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UNE NOUVELLE FAÇON DE PENSER?
Vers une vision d’inclusion sociale

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Conférence sur l’inclusion sociale -- à Ottawa, les 8 et 9 novembre 2001

SOMMAIRES DES SESSIONS

Session 3 : le 8 novembre 2001 de 13h30 à 15h

L’inclusion sociale : au coeur de la vie civique et communautaire

Présentateurs :

Caroline Andrew, doyenne, Faculté des sciences sociales, Université d’Ottawa

David Miller, conseiller de la ville de Toronto

Daniel Drache, directeur, Robarts Centre for Canadian Studies, York University

Modérateur :

Nathan Gillbert, directeur général, Laidlaw Foundation

Animatrice :

Barbara Hall, présidente nationale de la Stratégie nationale sur la sécurité communautaire et la prévention du crime

Par les temps qui courent et avec une nouvelle appréciation du potentiel d’action au niveau local, les municipalités et les communautés ont l’occasion de prendre un rôle de chef de file pour développer de nouvelles politiques et susciter le soutien public envers une nouvelle façon de penser.

Étant donné que les gouvernements municipaux travaillent de près avec les gens qu’ils desservent et à cause de leur flexibilité relative pour développer des politiques publiques, les présentateurs ont dit que les villes sont souvent en mesure d’expérimenter et d’avoir une proche collaboration avec leurs citoyens, d’une manière qui n’est pas possible pour les gouvernements centralisés.

Caroline Andrew a observé «nous constatons une polarisation croissante en ce qui est des quartiers d’habitation, un nombre croissant de pauvres vivant parmi les pauvres et de riches parmi les riches». Les municipalités peuvent atténuer cela en prêtant plus d’attention à l’emplacement commun des services, comme les transports, les garderies pour enfants, l’éducation et les logements sociaux, de manière à rapprocher les gens et maximiser l’utilisation de ces ressources.

La façon dont les villes utilisent l’espace physique est importante et leur rôle y est déterminant. Elle pense que l’inclusion sociale est «un argument intellectuel utile à donner aux gouvernements municipaux. Cela permet aux gens de penser de manière assez concrète... et d’élaborer des moyens de mesurer l’inclusivité. L’inclusion sociale s’appuie en partie sur la tradition des gouvernements municipaux, qui est de se considérer comme porte-parole de la communauté».

David Miller a pris comme exemple le programme de natation à l’école de son fils. À Toronto, les cours de natation dans les écoles locales étaient auparavant gratuites, avant que le gouvernement Harris n’annule cette méthode. «Maintenant, tous les enfants qui sont inscrits au programme sont de la classe moyenne, de notre quartier ou d’autres quartiers, qui viennent là à cause des installations». Les enfants pauvres qui n’ont pas les 45$ pour les cours tout simplement n’apprennent pas à nager.

Si l’inclusion sociale ne se fait pas adéquatement, elle suscite le cynisme, dit-il. C’est ce qui se passe avec les consultations du haut vers le bas. D’un autre côté, dans son quartier de Parkdale, les citoyens eux-mêmes ont récemment créé une assemblée de citoyens et ont fait venir des conseillers municipaux, surtout pour se retrouver à les écouter. «Nous avons eu 15 minutes pour parler, puis on a dû les écouter pendant deux heures. C’était pénible», dit-il, mais plusieurs initiatives municipales importantes en ont résulté.

Daniel Drache a dit qu’il trouve intéressante l’idée de l’inclusion sociale, car les gens sont devenus cyniques envers les vieilles idéologies. «Nous avons besoin d’un nouveau langage», a-t-il dit, pour exprimer les préoccupations sociales et pour concevoir des plans d’action.

Les villes peuvent avoir un impact positif sur la vie sociale si elles ont des plans d’urbanisation et d’aménagement qui rapprochent les gens et créent des activités qui attirent la participation d’une grande partie du public. «Pensez à une ville merveilleuse et ce n’est pas les espaces commerciaux qui vous viennent à l’esprit. Ce sont les lieux de rencontre - les galleries d’art, les universités, les stades, les moyens de transports, les théâtres – c’est à cela que vous pensez».

«Le défi est de savoir comment renforcer le domaine public et le processus d’inclusion sociale». Il a dit qu’il est crucial de consolider la volonté politique et d’élargir les points d’entrée en traitant des questions d’accès et en enlevant les obstacles dus aux attitudes. Il a aussi parlé du besoin de développer davantage d’indicateurs puissants dans des domaines comme la sécurité du revenu, les soins de santé, l’éducation et le logement.

Il a fait une mise en garde disant que «L’idée que nous pouvons créer une société complètement inclusive est erronée. Il y aura toujours des gens qui seront en dehors, mais nous devons chercher un équilibre d’inclusion. Comment faire basculer les choses pour que les forces d’inclusion soient plus fortes que les forces d’exclusion?».

Drache a l’espoir que «nous avons dépassé le cap d’une mentalité selon laquelle 'il n’ a pas d’alternative' à l’individualisme et aux forces du marché, vers une autre attitude où 'il y a plein d’alternatives.' Les attentats du 11 septembre ont bien illustré notre dépendance les uns des autres et l’importance des services publics et du domaine public a-t-il dit.

Barbara Hall a relaté des expériences positives dans son quartier de Toronto quand la communauté s’est réunie pour aider les immigrants à s’installer. «Des résidents de longue date ont écouté les nouveaux venus et d’un seul coup, le concept d’inclusion sociale était clair».

Un débat animé a suivi la présentation, et Ed Broadbent a demandé à savoir si l’inclusion sociale est compréhensible et utile comme concept. Daniel Drache a répondu «l’inclusion a son utilité du fait qu’elle soulève toute une série de questions et qu’elle ranime le débat sur la politique publique pour diverses communautés. Ce n’est pas simplement un concept légal, social communautaire».

Josephine Grey a demandé comment cela s’applique aux résidents isolés et marginalisés des quartiers pauvres des grandes villes et a plaidé pour qu’on mette fortement l’accent sur les droits de la personne. Caroline Andrew a approuvé et a indiqué que «des grandes villes comme Toronto vont de plus en plus porter l’attention à des questions de libertés civiles et de droits de la personne».