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UNE NOUVELLE FAÇON DE PENSER?
Vers une vision d’inclusion sociale

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Conférence sur l’inclusion sociale -- à Ottawa, les 8 et 9 novembre 2001

SOMMAIRES DES SESSIONS

Session 1 : le 8 novembre 2001 de 9h à 10h15

L’inclusion sociale en contexte : d’expériences d’exclusion vers une vision d’inclusion

 

Rome n’a pas été construite en un jour… il en sera de même pour l’inclusion sociale -

Comment des expériences d’exclusion peuvent mener à l’inclusion sociale

Coprésidents :

Bob Glossop, directeur général, Institut Vanier de la famille

Marcel Lauzière, directeur général, CCDS

Présentateurs :

Josephine Grey, coordinatrice des droits de la personne, Low Income Families Together

Catherine Frazee, auteure, éducatrice, chercheure; ancienne commissaire en chef de la Commission des droits de la personne de l’Ontario

Christa Freiler, coordinatrice du Children's Agenda Program, Laidlaw Foundation

 

L’expérience personnelle est souvent un témoignage puissant qui peut mener les gens à «une nouvelle façon de penser». Alors que Josephine Grey nous faisait part de son expérience passée avec l’assistance sociale, son histoire a bien fait ressortir le besoin de changement dans la manière dont les gens pauvres sont traités au Canada.

En tant que mère avec un emploi, Grey se souvient qu’elle avait en partie recours à l’assistance sociale pour des prestations supplémentaires, mais qu’elle avait été submergée par le parcours d’obstacles bureaucratiques. «Je devais attendre sans fin dans leur bureau…puis quand ils finissaient par appeler mon nom, ils voulaient tout un tas de documents, mes relevés bancaires ne remontaient pas assez loin…j’ai fini par perdre patience et j’ai quitté le bureau sans la carte-médicaments dont j’avais besoin».

Bien que l’ONU fasse une distinction entre la notion «absolue» et «relative» de la pauvreté, Grey croit qu’en Amérique du Nord la pauvreté est caractérisée par la solitude. «Les gens qui sont pauvres dans d’autres pays ont des familles élargies, d’autres moyens de partager avec les autres». Pendant son expérience à l’assistance sociale, Grey n’avait personne avec qui parler, à part dans «la relation officielle et systémique entre client et fonctionnaire».

Catherine Frazee a répété ce sentiment lorsqu’elle a parlé des droits des personnes handicapées. L’accès, a-t-elle expliqué, ce n’est pas juste des rampes et des places de stationnement. «On a aussi besoin d’avoir accès à la communauté humaine».

Sa recherche a révélé comment l’inclusion sociale forge des liens de respect mutuel pour les enfants handicapés. «Lorsque les enfants se sentent entourés au sein de relations humaines, ils sont en sécurité, leur statut de personnes dans le groupe est intact». Et c’est pareil pour tout le monde. En faisant référence aux événements du 11 septembre, Frazee a dit «Dans ces moments d’horreur, les gens ont pris leur téléphone cellulaire pour se rapprocher de ceux qu’ils aiment. C’est l’essence de l’inclusion».

Bob Glossop a mis en garde toutefois, que nous devons prêter attention au langage utilisé, car de nombreux termes dont se servent les activistes sociaux se fondent en termes économiques. «Supplément du revenu gagné, crédits non remboursables, seuils…ces mots qui servent à rationnaliser la peine et l’outrage des autres» a-t-il dit.

«Il faut remettre le débat social à l’ordre du jour du gouvernement», a dit Marcel Lauzière. «Nous devons repenser notre action sociale et nous rendre compte que l’exclusion politique est une lutte contre la pauvreté, et nous sommes en train de la perdre. Nous sommes loin de la victoire». Il n’est pas facile d’établir une nouvelle façon de penser et de jeter les bases d’une nouvelle vision. Comme Catherine Frazee l’a si bien dit : «l’inclusion sociale, tout comme Rome, ne peut se bâtir en un jour».