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Répondre à la violence conjugale
Réseau national sur la violence conjugale envers les femmes immigrantes et des minorités visibles
Bulletin électronique No 2 – juillet 2005

Le Réseau national : mise à jour

«La diversité existe lorsque toutes les communautés, y compris celles qui sont traditionnellement exclues et tous les groupes désignés au sein des communautés, peuvent effectivement faire entendre leur voix sur les questions les concernant et peuvent prendre part de manière équitable aux structures décisionnaires qui déterminent leur vie».

Research toward equity in the professional life of immigrants: A study of nursing in the metropolis, par Collins, E. ; A. Calliste; U. Choudhry; J. Fudge; R. Hagey; et R. Lee (1998)

Dans ce deuxième numéro du bulletin électronique, nous faisons une mise à jour de la croissance de notre réseau, nous explorons le rôle de la violence conjugale par rapport au risque accru de se retrouver sans abri pour les femmes immigrantes et des minorités visibles, et nous partageons les meilleures pratiques d’un projet sur la sécurité de la famille musulmane. De plus, ce numéro met aussi en manchette un rapport de recherche sur les expériences des intervenantes de première ligne en maisons d’hébergement et présente un résumé d’information sur les ressources pertinentes, les projets et programmes pouvant intéresser les membres du réseau.

Mise à jour au sujet du Réseau :

Le réseau a maintenant 45 participants inscrits. On compte parmi nos membres des intervenantes de première ligne dans les maisons d’hébergement, des agences d’accueil des nouveaux immigrants, et des organismes à but non lucratif oeuvrant auprès de femmes immigrantes et des minorités visibles victimes de violence conjugale. Par le biais du forum de discussion électronique, nos participants partagent leurs expériences à partir de sept villes et six provinces. Jusqu’à présent, on a quatre principaux thèmes de discussion dans le forum, avec 32 sujets abordés et un total de 102 messages échangés entre les membres.

Pour vous joindre au Réseau ou au forum de discussion, il vous suffit d’aller à www.ccsd.ca/subsites/cd/forum.htm. Vous pouvez aussi envoyez un courriel à esmith@ccsd.ca, ou appeler Ekuwa Smith au (613) 236-5868, poste 231.

Chronique :

arrowCaractéristiques principales de l’expérience vécue par les femmes immigrantes et réfugiées qui sont sans abri par Ekuwa Smith

Jusqu’à présent, peu d’études ont examiné les liens entre la violence conjugale et le risque accru de se retrouver sans abri et en mauvaise santé, et encore moins d’études ont exploré la situation unique dans laquelle se trouvent les femmes immigrantes et réfugiées dans le cadre de cette problématique (Gaetz, 2004; CERA, 2002; Novac et al., 1996). Ce manque de connaissance sur le vécu des femmes immigrantes et réfugiées qui sont sans abri a par conséquent des répercussions sur nos compétences – ou manque de compétences – concernant des options de services efficaces et culturellement appropriés pour cette population doublement vulnérable.

Ci-dessous, j’expose certains des principaux éléments de ce problème.

Violence conjugale : clé pour expliquer l’itinérance

La violence conjugale a été identifiée comme un facteur contribuant de manière significative l’itinérance des femmes (Neal, 2004; CERA, 2002) et par conséquent, l’expérience de la violence conjugale est un facteur clé pour comprendre pourquoi des femmes immigrantes et des minorités visibles se retrouvent sans abri. Un rapport publié en 2004 par le Centre canadien de la statistique juridique stipulait que la forme de victimisation la plus fréquemment signalée était la violence aux mains d’un époux ou partenaire (62%), et les femmes représentaient 85% de ces victimes.

Dans les familles d’immigrants et de réfugiés au Canada, la violence conjugale aggrave les autres points vulnérables comme le manque de connaissance des langues officielles parmi les femmes, l’état de pauvreté, le manque d’emploi ou le sous-emploi, ainsi qu’une isolation sociale fréquente et ce que l’on appelle «l’impact du parrainage» (Smith, 2004). L’impact cumulatif sur la santé psychologique et physique des femmes peut être grave (Gaetz, 2004; Stewart et al., 2002). Tandis que la plupart des femmes immigrantes arrivent au Canada en bonne santé, beaucoup d’entre elles font face à un risque accru de mauvaise santé à cause du stress de leur installation ici et de difficultés financières (Stewart et al., 2002). Certainement, celles qui de plus sont victimes de violence conjugale font face à une série de problèmes de santé et elles courent davantage le risque de se retrouver sans abri (Novac et al., 1996).

Il est important de noter les conséquences du parrainage sur les relations conjugales. En tant que «parrain», un conjoint a le pouvoir et le contrôle sur les procédures initiales d’immigration, rendant leur partenaire – c’est le plus souvent la femme – très vulnérable aux manipulations de contrôle (Côté et al., 2001; NAWL, 2001). Depuis quelques temps déjà, des regroupements féministes ont sonné l’alarme au sujet des problèmes auxquels se trouvent confrontées les femmes dans une relation de parrainage. Par exemple, la Table Féministe francophone de concertation provinciale de l’Ontario a identifié le parrainage comme un élément clé des droits à l’égalité des femmes il y a de cela près de 15 ans (Côté et al., 2001), et pourtant il y a eu peu d’attention prêtée au problème. Dans cette étude, les auteures ont signalé qu’une situation de parrainage avait tendance à créer ou intensifier la dépendance et la vulnérabilité des femmes par rapport aux hommes. Même si bien évidemment ce ne sont pas toutes les familles en parrainage qui sont aux prises à la violence conjugale et l’abus, la relation de parrainage peut être une source de conflit, de tension, de coercition – et parfois aussi de violence abusive. Le B.C. Institute Against Family Violence a rapporté que les femmes immigrantes parrainées par leur mari sont particulièrement vulnérables à l’abus de pouvoir et à l’intimidation, en raison de la crainte de voir leur parrainage annulé (B.C. Institute, printemps 2004).

La pauvreté et les sans-abri

En plus de la violence conjugale, la pauvreté et le manque de logement abordable sont aussi des facteurs importants contribuant à l’itinérance des femmes (Callaghan et al., 2002; Buckland et al., 2001; Novac et al., 1996). L’érosion des salaires et les taux relativement élevés de pauvreté, associés à la hausse des loyers, ont créé une situation intenable pour beaucoup de femmes. Il y a également une concentration croissante de pauvreté à Toronto, lieu de résidence de nombreuses femmes immigrantes. Une étude récente menée par United Way a montré que Toronto a vu une augmentation considérable du nombre de «quartiers à pauvreté très élevée» au cours des 20 dernières années, les municipalités de North York et de Scarborough montrant les plus grandes augmentations – en étant passé de 7 à 36 quartiers à pauvreté très élevée, et de 4 à 26, respectivement (United Way of Greater Toronto, 2004). (N.B. : le terme «quartier à pauvreté très élevée» représente des quartiers avec des taux de pauvreté de 40% ou plus).

La taille de la population d’immigrants à Toronto est une des raisons principales des taux chroniques élevés de pauvreté. Près de la moitié de la population de Toronto est née à l’étranger et un tiers des immigrants récents au Canada (c’est-à-dire ceux qui sont arrivés dans les 10 dernières années) ont choisi de s’y installer. Le taux de pauvreté familiale parmi les immigrants récents dans la ville de Toronto est d’environ 45%, par rapport à un taux de pauvreté général de 19% pour la ville, et un taux national de 14,7%. Environ 30% des familles immigrantes et un tiers des familles appartenant à une minorité visible à Toronto vivent maintenant dans ces quartiers à pauvreté très élevée (United Way of Greater Toronto, 2004).

Les femmes ont en général des taux de pauvreté plus élevés, et les femmes immigrantes et des minorités visibles en particulier font face à des taux très élevés de pauvreté (Khosla, 2003). Les femmes de couleur, par exemple, sont plus susceptibles de se trouver isolées dans des communautés pauvres et racialisées (Khosla, 2003; CERA, 2002; Galabuzi, 2002). Les taux de pauvreté des femmes célibataires d’une ethnie racialisée à Toronto vont de 75% pour celles d’origine latino-américaine, à 48% pour les femmes Sud-asiatiques, et à 43% pour les femmes d’origine européenne (Khosla, 2003).

Les conséquences de cet écart économique croissant sont significatives – les gens s’efforcent de joindre les deux bouts avec des revenus piteux et le logement en particulier est devenu un problème crucial. Par exemple, alors que seulement 12,6% de tous les locataires payaient plus de 30% de leur revenu en 1991, c’était le cas de 43% de tous les ménages locataires à Toronto en 2001 (United Way of Greater Toronto, 2004). Le résultat est qu’il y a de plus en plus de sans-abri et c’est devenu un problème majeur pour la ville. Le dernier rapport Housing and Homelessness (le logement et les sans-abri) de la ville montre que 71 000 ménages étaient sur la liste d’attente municipale pour un logement social abordable en 2002, et que 31 985 individus sans-abri – y compris 4 779 enfants – étaient restés dans une maison d’hébergement au moins une fois dans l’année (City of Toronto, 2003).

Certaines statistiques récentes montrent que les femmes représentent une personne sur quatre vivant à la rue (Neal, 2004; CERA, 2002), mais des informations anecdotiques laissent entendre que ces chiffres ne sont pas représentatifs de la situation d’itinérance des femmes (Khosla, 2003; CERA, 2002). Beaucoup de femmes, surtout celles qui ont des enfants, typiquement se refusent à vivre dans la rue de crainte de perte la garde de leurs enfants. C’est certainement le cas des femmes immigrantes et réfugiées qui sont dans des relations abusives. Plusieurs femmes immigrantes vivant sous la menace de violence vont sacrifier d’autres nécessités vitales comme la nourriture, les vêtements et les besoins médicaux afin de payer leur loyer ou leur hypothèque. Celles qui s’enfuient de la violence ont tendance à aller habiter dans des logements surpeuplés avec d’autres membres de la famille ou des amis – et peut-être risquent de perdre la garde de leurs enfants à cause d’un logement inadéquat (Khosla, 2003; CERA, 2002). En fait, l’entassement extrême a été cité comme un problème urgent dans les discussions de quartier au sujet du logement pour les femmes de couleur (Khosla, 2003).

Les sans-abri et le risque accru de mauvaise santé

Il est bien connu que le logement a une influence centrale sur la vie des gens et c’est un facteur selon lequel les déterminants sociaux et économiques de la santé peuvent influencer la santé de la population (CIHI, 2004; Bryant, 2003). D’après une analyse approfondie de la documentation sur le logement, Bryant a remarqué que le besoin de logement est un prédicateur unique de mauvaise santé. Lorsque les gens doivent allouer des ressources considérables au logement, il leur reste moins de ressources pour d’autres déterminants clés de la santé, comme la nourriture et les ressources éducatives. De plus, le stress lié à l’insécurité du logement résulte en une augmentation de la morbidité et de la mortalité (Bryant, 2003). Dans plusieurs études, l’itinérance est clairement liée à une plus haute incidence de mauvais état de santé et de maladies (Bryant, 2002; Ambrosia et al., 1992; Kushner, 1998). La forte incidence de maladies chez les sans-abri est bien documentée : maladie mentale et toxicomanies, états médicaux chroniques, tuberculose et infection VIH, et les blessures sont des phénomènes courants dans la population des sans-abri (Cheung et Hwang, 2004).

Malheureusement, les sans-abri souvent ne reçoivent pas les soins de santé dont ils ont besoin pour traiter ces problèmes. C’est particulièrement vrai pour les membres des groupes racialisés (Galabuzi, 2002). La recherche commence aussi à confirmer les liens entre l’appartenance à une minorité, le sexe et le mauvais état de santé (Agnew, 2002 et Adams, 1995, cité dans Galabuzi et Labonte, 2002). Une étude a trouvé que l’itinérance augmente le risque de mauvaise santé pour les femmes, ce qui a un effet significatif sur leur taux de mortalité (Cheung et Hwang, 2004). Ceci indique que l’environnement social et les comportements de santé des femmes sans-abri sont particulièrement dangereux.

Manque de programmes et services

Les études montrent que les femmes immigrantes sont particulièrement vulnérables à des facteurs qui sont liés à un risque accru de se retrouver sans abri – des facteurs comme la pauvreté, les obstacles à l’indépendance économique, le manque de logements sûrs et abordables, l’isolement, et la violence familiale (Neal, 2004; Sherkin, 2004). Cette vulnérabilité extrême à se retrouver sans abri est aussi un sujet d’inquiétude quant aux conséquences de mauvaise santé parmi les femmes immigrantes et réfugiées (CIHI, 2004; Bryant, 2003; Khosla, 2003), mais les défis uniques qui se posent à elles n’ont pas été explorés en détail (Neal, 2004; Sherkin, 2004; Callaghan et al., 2002; et Novac et al., 1996). Dans un rapport sur les femmes qui s’identifiaient comme des sans-abri, Neal note qu’une bonne compréhension de la situation des femmes itinérantes aurait le potentiel de créer l’environnement nécessaire pour changer leurs circonstances (Neal, 2004).

Les études portent sur le vécu des femmes immigrantes et réfugiées sans-abri devrait mieux faire comprendre l’intersection des expériences personnelles, des structures socioculturelles, des structures systémiques et des caractéristiques démographiques. Ainsi, les études pourraient aider à assurer le développement d’approches plus efficaces pour répondre au risque accru de se retrouver sans abri à cause de violence conjugale, spécifiquement au sein des communautés de nouveaux immigrants et de réfugiés, et pourraient encourager le développement de services adéquats pour donner du soutien aux femmes confrontées à ce dilemme.

Les coupures aux programmes sociaux – particulièrement dans le domaine du logement – ont produit une pénurie de logements abordables, de longues listes d’attente pour des logements subventionnés et des services de soutien inadéquats aux maisons d’hébergement et de transition pour les femmes victimes de violence (Mosher et al., 2004; Neal, 2004; Bryant, 2003; Callaghan et al., 2002; Buckland et al., 2001). De plus, les femmes immigrantes et réfugiées, spécialement celles en suituation de parrainage, risquent de ne pas être familiarisées avec les lois au Canada et de ne pas être au courant du soutien social ou des services de santé qui pourraient leur être offerts (Mosher et al., 2004; Neal, 2004; Smith, 2004). Des conclusions clés d’une étude menée par le CCDS indiquent aussi que les femmes immigrantes et réfugiées sont moins susceptibles de dénoncer la violence conjugale ou d’avoir recours aux services de santé et de soutien disponibles (Smith, 2004). Afin de tendre la main à ces femmes en situation critique, il est essentiel d’avoir des services culturellement appropriés, y compris des services d’interprétation et un personnel qualifié (Mosher et al., 2004; Smith, 2004).

Avis

Le Conseil canadien de développement social, avec un soutien financier de l'Initiative nationale pour les sans-abri et de la Wellesly Health Foundation, a entrepris de mener deux projets d’étude centrés sur l’expérience d’itinérance des femmes immigrantes et réfugiées à Ottawa, Vancouver et Toronto. Les objectifs principaux de ces études sont de : mieux savoir comment des facteurs comme la violence conjugale et l’abus peuvent augmenter le risque de se retrouver sans abri parmi les femmes immigrantes et réfugiées; élargir notre compréhension des risques pour la santé associé avec l’itinérance; élargir nos connaissances des options de services pour cette population; et forger des réseaux parmi les fournisseurs de services afin d’aider à réduire les inégalités dans l’état de santé des femmes nouvellement immigrées et réfugiées.

Ces projets comprendront des interviews en tête-à-tête avec des femmes immigrantes et réfugiées qui sont actuellement sans abri, ainsi que des discussions de groupe avec des intervenantes de première ligne, une analyse documentaire et des interviews auprès d’informants clés.

Les résultats attendus de ces deux études sont ceux-ci : une meilleure connaissance des facteurs liés au risque encouru par les femmes immigrantes et réfugiées de se retrouver sans abri, et l’impact de ces facteurs sur leur santé et leur bien-être; l’engagement personnel de cette population vulnérable aux discussions sur ces sujets cruciaux; et une capacité améliorée dans les agences communautaires d’évaluer et de répondre adéquatement aux besoins et aux risques de santé qui auront été identifiés. De plus, grâce à la production de rapports d’étude accessibles sur ces projets, nous espérons accroître la capacité d’autres communautés d’entreprendre ce genre de recherche participative, encourager le développement d’un réseau de fournisseurs de services communautaires à Ottawa, dans le secteur sud-est de Toronto et à Vancouver, et présenter des constatations basées sur la recherche en vue d’appuyer le développement de politiques et de programmes novateurs dans ce domaine.

Pour des renseignements plus détaillés sur ces projets, ou pour y participer, veuillez contacter Ekuwa Smith au (613) 236-5868, poste 231, ou par courriel à esmith@ccsd.ca.

Références :
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  • Agnew, V. (2002). Gender, Migration and Citizenship Resources Project, Part II: A Literature Review and Bibliography on Health. Toronto: Centre for Feminist Research, York University.
  • Ambrosia, E.; D. Baker; C. Crowe; and K. Hardill (1992). The Street Health Report: A Study of the Health Status and Barriers to Health Care of Homeless Women and Men in the City of Toronto. Toronto: Street Health.
  • British Columbia Institute Against Family Violence (2004). Abuse in ethno-cultural and new Canadian communities. Newsletter, Spring 2004. www.bcifv.org/resources/newsletter/2004/spring/abuse.shtml
  • Bryant, T. (2003). The current state of housing in Canada as a social determinant of health. Options de politiques, Mars, 2003, Vol. 24, No. 3, pp 52-56. Montréal, Québec : Institut de recherche en politiques publiques.
  • Buckland, L.; A. Jackson; P. Roberts; and P. Smith. (2001). Structural and systemic factors contributing to homelessness in Canada: An analysis of research gaps and proposed research directions. Rapport préparé pour L'Initiative nationale pour les sans-abri. Ottawa : Conseil canadien de développement social.
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  • Centre canadien de la statistique juridique (2004). La violence familiale au Canada : un profil statistique. Ottawa : Statistique Canada.
  • Centre for Equality Rights in Accommodation (2002). Homelessness in Ontario: The case for a needs-based shelter supplement. Toronto: Centre for Equality Rights in Accommodation. www.equalityrights.org/cera/docs/shelter.html
  • Institut canadien d'information sur la santé (juin 2004). Le logement et la santé de la population : L’état des connaissances scientifiques actuelles. Ottawa : Initiative sur la santé de la population canadienne, Institut canadien d'information sur la santé (ICIS).
  • Cheung, A.M. and S.W. Hwang (2004). “Risk of death among homeless women: A cohort study and review of literature,” in Canadian Medical Association Journal, Vol. 170(8), pp. 1243-7.
  • Ville de Toronto (2003). The Toronto report card on housing and homelessness. Toronto: Ville de Toronto. http://www.city.toronto.on.ca/homelessness/index.htm
  • Côté, A.; M. Kérisit; et M. Côté (mars 2001). Qui prend pays...L'impact du parrainage sur les droits à l'égalité des femmes immigrantes. Ottawa : Condition fémine Canada.
  • Gaetz, S. (2004). Understanding research on homelessness in Toronto: A literature review. Toronto: York University.
  • Galabuzi, G. (2002). “Social Exclusion,” Exposé présenté lors de la Conférence sur les déterminants sociaux de la santé pendant toute la durée de vie, Toronto, Novembre 2002.
  • Galabuzi, G. and R. Labonte (2002). “Social Inclusion as a Determinant of Health,” Résumé des exposés présentés lors de la Conférence sur les déterminants sociaux de la santé pendant toute la durée de vie, Toronto, Novembre 2002. www.hc-sc.gc.ca/hppb/phdd/overview_implications/03_inclusion.html
  • Khosla, P. (2003). If low income women of colour counted in Toronto. Toronto: The Community Social Planning Council of Toronto.
  • Kushner, C. (1998). Better Access, Better Care. A Research Paper on Health Services and Homelessness in Toronto. Toronto: Mayor’s Homelessness Action Task Force, Ville de Toronto.
  • Mosher, J.; P. Evans; and M. Little (2004). Walking on Eggshells: Abused women’s experiences of Ontario’s welfare system. Toronto: York University.
  • Association nationale de la femme et du droit (ANFD) (2001). Mémoire concernant le projet de loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (projet de loi C-11), soumis par l’ANFD au Comité permanent sur la Citoyenneté et l’Immigration. http://www.nawl.ca/brief-immig.htm
  • Neal, R. (2004). Voices: Women, poverty and homelessness in Canada. Ottawa : Organisation nationale anti-pauvreté.
  • Novac, S.; J. Brown; et C. Bourbonnais (1996). Elles ont besoin de toits. Ottawa : Société canadienne d'hypothèques et de logement.
  • Sherkin, S. (2004). “Community-based research on immigrant women: Contributions and Challenges,” Exposé présenté à la 7e Conférence nationale du « Metropolis », Montréal, Mars 2004.
  • Smith, E. (2004). Nulle part où aller?: Répondre à la violence conjugale envers les femmes immigrantes et des minorités visibles. Ottawa : Conseil canadien de développement social.
  • Statistique Canada (2003). Portrait ethnoculturel du Canada : une mosaïque en évolution. Ottawa : Statistique Canada, Recensement de 2001, série «Analyses».
  • Stewart, D.; A. Cheung; L. Ferris; I. Hyman; M. Cohen; and J. Williams (2002). Ontario Women’s Health Status Report. Toronto: Ontario Women’s Health Council.
  • United Way of Greater Toronto et Conseil canadien de développement social (2004). Poverty by Postal Code. Toronto: United Way of Greater Toronto.

Meilleure pratique :

arrowLe projet sur la sécurité de la famille musulmane

Une approche de développement communautaire collaborative pour faire face à la violence envers les femmes par Mohammed Baobaid, coordinateur du projet et Yasmin Hussain, auxiliaire du projet Le projet en cours résulte de recommandations faites dans une étude publiée par l’auteur en 2001 qui identifiait les multiples obstacles qui empêchaient les femmes de la communauté musulmane d’utiliser pleinement les services pour femmes victimes de violence à London, Ontario.

Le projet sur la sécurité de la famille musulmane (Muslim Family Safety Project) est une initiative de développement communautaire. Notre objectif principal est de promouvoir le développement de services appropriés du point de vue religieux et culturel afin d’assurer la sécurité des femmes musulmanes et de leurs enfants qui sont victimes de violence familiale. Pour y parvenir, nous cherchons à faire mieux prendre conscience de ce problème au sein de la communauté musulmane locale, et de développer des soutiens et des stratégies de prévention et d’intervention culturellement et religieusement appropriées afin de répondre aux besoins des femmes et des familles musulmanes affectées par la violence envers les femmes. Tant des stratégies de prévention que d’intervention sont nécessaires pour répondre globalement au problème de la violence envers les femmes.

Trois principes directeurs guident l’approche du projet sur la sécurité de la famille musulmane. Une approche globale de développement communautaire sur cette question exige : un cadre d’action collaboratif et participatif; l’inclusion d’hommes dans les activités du projet; et l’intégration de valeurs et de perspectives religieuses et culturelles. Ces trois principes directeurs nous aident à bâtir un réseau de partenariats en vue de développer des stratégies efficaces, ils reflètent l’importance des expériences, des valeurs, des perspectives et des préoccupations de la communauté musulmane, et ils engagent activement les membres et les organismes de la communauté dans cette démarche. Avec des occasions continuelles de dialogue et de participation, le projet sur la sécurité de la famille musulmane encourage la prise en charge par la communauté des objectifs et des activités du projet, et appuie un environnement proactif qui reconnaît l’abus envers les femmes comme une responsabilité de la communauté.

En un an à peine, le projet sur la sécurité de la famille musulmane a déjà accompli quelques réussites importantes. Le projet a été officiellement lancé le 8 février 2004 à la Mosquée London Oxford, avec la participation des membres de la communauté musulmane et de représentants d’agences locales contre la violence. Au cours de l’année, un Comité consultatif du projet a été établi avec de multiples intervenants; il y a eu des activités d’éducation au sein de la communauté musulmane, y compris des présentations publiques, des sermons le vendredi, et des ateliers; des articles sur l’abus envers les femmes et la violence familiale ont aussi été publiés dans des journaux arabes locaux et dans les bulletins de nouvelles des deux mosquées locales. De plus, un atelier d’une journée entière a été organisé en juin 2004, qui a rassemblé des membres de la communauté musulmane locale avec des fournisseurs de services locaux afin d’échanger leurs connaissances et perspectives sur l’abus envers les femmes et de développer un plan stratégique pour les prochaines activités du projet.

Nous centrons actuellement nos efforts à bâtir la capacité tant dans le secteur de services que dans la communauté musulmane pour appuyer le développement de méthodes de soutien et de services appropriés et responsifs. Nous allons organiser des ateliers et des stages de formation pour les agences locales de services afin de développer la compétence culturelle dans la prestation de services et de nouer des liens avec les femmes et les familles musulmanes. Nous espérons également former des membres de la communauté musulmane pour jouer un rôle de défense des droits et de soutien communautaire afin de faire face au problème de l’abus envers les femmes et de faire partie d’un système de soutien pour les familles passant par une crise.

L’une de nos priorités immédiates consiste à établir un service de soutien à la famille dans la Mosquée London Oxford afin de répondre aux besoins actuels et de fournir des ressources et du soutien aux individus et aux familles. Éventuellement, nous espérons que le projet sur la sécurité de la famille musulmane servira de noyau organisateur de soutien et de programmes pour une multitude de sujets touchant à la famille au sein de la communauté musulmane. En collaboration avec d’autres organismes locaux, comme Changing Ways, Family Service London, Child Reach, et la Children’s Aid Society, nous espérons offrir des programmes et des services – comme des ateliers sur le rôle parental, des groupes de jeux mère-enfant, du counselling individuel et familial, et des groupes de discussion éducatifs pour les hommes – qui aideront à bâtir la capacité des familles et à promouvoir des relations familiales saines. Nous développons présentement des protocoles et des principes directeurs pour une structure collaborative de communications et de prestation de services.

Une autre étape importante dans l’élaboration de services pour les femmes et les familles dans ka communauté musulmane consiste à fournir un cadre de réponse accessible pour venir en aide aux familles en situation d’urgence. Sans compromettre la sécurité des femmes et des enfants à risque d’abus, nous avons pour objectif d’utiliser l’expertise des fournisseurs de services locaux et les connaissances et ressources du projet sur la sécurité de la famille musulmane en vue de développer un mécanisme d’intervention qui inclue les membres de la famille pour articuler des stratégies de changement. En plus, le mécanisme de réponse développé résultera en un système de soutien plus intégré grâce à des procédures à plus long terme, afin de vraiment collaborer avec les familles pour assurer des relations familiales plus harmonieuses.

À mesure que le projet sur la sécurité de la famille musulmane continue de grandir, et que les membres de la communauté commencent à chercher des programmes et des services directs, nous sommes très conscients de la nécessité d’élargir et de renforcer nos travaux de prévention et d’intervention, et de continuer à travailler en collaboration et de manière créative avec d’autres agences communautaires afin de fournir aux membres de la communauté musulmane les soutiens appropriés de réponse à leurs besoins en milieu communautaire. Pour davantage d’information sur ce projet, veuillez contacter Mohammed Baobaid à mbaobaid@changingways.on.ca.

Points saillants de la recherche

arrowExpériences des intervenantes de première ligne dans les maisons d’hébergement qui dispensent des services aux femmes immigrantes affectées par la violence conjugale par Angie Aarora

Après avoir travaillé dans deux maisons d’hébergement pour les femmes victimes de violence et leurs enfants, j’ai remarqué qu’on ne répondait pas de manière effective aux besoins des femmes immigrantes, et la documentation de la recherche au cours des 10 dernières années indique que les femmes immigrantes qui ont été victimes de violence ont de la difficulté à avoir recours aux services sociaux et communautaires. Il s’est produit l’occasion de mener une étude dans ce domaine, en affiliation avec le programme de maîtrise en travail social de l’Université York.

Le but de la recherche était d’explorer les expériences des intervenantes de première ligne dans les maisons d’hébergement qui donnent du soutien aux femmes immigrantes affectées par la violence conjugale. Des interviews semi structurées ont été conduites auprès de quatre intervenantes de première ligne en maison d’hébergement pour les femmes victimes de violence et leurs enfants dans la région Sud de l’Ontario. La formation et les expériences des participantes ont été explorées, et on a demandé aux intervenantes de faire leurs propres recommandations en vue d’améliorer la prestation de services aux femmes immigrantes en maisons d’hébergement.

Les conclusions de l’étude indiquent qu’il y a toujours des problèmes dans la prestation de services visant à donner du soutien aux femmes immigrantes dans les maisons d’hébergement. Voici un résumé des principales conclusions :

  • Manque de formation suffisante : aucune des participantes n’avait reçu une formation spécifique pour les aider à intervenir plus efficacement auprès des femmes immigrantes.

  • Obstacles de langue : «J’ai entendu des collègues dire qu’elles trouvaient trop stressant de parler avec des femmes immigrantes parce qu’elles ne pouvaient pas comprendre ce qu’elles disaient». (Jan, participante à l’étude)

    1. Perte du contexte culturel par l’utilisation d’interprètes.
    2. Les femmes pourraient se confier différemment avec la présence d’interprètes.
    3. Les intervenantes risquent de mal comprendre le ton de voix d’une femme.
    4. On se sert souvent des enfants comme interprètes, ce qui les place dans une situation compromettante.
    5. Les obstacles de la langue isolent les femmes les unes des autres dans les maisons d’hébergement.

  • Obstacles culturels : Seulement environ 3% des équipes en maisons d’hébergement incluent des femmes immigrantes. Par conséquent, la majorité des intervenantes en maisons d’hébergement n’ont aucune compréhension des traditions et moeurs culturelles des femmes immigrantes qui cherchent du secours. Ce manque de compréhension peut poser un obstacle à fournir un soutien efficace et pertinent aux femmes immigrantes qui ont recours aux maisons d’hébergement.

  • L’ajustement aux normes de canadiennes de counselling : «Nous nous comportons en fonction de notre perspective de société canadienne sur ce que le counselling devrait être, et nous nous attendons à ce qu’elles réagissent conformément à ce que nous jugeons approprié». (Lee, participante à l’étude). Cela a pour conséquence que les intervenantes des maisons d’hébergement et les femmes immigrantes entrent dans une relation de counselling avec des perspectives très différentes.

Les participantes ont discuté de plusieurs recommandations, y compris le besoin de soutien individuel et des réseaux plus grands de maisons d’hébergement qui permettraient de mieux desservir les femmes immigrantes. En ce qui concerne les maisons d’hébergement, on a identifié nettement la nécessité : d’avoir un personnel diversifié; de formation du personnel dans divers domaines (comme la Loi sur l’immigration, l’impact de la violence conjugale sur les femmes immigrantes, etc.); et de créer des installations sur place pour mieux venir en aide aux femmes immigrantes (par exemple, un espace réservé aux rites religieux ou spirituels). Pour voir une description complète des recommandations, veuillez consulter le rapport d’étude ci-dessous.

Dans les six mois depuis la fin de l’étude, j’ai fait un travail d’approche avec diverses maisons d’hébergement dans le sud de l’Ontario afin de disséminer les résultats de l’étude et de faire comprendre la nécessité d’un changement significatif. Malheureusement, je n’ai reçu que peu de réponses de maisons d’hébergement qui seraient intéressées à en savoir davantage sur cette étude, ce qui est décevant puisque les messages importants des participantes ne peuvent être partagés ou discutés. Lorsque j’ai parlé aux participantes de l’étude, je me suis rendue compte de leur frustration du fait qu’on pouvait discuter de tous les changements imaginables, mais que rien ne pourrait s’accomplir sans la participation active des maisons d’hébergement; six mois plus tard, j’arrive à mieux comprendre leurs frustrations.

Après avoir parlé et appris auprès des participantes à l’étude, j’ai examiné à nouveau ma question initiale : pourquoi y a-t-il encore des obstacles pour les femmes immigrantes qui ont recours aux services des maisons d’hébergement? La réponse n’est pas aussi simple que je l’avais tout d’abord pensé. Même si les intervenantes individuelles peuvent faire des changements dans le cadre de leur travail quotidien, un changement significatif ne se produira pas à moins que les maisons d’hébergement pour les femmes et les enfants victimes de violence ne prennent un engagement d’investir dans le bien-être des femmes marginalisées.

Pour recevoir une copie intégrale de l’étude, veuillez contacter Angie à angiea@womanabuse.ca.

Ressources :

Best Practice Guidelines: Pour consulter ce document de Women Abuse Council of Toronto, allez à : http://www.womanabuse.ca/publications.html Si vous avez du mal à télécharger le document, ou si vous désirez des informations supplémentaires, veuillez contacter Angie à angiea@womanabuse.ca .

Deborah Sinclair et son étude sur les réactions négatives : Une trousse pour les agences communautaires explique la compétence culturelle. Disponible en ligne à http://www.durhamresponsetowomanabuse.com/.

Projets et programmes :

The Council of Agencies Serving South Asians (CASSA) coordonne actuellement un projet de trois ans visant à développer une coalition de fournisseurs de service qui donnent du soutien aux femmes Sud-asiatiques et leur famille qui ont souffert de violence conjugale.

La mission de la coalition est de développer un modèle de dispensaire de services qui soit culturellement et linguistiquement intégré, coordonné et répondant aux besoins, pour offrir une intervention préventive et après l’urgence, ainsi que du soutien, y compris la réhabilitation et un système de suivi, pour la communauté Sud-asiatique de l’agglomération de Toronto.

Les objectifs de ce projet sont de :

  • Développer une coalition formelle de services parmi les agences partenaires;
  • Développer des pratiques répondant aux besoins dans la prestation de services
  • Mener des séances de formation pour les membres de la coalition;
  • Mener une évaluation de façon suivie;
  • Créer un «Manuel pour la coalition de services» comme outil de référence pour cette communauté et d’autres;
  • Organiser une conférence autour du lancement du manuel et partager les expériences avec d’autres intervenantes du secteur afin de prévenir la violence envers les femmes.

Pour davantage d’information sur ce projet innovateur, veuillez contacter Angie, la coordinatrice du projet, au (416) 979-8611, poste 4308, ou par courriel à aarora@cassa.on.ca.


Le Conseil canadien de développement social (CCDS) va mener deux études portant sur les expériences vécues par les femmes immigrantes et des minorités visibles qui se retrouvent sans abri. Ces études auront la collaboration de participantes à la recherche dans trois villes – Toronto, Ottawa et Vancouver. Pour d’autres informations plus détaillées ou pour participer à ces études, veuillez contacter Ekuwa Smith au (613) 236-5868, poste231, ou par courriel à esmith@ccsd.ca.

Si vous avez des questions ou des commentaires au sujet de ce bulletin électronique, ou au sujet du Programme sur la diversité culturelle du CCDS, veuillez les nous les adresser par courrier électronique à esmith@ccsd.ca.

Vous êtes aussi bienvenus à nous soumettre des lettres, des articles, ou toute autre information pour inclure dans notre prochain bulletin électronique. Nous nous réservons le droit d’apporter des révisions aux soumissions.

Éditorialistes de ce bulletin électronique :
Ekuwa Smith, PhD, Ottawa
Beryl Tsang, PhD, Toronto
Shamin Sanyani, Calgary
Fatima Jaffer, Vancouver

Veuillez tenir compte que les opinions exprimées dans ce bulletin sont celles des auteurs et ne reflétent pas nécessairement la position ou les politiquesdu Conseil canadien de développement social.

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