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Presque toutes les données dans nos 27 graphiques sont tirées des cycles de 1994 de l’ELNEJ et de l’ENSP, à moins d’indication contraire. Les réponses données lors de ces enquêtes se présentaient sous trois formats. Dans certains cas, la réponse consistait en un simple «oui» ou «non». Ailleurs, on demandait aux répondants de choisir entre plusieurs catégories; par exemple, «Quelle est la fréquence à laquelle votre enfant montre un certain type d’émotions? – Jamais, rarement, souvent ou toujours?». Dans le reste des questions, les réponses possibles étaient présentées sous forme d’échelles combinant en un seul résultat des réponses séparées à une série de questions y ayant trait. Pour chacune des trois catégories, on a ensuite assigné les réponses à un enfant ou une famille, ce qui a permis de faire le lien avec un niveau de revenu familial.

Il est aussi nécessaire d’éclaircir quelles sont les mesures sommaires que nous avons choisies pour représenter les 27 variables qui sont liées au revenu. Quelle que soit la catégorie de réponse, nous avons porté l’attention sur la proportion d’enfants avec «les plus mauvais résultats» – c’est-à-dire les résultats considérés les moins désirables du point de vue d’un bon épanouissement de l’enfant – pour chaque résultat de développement ou condition de vie de l’enfant. Nous avons ensuite transféré ces résultats à l’une des sept grandes catégories de revenu. Par exemple, les résultats sur le comportement suivent la plupart du temps une large répartition du haut vers le bas; cependant, nous nous sommes concentrés seulement sur les enfants (et leur famille) dont les résultats se classent dans la partie du bas de la répartition.

De quelle façon a-t-on sélectionné les résultats «les plus mauvais»? Dans les cas d’une réponse par oui ou non, nous avons sélectionné les enfants dont les parents donnaient une réponse négative. Lorsque des choix multiples ou des réponses échelonnées donnaient un éventail des résultats, nous avons choisi un seuil. Il est utile de remarquer deux points à propos de ces seuils. D’abord, ils n’ont pas nécessairement une valeur diagnostique ou clinique – ils représentent simplement les plus mauvais résultats sur lequel l’échantillon nous permet de porter l’attention. Par exemple, les enfants que nous avons sélectionnés comme étant «très hyperactifs» ne seraient pas forcément tous diagnostiqués hyperactifs, mais ils avaient les plus mauvais résultats sur l’échelle d’hyperactivité par rapport aux autres enfants. Pour les besoins statistiques de notre rapport, c’est tout ce que nous avons besoin de savoir, étant donné que nous n’essayons pas d’identifier ces enfants en vue d’un traitement.

Deuxièmement, les seuils varient en raison des limites imposées par la répartition particulière et la taille de l’échantillon pour chaque résultat de développement et condition de vie. Nous pourrions avoir choisi un seuil constant et arbitraire – comme le tiers du bas – mais nous avons à la place choisi d’obtenir les «plus mauvais résultats possibles» pour chaque facteur. Dans la plupart des cas, les résultats proviennent des 10 ou 20 pour cent du bas de la répartition de tous les répondants. En choisissant les plus mauvais résultats possibles, nous augmentons la probabilité d’obtenir des conditions ou des résultats restrictifs et spéciaux, et dans le cas des résultats sur le comportement, nous augmentons la probabilité qu’ils se rapprochent plus d’un diagnostic clinique.

Il est important de remarquer que notre rapport se limite à une étude de familles biparentales. (Les auteurs ont fourni ailleurs un examen approfondi des résultats de développement chez les enfants de familles monoparentales.35) Nous avons ici exclu les familles monoparentales pour une simple raison : la grande majorité de familles monoparentales ont des faibles revenus, fait qui aurait biaisé les résultats présentés ici. L’analyse graphique aurait par conséquent prêté à une interprétation erronée, puisque le mouvement dans l’axe du bas aurait représenté non seulement les changements au niveau du revenu, mais aussi les changements du type de famille, et les résultats au bas de l’échelle des revenus ne représenterait plus seulement les familles à faible revenu, mais de façon disproportionnée les familles monoparentales. L’inverse serait vrai aux niveaux de revenu supérieurs. Étant donné que les graphiques servent à dépeindre visuellement le lien entre le revenu (pas le type de famille) et les résultats de développement chez les enfants, il était nécessaire de normaliser autant que possible les types de famille dans l’étude. Comme plus de 80% des enfants vivent en famille monoparentale, nous avons choisi ce type de famille pour notre analyse.

Il faut aussi remarquer que la définition de revenu utilisée dans les graphiques et le texte qui s’y rapporte représente le revenu brut. Le revenu brut comprend les revenus de travail, de placement, les revenus divers (pension alimentaire, bourses d’études, prestations privées d’invalidité etc.) et les transferts gouvernementaux, avant toute déduction fiscale. En raison du degré restreint d’information disponible sur la version publique de la base de microdonnées pour l’ELNEJ, nous avons dû utiliser sur nos graphiques des tranches de revenus, plutôt que des revenus familiaux individuels. C’est-à-dire que dans les graphiques, tous les revenus dans la tranche de 20 000 $ à 29 999 $ par exemple, sont «centrés» sur un point. Malheureusement, cela donne l’impression que le point représente un niveau de revenu distinct, alors qu’en fait il représente cette tranche de revenus. Cela signifie aussi que nous avons souvent des coupures plutôt abruptes dans les lignes pour ces centres, au lieu de la ligne plus régulière qu’on obtiendrait en utilisant des revenus individuels continus. Pour la facilité de lecture, nous parlons des tranches de revenus dans le texte selon le nombre supérieur. Par exemple, on fait référence à la tranche de 20 000 $ à 29 999 $ en parlant de revenu jusqu’à, inférieur ou dépassant le niveau de 30 000 $.

En guise d’aide à l’interprétation des graphiques, nous fournissons ci-dessous quatre points de référence : a) revenu familial médian; b) SFR de Statistique Canada; c) les résultats de sondage par Gallup; d) et le seuil de pauvreté du Fraser Institute.

a) Le revenu médian en 1994 pour les familles avec des enfants de 4 à 11 ans se situe entre

50 000 $ et 60 000 $. Ce point de référence indique que 50% des familles sont au-dessus de ce niveau de revenu et que 50% sont en-dessous.

b) Les SFR de Statistique Canada varient selon la taille de la famille et la taille de la communauté. Pour une famille de quatre, le SFR en 1994 s’étale de 21 500 $ pour les familles en régions rurales à 31 000 $ pour les familles dans les plus grandes agglomérations urbaines, où la population dépasse 500 000 habitants. Si on sélectionnait un SFR en fonction de la population pour une famille de quatre (en fait, une moyenne nationale), il représenterait une famille vivant dans un grand centre urbain de 100 000 à 499 000 habitants. Le montant s’élèverait à 26 600 $.

c) Depuis 1967, les sondages d’opinion publics organisés par Gallup ont de temps en temps posé la question suivante : «En général, à votre avis quel est le montant d’argent minimum qu’une famille de quatre a besoin chaque semaine pour vivre dans cette comunauté?»

Tout au long des 18 années depuis que cette question a été posée pour la première fois, la réponse médiane a suivi de très près le SFR correspondant (voir le graphique 28). La question n’a pas été posée en 1994, mais en interpolant entre les deux années les plus proches, nous estimons une valeur pour 1994 égale à un revenu annuel de 25 200 $.

d) Les seuils du Fraser Institute sont plus particulières, car elles varient géographiquement selon le coût local des besoins essentiels. Cependant, pour 1994, l’Institut a estimé un seuil national de pauvreté pour une famille de quatre égal à
15 900 $.

Pour chacune des mesures de pauvreté citées ci-dessus, ainsi que pour le revenu familial médian, nous avons sélectionné la valeur qui représente une famille de quatre, étant donné que c’est le chiffre médian actuel représenté dans les graphiques pour une famille de quatre, formée de deux adultes et de deux enfants.

En évaluant l’importance de cette information, la totalité des résultats est très préoccupante. Chacun des 27 facteurs est en soi intéressant et instructif. Ce qui est plus important cependant, c’est la confirmation d’un lien persistant et répandu entre le revenu familial et les résultats du développement de l’enfant et de ses conditions de vie. Tous ces résultats ne peuvent pas être un accident statistique, et il n’est pas possible de considérer le niveau du revenu familial comme un facteur sans importance qui n’influence pas les chances d’épanouissement sain de l’enfant.

 

Appendice : Ce tableau de données correspond aux graphiques 1 à 27. Veuillez consulter ces graphiques pour plus de détails sur les âges et les indicateurs utilisés ainsi que la source des informations.

Graphique numéro

Indicateur

moins de 20 000 $

20 000 à 29 999 $

30 000 à 39 999 $

40 000 à 49 999 $

50 000 à 59 999 $

60 000 à 79 999 $

80 000 $ et plus

1

Mauvais fonctionnement familial

25,2%

21,1%

17,7%

15,7%

18,1%

12,4%

12,1%

2

Parent dépressif

22,4%

16,8%

13,2%

10,7%

13,4%

9,8%

6,2%

3

Parent avec traumatisme d'enfance

15,3%

13,4%

9,4%

9,2%

8,4%

6,2%

7,6%

4

Parent avec stress chronique

12,6%

9,8%

7,6%

4,4%

5,4%

5,0%

3,1%

5

Fumeur(s) à domicile

49,2%

44,2%

43,6%

37,4%

35,4%

30,7%

28,8%

6

Changement fréquent d'école

28,7%

17,2%*

19,2%

23,0%

16,9%

15,1%

11,8%*

7

Logement en mauvais état

34,1%

28,7%

28,7%

26,7%

20,5%

18,9%

14,4%

8

Pas d'ordinateur à domicile

68,3%

65,3%

64,4%

59,7%

56,7%

44,4%

32,6%

9

Quartier à problèmes

26,2%

20,8%

17,0%

14,4%

12,7%

14,6%

11,1%

10

Quartier pas sécuritaire

15,1%

10,6%

5,4%

8,3%

4,2%*

8,2%

5,2%

11

Voisinage hostile

23,9%

17,9%

15,2%

16,2%

8,0%

8,9%

8,3%

12

Agressivité indirecte

37,9%

26,4%

28,4%

27,5%

29,2%

27,3%

24,6%

13

Troubles affectifs/Anxiété

12,1%

7,0%*

6,8%

7,6%

6,0%

8,7%

6,9%

14

Hyperactivité

19,5%

15,0%

12,9%

13,4%

14,2%

13,6%

11,7%

15

Comportement délinquant

15,6%

10,7%

7,9%

8,9%

7,6%

5,6%

6,0%

16

Se liant avec enfants à problèmes

20,1%*

13,9%*

11,2%

10,9%

9,7%

8,8%

7,2%

17

Santé fragile

49,8%

45,2%

45,6%

43,3%

37,4%

39,0%

30,7%

18

Problèmes de santé

13,4%

9,6%

8,1%

8,0%

8,3%

8,1%

5,1%

19

Retardement du vocabulaire

35,9%

18,2%

17,3%

16,2%

10,2%

13,0%

7,9%**

20

Faibles résultats en maths

16,4%*

24,5%*

20,2%

13,5%

17,0%

12,2%

11,1%

21

Peu de lecture

12,6%

9,7%

7,2%

9,5%

7,7%

7,1%

6,0%

22

Éducation spéciale

9,6%*

6,7%*

5,1%

5,2%

4,1%*

4,5%

5,3%

23

Peu de sports d'équipe

71,7%

61,4%

47,1%

54,9%

35,2%

40,0%

25,2%

24

Peu de sports informels

33,4%

30,9%

29,4%

23,8%

20,4%

23,0%

18,5%

25

Peu de cours musique/danse/art

86,3%

80,6%

76,9%

71,2%

72,1%

65,8%

60,2%

26

Faible participation communautaire

78,7%

79,1%

76,8%

72,6%

73,8%

68,0%

69,6%

27

Adolescents oisifs

15,5%

9,9%

7,1%

6,3%

4,8%

4,5%

3,5%

* Chiffres marginaux selon les lignes directrices de Statistique Canada – estimations moins fiables à cause de la petite taille de

l’échantillon.

** Ce chiffre ne répond pas aux normes de qualité de Statistique Canada et n’est par conséquent pas fiable.

 

Notes explicatives

1 Les deux enquêtes sont menées par Statistique Canada. L’ELNEJ est commanditée par Développement des ressources humaines Canada, et l’ENSP est commanditée par Santé Canada. Les données de ces enquêtes sont devenues disponibles en 1995 pour analyse.

2 Le Conseil canadien de développement social a utilisé ces enquêtes depuis 1996 pour étayer son rapport annuel exhaustif sur le bien-être des enfants, intitulé Le Progrès des enfants au Canada.

3 Christopher Sarlo du Fraser Institute, qui a rédigé de nombreux articles dans plusieurs journaux canadiens au cours des trois dernières années, est le partisan le plus ardent d’une mesure de pauvreté beaucoup plus basse que les seuils de faible revenu couramment acceptés de Statistique Canada. Les partisans qui plaident le plus pour l’utilisation des SFR ou même d’une mesure plus élevée de la pauvreté, sont le CCDS, la coalition de Campagne 2000 et l’Organisation nationale antipauvreté.

4 La corrélation statistique entraîne-t-elle un facteur de cause à effet? La lutte constante sur le sens et la valeur des interprétations statistiques apparaît dans chaque analyse statistique qui lie un facteur à l’autre. Nous n’acceptons pas aveuglément que les liens statistiques avec le revenu démontrés ci-dessous entraînent nécessairement un lien de cause à effet et nous refusons également les commentaires ultra critiques qui suggèrent que les liens statistiques ne veulent rien dire. Deux variables qui se déplacent ensemble sur une courbe constante ne prouvent pas forcément que l’une est la cause du mouvement de l’autre. Ce peut être une coïncidence rare, ou dû au fait qu’une variable a rapport à une autre variable non mesurée qui est la cause réelle du lien. Par exemple, plusieurs facteurs ont rapport au revenu, comme le niveau d’éducation, le type de famille, la région, le type de travail, etc. Ces variables parmi d’autres agissent entre elles pour créer de piètres chances de développement et de mauvais résultats dans le développement. Quelle que soit la cause principale des mauvais résultats de développement – à supposer qu’on puisse en isoler une – le revenu est une balise fiable pour certains des points problématiques à plus haut risque dans le domaine du développement de l’enfant.

5 L’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ), développée par Statistique Canada et Développement des ressources humaines Canada, a recueilli des infor-mations sur environ 23 700 enfants (de la naissance à 11 ans). Depuis 1994, l’ELNEJ a fait des sondages sur ces enfants tous les deux ans et va continuer de le faire jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge adulte. Dans le 1er cycle de l’enquête cycle, on a demandé à la personne qui s’occupe principalement de l’enfant et à l’enseignant principal de répondre aux questions, ainsi qu’aux enfants de 10 et 11 ans eux-mêmes. L’ELNEJ a inclu un vaste éventail de caractéristiques familiales, du ménage et de la communauté qui affectent le développement de l’enfant. L’Enquête nationale sur la santé de la population (ENSP), menée par Statistique Canada, recueille des informations portant sur la santé de la population Canadienne. On obtient une coupe transversale d’information en posant des questions sur tous les membres des ménages participant à l’enquête (58 000 personnes). Pour recueillir des informations de nature longitudinale, on interroge un répondant par ménage, âgé de 12 ans ou plus (18 000 personnes). Les données sont recueillies tous les deux ans, depuis 1994.

6 Paul Steinhauer, «Développer la résilience chez les enfants des milieux défavorisés» dans Les déterminants de la santé : les enfants et les adolescents (Ottawa : Forum national sur la santé, 1998, p. 47-102); Clyde Hertzman et M. Wiens, "Child development and long-term outcomes: A population health perspective and summary of successful interventions," dans Social Science and Medicine, 1996, 43(7), pp. 1083-1095; et Conseil national de prévention du crime, Les déterminants de la santé pour les enfants (Ottawa : CNPC, 1996).

7 S. B. Campbell, "Behaviour problems in preschool children: A review of recent research," dans Journal of Child Psychology and Psychiatry and Allied Disciplines, 1995, 36: pp.113-149; P. Jaffe, D. Wolfe, S. Wilson et L. Zak, "Similarities in behavioural and social maladjustment among child victims and witnesses to family violence," dans American Journal of Orthopsychiatry, 1986, 56: pp. 142-146; Dan Offord et al, "Ontario Child Health Study," dans Archives of General Psychiatry, 1987, 44: pp. 832-836.

8 G. Browne et al, "Resilience and vulnerability in mothers: Prevalence, correlates and expenditures," dans Working Paper 95-2, System-Linked Research Unit, Health and Social Services Utilization, McMaster University, 1995; Gouvernement d’Ontario, Premier’s Council on Health, Well-Being and Social Justice, Ontario Health Survey: Mental Health Supplement (Toronto : Premier’s Council, 1994).

9 L’ELNEJ fournit des informations sur la santé mentale du parent qui répond à l’enquête, et qui dans 90% des cas est la mère. Aucune information n’est recueillie sur la santé mentale des autres membres adultes de la famille. Les chiffres sur la dépression parentale ont été obtenus en combinant les réponses à 12 questions portant sur la fréquence de certains faits, comme le manque d’appétit, l’incapacité de se sortir d’un moral bas, le manque de concentration, le sommeil agité, le manque d’espoir sur l’avenir, la solitude et les pleurs. Pour faire le lien avec le revenu familial, on a sélectionné la proportion d’enfants vivant avec un parent qui se classait dans les 15% du haut de la répartition, c’est-à-dire dont les résultats sont associés à une très haute tendance à la dépression. Tandis que ce seuil de 15% n’a pas nécessairement une

signification clinique, il est très restrictif et indique que ces parents (surtout des mères) sont souvent en proie à des symptômes de dépression.

10 D. A. Wolfe, «Prévenir la violence et la négligence à l’endroit des enfants» dans Les déterminants de la santé : les enfants et les adolescents (Ottawa : Forum national sur la santé, 1998, pp.104-131); M. Main et R. Goldwyn, "Predicting rejection of her infant from mother’s representation of her own experience," dans Journal of Abuse and Neglect, 1984, 8: pp. 203-217; Conseil national de prévention du crime, Prévenir le crime en investissant dans les familles (Ottawa : CNPC, 1996).

11 Les statistiques sur cette condition sont tirées de l’ENSP, dans laquelle les parents à l’âge adulte se souviennent d’événements stressants ou traumatiques pendant leur enfance. Ces expériences stressantes comprennent un passage de deux semaines ou plus dans un hôpital, le divorce de leurs parents, un problème d’alcoolisme ou de drogue chez leurs parents, la violence physique ou avoir été renvoyé de la maison pour avoir fait quelque chose de mal. Même si la grande majorité des parents interrogés ont indiqué ne pas avoir souffert d’expérience traumatique pendant l’enfance, nous avons sélectionné un seuil relativement élevé de trois événements traumatiques ou plus pour notre examen. Nous avons ensuite lié la proportion d’adultes qui dépassaient ce seuil avec leur niveau de revenu familial.

12 C. Giunta, "Risk factors for emotional/behavioural problems in young adolescents: A protective analysis of adolescent and parental stress and symptoms," dans Journal of Consulting and Clinical Psychology, 1989, 57(6), pp. 732-740.

13 Santé Canada, Passive Smoking: Nowhere to Hide (Ottawa : Santé Canada, 1998).

14 D. Kohen, C. Hertzman et M. Wiens, «Les changements de milieu et les compétences des enfants» document préparé pour «Investir dans nos enfants : une conférence nationale sur la recherche» parrainée par Développement des ressources humaines Canada, 1998.

15 Ibid.

16 Les logements inférieurs aux normes correspondent ici à des logements qui ont des pro-blèmes majeurs comme une mauvaise plomberie, des appareils électriques ou de chauffage inefficaces ou non sécuritaires, des planchers détériorés, des murs bombés et humides, des fondations qui s’effritent, des installations d’éclairage cassées, des vitres brisées, des fissures dans les murs et les plafonds. Cette définition se base sur les questions dans l’ELNEJ.

17 N. Chaudhuri, «La santé des enfants, la pauvreté et l’environnement», dans la Revue canadienne de santé publique, Vol. 89, Supplément 1, 1998.

18 Paul Steinhauer, «Développer la résilience chez les enfants des milieux défavorisés» dans Les déterminants de la santé : les enfants et les adolescents (Ottawa : Forum national sur la santé 1998); Dan Offord, "Correlates of emotional disorder from a community survey," dans Canadian Journal of Psychiatry, 1990, 35(5), pp. 419-425; et Dafna Kohen, Clyde Hertzman et Jeanne Brooks-Gunn, L’affluence des quartiers et la maturité scolaire, document préparé pour «Investir dans nos enfants : une conférence nationale sur la recherche» parrainée par Développement des ressources humaines Canada, 1998.

19 Dans ce cas, un niveau élevé d’agressivité indique un enfant qui se place dans le tiers du haut de la répartition, c’est-à-dire un enfant qui commet plus souvent des actes agressifs comme ceux décrits dans le texte.

20 Le graphique 13 présente la proportion d’enfants qui se placent dans les 10% du haut de la répartition, c’est-à-dire qui montrent les symptômes les plus fréquents d’anxiété de troubles affectifs.

21 Ces chiffres n’ont pas nécessairement une signification diagnostique ou clinique, ils représentent simplement les plus mauvais résultats sur lesquels l’échantillon nous permet de porter l’attention. Par exemple, les enfants que nous avons sélectionnés comme étant «très hyperactifs» ne seraient pas forcément tous diagnostiqués hyperactifs, mais ils avaient les plus mauvais résultats sur l’échelle d’hyperactivité par rapport aux autres enfants.

22 Dans le cadre de cette étude, on considère que les enfants dans les 10% du haut ont été impliqués dans au moins trois comportements délinquants.

23 Dans l’ELNEJ, les enfants de 4 et 5 ans ont été soumis au Peabody Picture and Vocabulary Test (PPVT) qui est conçu pour évaluer le développement du vocabulaire réceptif ou passif chez l’enfant (les enfants doivent associer des mots qu’ils entendent à des images). Les résultats des enfants à ce test normalisé ont été classés en trois catégories de développement : avec du retard, normal et avancé. Le graphique ne montre que la proportion d’enfants qui ont un retard de développement du vocabulaire.

24 Il faut remarquer que seulement 50% des enfants d’âge scolaire dans l’ELNEJ ont participé au test de mathématiques. Ce qui n’était pas intentionnel mais plutôt un résultat malencontreux du processus du questionnaire scolaire. La taille de l’échantillon plus petite et moins fiable pourrait expliquer la nature quelque peu irrégulière des résultats montrés sur ce graphique.

25 M. Boyle et E. Lipman, Le lieu a-t-il de l’importance?; D. Offord, E. Lipman et E. Duku, Quels enfants ne font pas de sport et ne participent pas à des activités artistiques ni à des programmes communautaires? Ces deux documents ont été préparés pour des ateliers dans le cadre de «Investir dans nos enfants : une conférence nationale sur la recherche» parrainée par Développement des ressources humaines Canada, 1998.

26 Comme nous l’avons signalé dans Les adolescents dans la main d’oeuvre au Canada (CCDS, 1999), la probabilité chez les jeunes de 15 à 19 ans de n’avoir jamais eu d’emploi est aussi fortement liée au niveau du revenu familial.

27 Au Canada, les travaux bien diffusés associés au Dr. Fraser Mustard, fondateur de l’Institut canadien de recherches avancées, au Dr. Dan Offord, directeur du Centre d’études des enfants à risque à McMaster University, et au Dr. Paul Steinhauer, président de Sparrow Lake Children’s Alliance et Voices for Children, ont aidé à faire prendre conscience du rapport entre le revenu familial et le développement de l’enfant. La recherche financée par la Fondation Laidlaw par l’intermédiaire de son programme pour les enfants à risque et le financement par Développement des ressources humaines Canada de la recherche exhaustive pour l’ELNEJ ont aussi été des forces majeures pour mener à une meilleure compréhension publique des facteurs qui influencent le développement de l’enfant. Parmi les publications qui fournissent des preuves sur les liens entre le revenu familial et les résultats dans le développement de l’enfant dans le contexte canadien, on relève : Grandir au Canada (Ottawa : DRHC, 1996); Les déterminants de la santé pour les enfants (Ottawa : Conseil national de prévention du crime, 1996); La santé des enfants du Canada, 2e édition (Ottawa : Institut canadien de santé infantile, 1994); Notre promesse aux enfants, édité par Kathleen Guy, (Ottawa : Institut canadien de la santé infantile, 1997). Les nouvelles sources d’information proviennent de plusieurs des documents préparés à l’occasion de la conférence de DRHC «Investir dans nos enfants : une conférence nationale sur la recherche», qui a eu lieu à Ottawa en 1998.

28 Poverty in Canada, 2e édition, par Christopher Sarlo (Vancouver : Fraser Institute, 1996).

29 Voir un compte rendu détaillé par l’une des pionnières des SFR, Jenny Podoluk, dans Les revenus des Canadiens (Ottawa : Statistique Canada, 1968). D’où proviennent les SFR de Statistique Canada en tant que mesure de la pauvreté? La base du premier SFR a été une enquête sur les dépenses en 1959. Lorsque cette mesure a été développée, la méthode était beaucoup plus facile à défendre, étant donné le niveau généralement bas des revenus d’après-guerre et la haute proportion de revenu que toutes les familles devaient dépenser pour les besoins essentiels. On définissait une famille pauvre quand elle devait dépenser plus de 70% de son revenu pour des besoins essentiels. Ce qui laissait très peu d’argent disponible pour d’autres dépenses considérées non d’un besoin absolu – une situation qui probablement se faisait sentir chez une génération largement rurale qui avait survécu à la Dépression et à six années de guerre, mais pour qui les demandes croissantes de dépenses d’une société de plus en plus urbaine et industrielle, avec les coûts associés, n’avaient pas encore été pris en compte. Par conséquent, les SFR initiaux ressemblaient de plus près à une mesure absolue de la pauvreté.

Comme les revenus réels ont augmenté au fil des ans, il n’est plus spécialement convaincant de continuer d’utiliser la proportion de dépenses pour les besoins essentiels de nourriture, de vêtements et de logement afin de définir ou de mesurer la pauvreté. De nos jours une famille «pauvre» doit dépenser plus de 50% de son revenu en besoins essentiels; les 50% qui restent pour les autres dépenses devraient théoriquement permettre à ces familles de conserver un niveau de vie dans un rapport fixe au niveau de vie moyen dans leur communauté. Par conséquent, on traite maintenant les SFR comme une mesure relative de la pauvreté, ce qui irrite les critiques qui pensent que les SFR ne devrait servir qu’aux besoins essentiels de survie.

Cependant, alors que la méthode utilisée pour déterminer les SFR n’est peut-être pas aussi convaincante aujourd’hui que dans les années 1950 et 1960, le CCDS continue de soutenir les SFR parce que les niveaux de revenu identifiés ressemblent de près aux niveaux de revenu qui sont approuvés par la majorité des Canadiens dans les sondages d’opinion publique. Et en fin de compte, le niveau où l’on définit les SFR est une décision politique basée sur la dimension d’inégalité que les Canadians sont prêts à accepter. Donc, même s’il risque d’être difficile de défendre la procédure statistique utilisée par Statistique Canada, il n’est pas si difficile de défendre les niveaux de revenu définis par les SFR. Contrairement à la méthode «d’une calorie au-dessus de la famine» apparemment adoptée par le Fraser Institute, les SFR définissent des niveaux de revenu qui ne tolèrent pas un niveau excessif ou punitif d’inégalité.

30 Pour le développement de cette approche, voir Trop peu : Définition et évaluation de la pauvreté au Canada (Ottawa : CCDS, 1984).

31 En plus des tentatives continuelles du Fraser Institute d’instituer une approche du panier à provisions, les chercheurs des gouvernements du Fédéral, des provinces et des territoires sont en train de développer La mesure du panier de consommation. Voir Le bulletin de la recherche, Automne-hiver 1998, produit par Développement des ressources humaines Canada (Ottawa : DRHC, pp. 1-4). En comparaison aux résultats des SFR, la mesure du panier de consommation aurait résulté en une réduction du taux de pauvreté en 1996, de 17% à 12%. Le Conseil national du bien-être s’est aussi engagé dans ce débat avec son rapport Une nouvelle mesure de pauvreté : oui, non, ou peut-être? (Ottawa : CNBE, 1999).

32 Depuis 1967, la firme de sondage d’opinion publique Gallup a occasionellement posé la question suivante : «En général, quel est le montant d’argent minimum que vous considérez qu’une famille a besoin chaque semaine pour s’en sortir dans cette communauté?» Dans chacune des 18 années depuis que cette question a été posée, la réponse médiane a suivi de très près le SFR correspondant (voir le graphique 28). La question n’a pas été posée en 1994, mais en interpolant entre les deux années les plus proches, nous estimons une valeur pour 1994 égale à un revenu annuel de 25 200 $.

33 C’est vrai que le gouvernement fédéral a élargi et rénové l’ancien Crédit d’impôt pour enfants avec l’annonce de la Prestation nationale pour enfants qui procure un gain net à certaines familles à faible revenu. Cependant les augmentations jusqu’à présent n’ont fait que ramener les familles à faible revenu en gros au niveau où elles étaient il y a 10 ans, étant donné que la prestation pour enfants – ancienne et nouvelle – n’est pas entièrement indexée à l’inflation. De plus, les familles à l’assistance sociale n’ont reçu aucune amélioration de revenu de la Prestation nationale pour enfants car un montant équivalent est déduit de leur chèque d’assistance, sauf dans deux provinces.

34 Voir les nouvelles données de l’Enquête sur la dynamique du travail et du revenu, publiée dans Le Quotidien, le vendredi 26 mars 1999.

35 David P. Ross, Paul Roberts et Katherine Scott, «Comment les enfants de parents seuls diffèrent-ils de l’ensemble des enfants» et «Comparaisons d’enfants de familles monoparentales : différences et similitudes», documents d’atelier préparés pour «Investir dans nos enfants : une conférence nationale sur la recherche» parrainée par Développement des ressources humaines Canada, 1998.

 

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