CONSEIL CANADIEN DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL
Sauter les liens de navigation
Logo du CCDS Photo de deux jeunes femmes Photo d'une famille Photo d'Anna et son amie Photo d'Emily Photo de Grand-père et Adam
Recherche :

Les enfants et les jeunes avec des besoins spéciaux

En résumé

Ce rapport fournit deux nouveaux volets importants de recherche pour notre compréhension des enfants qui ont des besoins spéciaux. L’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) fournit une mine d’information concernant la situation des enfants et des jeunes au Canada, mais jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’examen des enfants avec des besoins spéciaux dans le cadre de cette base de données. Ce rapport en donne un aperçu général. De plus, le rapport présente les perceptions et les expériences des fournisseurs de services et de ceux qui élaborent des politiques qui affectent les enfants et les jeunes avec des besoins spéciaux. On a exploré la pertinence du secteur de services au moyen d’une enquête auprès des agences communautaires au Canada, ainsi que des organismes provinciaux et nationaux.

L’analyse des données de l’ELNEJ donne un aperçu général de la proportion et du nombre d’enfants qui ont des besoins spéciaux – définis en tant qu’enfants qui vivent avec une limitation d’activité, des difficultés d’apprentissage, un handicap physique et les enfants qui vivent avec certaines conditions chroniques ( physiques et affectives). À l’aide de ces données, on a établi un indice de «besoins spéciaux» et on a examiné deux questions importantes :

1. Quel est le rapport entre les déterminants de la santé et les enfants avec des besoins spéciaux?

2. Quelle est l’expérience vécue par les enfants avec des besoins spéciaux en ce qui a trait à l’inclusion sociale et comment participent-ils à divers aspects de la vie et de la société?

Selon cet indice, les données montrent qu’environ 21% des enfants de 6 à 11 ans étaient classifiés comme ayant des besoins spéciaux en 1994. Environ 14% des enfants de 6 à 11 ans étaient classifiés avec un besoin spécial, 4,5% avec deux besoins spéciaux et 2,6% avec trois besoins spéciaux ou plus.

Selon cette définition des enfants et des jeunes avec des besoins spéciaux, il semblerait qu’une partie de ces enfants et de ces jeunes ont un plus grand risque de vivre sans un certain nombre de conditions nécessaires à leur épanouissement optimal et ils ne sont pas intégrés et inclus socialement et scolairement au même niveau que les autres enfants. Tandis que ces différences sont moindres dans plusieurs cas, elles réapparaissent dans pratiquement toutes les variables.

Il est encourageant de constater que les enfants avec des besoins spéciaux indiquent qu’ils ont beaucoup d’amis et qu’ils passent du temps avec leurs amis. La majorité des enfants avec des besoins spéciaux ressentent que la plupart des enfants les aiment bien. Cependant il est troublant de remarquer que les enfants avec des besoins spéciaux ont quand même une expérience moins positive à socialiser avec les autres enfants que ceux sans besoins spéciaux et cela à une étape cruciale de leur développement social.

L’expérience à l’école des enfants et des jeunes avec des besoins spéciaux est systématiquement moins positive qu’elle ne l’est pour les autres enfants sans besoins spéciaux. Ils ont plus souvent des absences de l’école, ils changent d’école plus fréquemment, ils se perçoivent avec une moins bonne réussite scolaire (ainsi que leurs parents), ils sont moins positifs au sujet de l’école et ils ont légèrement moins tendance à vouloir aller à l’école. Encore une fois, même si ces différences ne sont pas grandes, elles vont systématiquement dans la même direction. Du bon côté, à l’école ils sont plus susceptibles de recevoir une aide supplémentaire et une éducation spéciale. Il est impossible à partir de ces données de déterminer si le montant d’aide qu’ils reçoivent est suffisant.

La deuxième partie de ce rapport repose sur une enquête auprès des agences communautaires, menée par le Conseil canadien de développement social. L’objectif de cette enquête était de comprendre la capacité des organismes communautaires à répondre aux besoins des enfants et des jeunes avec des besoins spéciaux. Aux fins de l’enquête, on a défini ainsi les enfants et les jeunes avec des besoins spéciaux : les enfants et les jeunes physiquement handicapés; les enfants et les jeunes avec des problèmes de santé physique chroniques; les enfants et les jeunes avec des troubles affectifs; les enfants et les jeunes avec des handicaps développementaux; et les enfants et les jeunes avec des difficultés d’apprentissage. Cette définition correspondait à l’analyse des données de l’ELNEJ. Il y a eu 112 répondants à l’enquête du CCDS, soit un taux de réponse de 56%.

Selon cette enquête, on ne répond pas suffisamment bien aux besoins des enfants et des jeunes avec des besoins spéciaux. Il y a beaucoup d’obstacles pour fournir des services à ces enfants et leur famille. Certains obstacles font partie des caractéristiques des services mêmes, comme l’insuffisance de financement; d’autres correspondent à des problèmes auxquels font face les familles, comme le manque de ressources financières et l’incapacité de fournir du soutien. D’autres obstacles encore viennent de la communauté en général, comme l’attitude du public et de certains professionnels. Il y a des éléments physiques qui empêchent encore les enfants d’avoir accès aux services, comme l’inaccessibilité physique des installations et le manque de transports.

Pour conclure, ce rapport met en évidence le fait qu’il y a un nombre substantiel d’enfants au Canada qui ont des besoins spéciaux. Nous avons constaté que ces enfants font face à plusieurs défis au sein du contexte social et économique de leur vie. De plus, ils courent le risque d'être exclus d’un certain nombre d’occasions que la majorité des enfants canadiens considèrent pour acquises. Cela est aggravé par le fait que les enfants et les jeunes avec des besoins spéciaux ne reçoivent pas les services adéquats et qu’il y a de nombreux obstacles à ces services pour les enfants et leur famille. Alors que l’article 23 de la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant reconnaît que les enfants handicapés ont le droit de vivre pleinement et décemment, cette recherche indique que ce ne sont pas tous les enfants avec des besoins spéciaux qui peuvent profiter pleinement de cette occasion.


Le Conseil canadien de développement social
190, rue O'Connor, Suite 100 Ottawa, Ontario, Canada K2P 2R3
Tél : 613-236-8977; Fax : 613-236-2750; Courriel : conseil@ccsd.ca