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UNE NOUVELLE FAÇON DE PENSER?
Vers une vision d’inclusion sociale

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Mémoire

 

L’inclusion sociale : une nouvelle façon de penser?

Pourquoi une conférence sur l’inclusion sociale?

Comme le thème de la conférence le laisse entendre, l’inclusion sociale propose une nouvelle façon de penser. Elle jette les bases pour une vision de la société où tout le monde a sa place, où les aptitudes individuelles peuvent s’épanouir pleinement et s’utiliser et où la participation est souhaitée.

Pour y arriver, il faudra réviser notre façon de penser sur nos valeurs fondamentales et remettre en question les concepts qui ont dominé nos politiques, nos institutions, nos relations sociales et personnelles pendant plus d’un siècle.

Il est inconfortable mais nécessaire d’examiner le consensus qui a modelé notre façon d’être. Notre engagement à des idéaux démocratiques s’érode de plus en plus face aux réalités de la pauvreté, des sans-abri, des personnes handicapées et de la discrimination raciale.

C’est ce qui motive l’inclusion sociale. Nous ne pouvons maintenir ce à quoi nous accordons de l’importance, ce qui nous rend unique, pendant qu’un nombre croissant de gens sont mis à l’écart dans notre société. Il faut la participation de tout le monde.

Plus qu’un outil de marketing social pour les groupes marginalisés …

La plupart des gens ont fait l’expérience de l’exclusion. Elle consiste à la fois à ne pas recevoir ce qui est nécessaire ou justifié et à l’abaissement des gens jusqu’au point où ils sentent qu’ils n’ont rien de valable à apporter. L’inclusion sociale suggère que les citoyens ne sont pas seulement des consommateurs de services d’État, mais des participants actifs au monde dans lequel ils vivent. Elle sous-entend que la démocracie va au-delà d’un tribunal équitable pour comprendre un départ équitable dans la vie pour chaque enfant. Elle porte sur la façon dont les communautés se développent afin d’inclure tous leurs membres.

Elle nous fait remettre en question la notion d’égalité. Même les meilleures lois n’accordent des droits qu’un cas à la fois. Au lieu d’avoir une justice qui se penche pour extraire d’une longue file d’attente un heureux candidat en quête d’égalité, l’inclusion invite et permet à chacun d’entre nous d’acquérir un sentiment d’identité comme personne, comme participant apprécié, qui a des droits, des connaissances et la capacité d’agir.

Dans le contexte de l’inclusion sociale, il est bien clair que l’inégalité nuit à tous, pas seulement à ceux qui sont en bas de l’échelle. Tandis que l’inclusion fournit des avantages évidents aux groupes et individus qui sont marginalisés, elles bénéficie à tout le monde – tant en ce qui est de la vitalité dont profite la société quand tous ses membres participent pleinement et en éliminant les dangers qui sont liés à l’exclusion.

Pourquoi maintenant?

Le concept date de longtemps au Canada, dans les efforts de promouvoir la pleine citoyenneté pour les personnes handicapées, particulièrement les enfants. En Europe, c’est un cadre de travail établi pour toute politique publique.

Il offre un angle différent aux discussions qui ont été suscitées par les événements du 11 septembre 2001, en nous permettant de dépasser les questions de sécurité nationale pour traiter du type de nation que nous voulons assurer pour nos enfants et nous-mêmes.

L’inclusion sociale englobe les nouvelles approches au bien-être proposées par les mouvements de promotion de la santé et de développement humain international. Elle offre un entendement que la différence et la diversité sont centrales à l’identité sociale, au niveau communautaire et national.

Le terme a obtenu un certain degré de reconnaissance officielle ici, en tant que priorité de politique publique et de recherche pour certains ministères fédéraux, et on y a fait référence dans le dernier Discours du trône. Si nous avons l’occasion de traduire ce concept en un échéancier tourné vers l’avenir, nous serions stupides de l’ignorer.

Y-a-t-il un côté négatif?

Il y a le danger qu’on interprète le concept comme la similitude ou l’assimilation. L’inclusion sociale ne tient pas pour acquis qu’il y a une notion fixe de «la société dominante».

En Europe, l’inclusion sociale a été utilisée pour réorienter la politique sociale vers l’intégration à l’emploi de chômeurs chroniques. C’est très négatif si les gens sont simplement poussés de l’assistance sociale vers des emplois mal rémunérés et sans avenir. Mais certains pays – comme les Pays-Bas et le Danemark – ont réduit leur nombre de personnes à l’assistance sociale par des politiques actives d’emploi qui sont assorties d’investissements réels dans les compétences et placent ceux qui étaient auparavant exclus dans des emplois avec des conditions de travail et des salaires décents.

L’une des questions principales est de savoir dans quel genre de marché du travail nous voulons inclure les gens. Il est en général plus inclusif d’avoir un emploi que de rester à l’écart, mais pas toujours. Par exemple, forcer les parents à prendre des emplois qui n’améliorent pas le bien-être familial et aggraver le problème en ignorant les besoins de services de garde alternatifs adéquats pour les enfants, non seulement fait échec au test d’inclusion, mais c’est punitif.

Est-ce que l’idée est si neuve? Ça a l’air familier – Aime ton voisin…

Il y a une solide base de valeurs et un impératif moral à l’inclusion sociale. Elle exige non seulement une volonté de tolérer ou d’accommoder la diversité et les différences, mais de respecter, de valoriser et d’inclure. L’inclusion sociale c’est plus qu’enlever les obstacles. Elle demande des investissements et un plan d’action pour créer les conditions où tout le monde est inclus.

C’est un concept familier aux groupes qui ont été exclus. Par exemple, les personnes handicapées ne veulent pas juste la rampe qui leur permet d’entrer, une fois à l’intérieur, elles veulent que leur participation soit valorisée. Les femmes ne veulent pas être comme les hommes afin de s’asseoir à la table où se prennent les décisions. Elles veulent apporter leurs perspectives uniques en tant que femmes et que cet apport soit respecté.

 

Est-ce simplement une nouvelle forme de mesure avec des variables supplémentaires? Pourquoi n’est-il pas important de faire le suivi de la mortalité infantile, des suicides d’adolescents, des taux de pauvreté?

L’inclusion sociale n’est pas là pour remplacer d’autres indicateurs, mais elle nous permet de tracer un portrait plus complet et plus exact. Ce n’est pas suffisant de compter combien de nos enfants sont morts. Nous devons aussi savoir comment les survivants s’en sortent. Les débats sur la façon de mesurer la pauvreté ou les handicaps doivent aller plus loin que de déterminer les résultats négatifs. Ils doivent être éclairés par les expériences sociales des gens et par ce qui est nécessaire pour participer à la société. Répertorier «ce qui ne va pas» a eu un succès limité; peut-être des indicateurs tournés vers l’avenir seront plus efficaces.

Est-ce un concept plus centré sur l’individu que sur la collectivité?

L’inclusion sociale confère une responsabilité à l’individu, à la collectivité et à l’État. Au lieu d’un retrait vers l’individualisme, c’est un moyen de ranimer l’intérêt pour certaines idées qui n’ont pas été entendues depuis bien trop longtemps.

Quelle en est la valeur?

Le concept d’inclusion sociale nous amène au-delà des débats traditionnels sur la pauvreté et la discrimination, sans pour cela minimiser l’importance d’offrir des revenus décents et d’enlever les obstacles. Ce concept exige que ses partisans et les décideurs de politiques sortent de leurs matrices sur le revenu, la race, le sexe et les capacités, pour reconnaître que ces facteurs peuvent se chevaucher pour nuire à l’inclusion les gens.

Deuxièmement, il va au-delà de l’élimination de la privation pour traiter du bien-être des groupes et des individus et de leur capacité d’être reconnus comme des participants actifs appréciés, de voir leur contribution reconnue et leurs aptitudes développées.

Finalement, cela pourra peut-être former le cadre d’une discussion qui suscitera la volonté politique d’apporter les changements nécessaires dans les politiques publiques, les attitudes et les modes d’agir.

Le 6 novembre 2001

La conférence, UNE NOUVELLE FAÇON DE PENSER? Vers une vision d’inclusion sociale, aura lieu les 8 et 9 novembre 2001, à l’Hôtel Crowne Plaza à Ottawa, 101, rue Lyon. Le programme de la conférence, les horaires des sessions et la documentation sont disponibles sur le site Internet du CCDS à www.ccsd.ca. Pour des interviews avec les participants ou pour davantage d’information, veuillez appeler John Kane, agent de communications du CCDS, au (613) 236-5868, poste 228.

Le CCDS est un institut de recherche indépendant, à but non lucratif, qui se dédie à améliorer la sécurité sociale et économique des Canadiens. Sous l’égide d’un conseil d’administration national bénévole, les membres du Conseil partagent l’engagement d’améliorer la vie de tous les Canadiens.

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