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Lettre ouverte

 

Logo CCDSLettre ouverte au très Honorable Paul Martin,
Premier ministre du Canada

 

Le 26 janvier 2005

Monsieur le Premier ministre,

Je vous écris alors que vous êtes en train d’apporter les dernières touches au prochain budget fédéral et en vue de votre réunion du 11 février avec les ministres provinciaux, deux événements qui sont cruciaux pour honorer la promesse faite par votre gouvernement de créer un système national de services de garde et d’éducation de la petite enfance au Canada.

Ces événements tombent à point pour vous donner une occasion idéale de conjuguer ce qui a fait défaut jusqu’à présent en ce qui concerne les services de garde au pays : l’argent et la volonté politique.

L’engagement pris par votre gouvernement d’allouer 5 milliards de dollars sur les prochains cinq ans représente un investissement important dans le but de transformer l’achalandage fragmenté des programmes actuels en un système intégré et efficace de services de garde et d’éducation de la petite enfance. Deux millions d’enfants canadiens de moins de six ans pourront commencer à en bénéficier si vous faites en sorte que les fonds soient déboursés tôt cette année.

Les quelque 650 représentants à la fois passionnés et pragmatiques des services de garde, que ce soient des professionnels du secteur, des activistes ou décideurs de politiques, qui ont assisté à la récente conférence du CCDS «Des services de garde pour tous» attendent eux aussi avec impatience que vous remplissiez votre promesse «d’accélérer la création d’un système national». Ils ont endossé avec enthousiasme les principes énoncés de qualité, d’universalité, d’accessibilité et de développement. Ils ont aussi fait preuve d’un soutien important en faveur du développement de services de haute qualité au sein d’un système qui serait financé par l’État et à but non lucratif.

Lors de notre conférence, le ministre du Développement social, Ken Dryden, a prononcé un discours d’ouverture inspirant et a redonné coeur aux participants en assistant à plusieurs des séances. Dans les mois qui ont suivi l’annonce de nouveaux fonds pour un système de services de garde, il s’est révélé un vrai champion de la cause. Nous avons maintenant mis nos espoirs en vous et M. Dryden pour offrir une vision unifiante et un soutien durable qui rendront réalisable un système de services de garde de qualité et abordable au Canada.

Comme vous le savez, une récente étude de l’OCDE n’a pas félicité le Canada sur son «système» de services de garde. En ce qui est de nos plus jeunes concitoyens, le Canada est loin d’être à la hauteur d’autres pays développés. Cette constatation n’a pas été une surprise pour les gens réunis à Winnipeg. Une étude après l’autre a montré qu’un système national intégré de services de garde et d’éducation de la petite enfance aiderait à redresser le problème de la pauvreté infantile qui afflige notre pays depuis trop longtemps. L’investissement dans un tel système serait même énormément rentable en permettant d’économiser deux dollars de dépenses à l’avenir pour chaque dollar investi maintenant. Malgré toutes ces raisons incontestables, cependant, le Canada semble paralysé dans un statu quo gaspilleur et préjudiciable.

Monsieur le Premier ministre, le gouvernement fédéral a maintenant un occasion en or de fournir cette vision unifiante et ce soutien qui peuvent enfin nous «débloquer».

Dans un rapport publié le mois dernier, le Comité permanent des Finances encourageait tous les paliers de gouvernement à coopérer pour financer et mettre en oeuvre des initiatives qui répondraient aux besoins des enfants. Le Comité faisait appel à «un système de services de garde national, accessible, abordable, de haute qualité, financé par l’État, réglementé par l’État et sans but lucratif». Les Canadiens s’attendent à ce genre d’effort coordonné pour le bien de nos enfants – et ils ne méritent pas moins.

Naturellement il y a de nombreuses questions à résoudre à mesure que les ministres du Fédéral, des provinces et des territoires progressent vers la création d’un tel service de garde. Sans aucun doute, il leur faudra faire preuve de flexibilité pour répondre aux préoccupations au sujet de l’inclusion et de la diversité. Mais il est impératif que le nouveau système ne soit pas fondé sur les lacunes de l’ancien. Nous devons être fermes dans notre résolution de créer une vision et des programmes qui servent cette génération et les générations à venir.

Il n’est pas nécessaire de repartir à zéro. Plusieurs provinces ont fait des progrès. Le Québec en particulier, a eu l’audace d’établir un système de services de garde universel, abordable et de qualité.

Nous vous engageons à coopérer avec tous les paliers de gouvernement afin:

  • de faire en sorte que nous passions de la fragmentation actuelle de services publics et privés à un système vraiment sans but lucratif. Des études ont prouvé que cette forme de services de garde est d’une qualité supérieure et plus accessible, et cela protégerait le système contre toute remise en question à l’avenir dans le cadre de l’ALÉNA par des intérêts commerciaux;
  • d’assurer un salaire décent et une formation professionnelle aux éducatrices de la petite enfance dans tout le pays. Ce n’est que dans ces conditions que nous pourrons avoir confiance que tous les enfants auront un départ de qualité dans la vie et que les besoins spéciaux seront pris en charge efficacement;
  • d’intégrer l’éducation de la petite enfance dans un large cadre de politique familiale;
  • de faire en sorte que les populations Autochtones prennent en charge le développement d’un système de services de garde et d’éducation de la petite enfance pour l’adapter à leurs réalités et leurs priorités culturelles;
  • de faire en sorte que le système soit inclusif et ouvert afin de répondre aux besoins divers de la population multiculturelle au Canada et des enfants avec des besoins spéciaux;
  • de créer un système d’évaluation et de reddition des comptes dans tout le pays.

Le développement d’un système de services de garde de qualité représente un investissement dans nos enfants, nos familles et notre avenir. C’est une vision qui peut transformer notre société, de la même façon que le développement de notre éducation publique et de notre régime universel de soins de santé ont transformé le Canada au cours du siècle dernier.

C’est une initiative que les Canadiens désirent laisser en héritage pour l’avenir – avec votre aide.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, mes sentiments les plus distingués.

Le président-directeur général,
Marcel Lauzière
Le président du Conseil,
Patrick Flanagan

c/c: L’Honorable Ken Dryden, ministre de Développement social Canada

Sous-site: Des services de garde pour tous


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