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UNE NOUVELLE FAÇON DE PENSER?
Vers une vision d’inclusion sociale

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Conférence sur l’inclusion sociale -- à Ottawa, les 8 et 9 novembre 2001

SOMMAIRES DES SESSIONS

Sessions finales (6 et conclusion) : le vendredi 9 novembre 2001 de 12h30 à 15h

Le véritable potentiel de l’inclusion sociale et ses écueils

Présentateurs :

Diane Richler, présidente-élue, Inclusion International

John Godfrey, député fédéral pour Don Valley West

Wayne Helgason, directeur général, Social Planning Council of Winnipeg

Modérateur : George Thomson, directeur général, Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques

Animatrice : Jane Jenson, Université de Montréal; directrice, Réseau de la famille, Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques

Coprésidents :

Bob Glossop, directeur général de l’Institut Vanier de la famille

Marcel Lauzière, directeur général du CCDS

L’inclusion sociale a un réel potentiel de devenir un cadre de travail de politique publique, un outil de lobby et un mobilisateur communautaire, à condition qu’elle ne soit pas récupérée ou tournée en rhétorique à tout vent. Après deux jours de discussions, la plupart des participants à la conférence avaient l’air de partager cette opinion, malgré certains moments d’angoisse et quelques-uns franchement sceptiques.

Les doutes d’Ed Broadbent sur l’utilité du concept, qu’il a exprimés lors de la session de la matinée, ont eu pour effet de centrer la discussion autour du point crucial visant à savoir si l’inclusion sociale représente véritablement une nouvelle façon de penser ou n’est simplement qu’un autre angle qui pourrait être mis à profit par n’importe quel politicien désirant des coupures fiscales et de services.

«Je considère pour acquis que l’inclusion sociale est une bonne chose» a dit Jane Jensen. «Ce devrait être la base de la société canadienne…cependant, afin d’arriver à un agenda d’action, il faut utiliser un autre concept plus large – la citoyenneté. C’est un facteur clé. L’inclusion sociale n’est pas quelque chose qu’on fait aux gens. Elle représente qui choisit, qui prend les décisions et qui participe».

Elle a dit qu’on doit agir, non pas au nom de l’inclusion, mais «au nom de tout le monde», commentaire repris par Bob Glossop qui a cité le Rabbi Marmor en disant que la question «n’est pas la dignité de l’homme, mais la dignité de l’autre homme».

«L’inclusion en soi ne mène pas à l’émancipation» a dit Jensen. «Elle doit faire le détour par une discussion sur la citoyenneté».

De nombreux participants ont parlé de la nécessité pour l’inclusion de partir de la base. Peter Clutterbuck, par exemple, a dit «elle s’accomplit par les gens au niveau de la communauté». Il a mis au défi Ed Broadbent en disant que «avec les politiques des années 1960 jusqu’aux années 1980, il fallait s’avancer en suppliant, en réclamant des droits. De nos jours, les politiques consistent à inclure les gens dans la prise de décisions» a-t-il dit en se référant à l’exemple de David Miller sur le processus d’assemblée de citoyens à Toronto.

Wayne Helgason a fait des remarques très ironiques et révélatrices concernant les consultations de politiques sur les questions autochtones au Manitoba avec les représentants du gouvernement. Après une session particulièrement productive avec la population locale, un aide politique a dit au ministre des services sociaux «nous savons que ça marche en pratique, mais est-ce que ça marchera en théorie?» Il a plaidé en faveur non d’une recherche en fonction des faits, mais «d’une prise de décisions en fonction des faits» et s’est moqué de ce qu’il constate trop souvent dans les cercles politiques : «la fabrication de faits en fonction des décisions».

La déléguée Celia Denov a parlé au nom de beaucoup de personnes semble-t-il, quand elle a dit «Au début, j’étais un peu sceptique». Elle a indiqué qu’elle était devenue beaucoup plus favorable au concept, mais «qu’il était très important de bien le cerner». Elle a dit qu’à un moment donné le gouvernement d’Ontario avait adopté une politique de considérer toutes les politiques en tenant compte de leur conséquences pour les femmes, suggérant qu’on pourrait utiliser l’inclusion sociale de la même façon, comme un repère pour évaluer des propositions de politiques.

Diane Richler a dit qu’en tant que travailleuse dans le mouvement des personnes handicapées, ces deux jours représentaient «vraiment un tournant». Dans la plupart des réunions, les gens discutent des thèmes en fonction de leur propre exclusion et de leurs préoccupations. «C’est la première fois que j’ai entendu quelqu’un parler de questions de politiques en tant qu’être humain dans toutes les dimensions, en passant par les cours de natation jusqu’aux déjeuners de pizzas.

Bob Glossop a dit qu’il était arrivé à la conférence «indécis» et en repartait «un disciple».

«J’ai appris une chose» a-t-il dit «c’est que les gens qui ont été exclus ont été exclus d’une estime de soi positive». L’inclusion sociale ajoute des considérations psychologiques aux considérations socio-économiques traditionnelles, a-t-il déclaré.

Marcel Lauzière a conclu en encourageant les délégués à communiquer avec d’autres les messages et les discussions qui ont eu lieu à la conférence. « Il ne s’agit pas juste de discuter entre nous, mais comment rapporter ces discussions dans notre communauté – avec qui on partage ces discussions».