmes communautaires, par rapport à 71% des enfants de familles à revenu élevé.

 

Les adolescents qui ne sont ni aux études ni avec un emploi

Au Canada, on s’attend en général à ce que les adolescents entre 16 et 19 ans suivent des études ou travaillent, ou les deux.26 Certains adolescents qui ne font ni l’un ni l’autre peuvent être considérés dans l’oisiveté, et ils ont beaucoup plus de risques que les autres adolescents d’entrer en conflit avec la Loi, de développer des problèmes du comportement comme l’abus d’alcool et l’usage de drogue, et de se retrouver pauvres à l’âge adulte. Il est dont inquiétant qu’environ un adolescent sur six dans les familles à faible revenu n’est ni à l’école ni avec un emploi, par rapport à seulement un adolescent sur 25 dans les familles à revenu moyen ou élevé.

 

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