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Une nouvelle façon de penser ?
Vers une vision d'inclusion sociale

Jeter les bases de sociétés sans pauvreté, c'est possible, à la condition de «rêver logique»

Vivian Labrie, Collectif pour une loi sur l'élimination de la pauvreté

Avant de commencer je vais faire quelques mises au point.

Premièrement, le Collectif ne travaille pas spécifiquement sur la question de la pauvreté des enfants, une question, je crois, qui est à l'origine de ce colloque. Nous avons une approche globale, qui suppose que des enfants sont pauvres parce que leurs parents sont pauvres, et qui se situe essentiellement dans le grand courant de la Première décennie des Nations unies pour l'élimination de la pauvreté et de l'application de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Notre approche de la pauvreté est que la pauvreté est un empêchement à la réalisation effective de droits reconnus et indissociables, qu'elle a des causes systémiques, incluant celles qui causent la pauvreté plus grande des femmes, que les personnes en situation de pauvreté sont les premières à agir pour s'en sortir, et que c'est la responsabilité de toute la société d'agir pour développer des environnements sans pauvreté et sans exclusion. Ceci dit, je crois que je vais pouvoir faire des liens avec ce qui motive ce colloque.

Deuxièmement, le terme participation communautaire ne qualifie pas bien notre travail parce que le Collectif regroupe plus large que le secteur communautaire. Ce dont je vais vous parler, c'est d'une expérience de mobilisation et de vigilance citoyenne ininterrompue depuis 1997 qui a pour objectif de faire avancer l'idée de jeter en dix ans les bases d'un Québec sans pauvreté en y engageant les institutions politiques québécoises et la population à travers une loi fondée sur les droits qui encadrerait une stratégie globale visant l'élimination de la pauvreté. L'idée semblait hors de proportion en 1997. Mais quatre ans plus tard, elle est devenue un enjeu politique réel avec une proposition de loi en bonne et due forme à laquelle le gouvernement résiste, mais qui fait l'objet d'une adhésion croissante dans la société.

Troisièmement, je vais vous parler d'un processus en cours. Je ne pourrai que vous donner un état de la situation en novembre 2001, déjà différent de juin 2001, et qui évoluera encore dans les prochains mois. Pour le moment, nous en sommes à l'étape des doubles messages : ce que nous proposons est devenu une question incontournable… que le gouvernement tente de contourner d'une main en la saluant de l'autre.

Enfin, dans ma présentation, je vais essentiellement chercher à vous donner un aperçu de notre travail, de ses acquis et des enjeux, dans une perspective de mise en réseau des solidarités, car nous savons que notre action ne fait de sens que dans une perspective de mondialisation des solidarités. Je me propose d'aborder les points suivants.