CONSEIL CANADIEN DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL
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FAITS SAILLANTS

 

L'emploi est la meilleure protection contre la pauvreté pour les personnes handicapées. Occuper un emploi peut également être très important pour l'estime de soi, et cela contribue à la pleine jouissance de tous les droits de citoyen. Cependant, les femmes handicapées se heurtent souvent à des obstacles à l'emploi qui leur sont propres.

Vaincre les obstacles combine des témoignages personnels de femmes handicapées en Ontarioet des données statistiques pour présenter une évaluation nouvelle de certaines difficultés auxquelles elles peuvent faire face sur le marché du travail.

Qui sont les femmes handicapées?

  • En 1995, plus d'un demi-million de femmes adultes en Ontario étaient handicapées et environ 59% d'entre elles étaient en âge de travailler (15 à 64 ans).

  • Parmi les femmes handicapées en âge de travailler, 13% vivent seules et 10% sont chefs de famille monoparentale.

  • Seulement 8% des femmes handicapées en Ontario qui avaient travaillé à plein temps toute l'année en 1995 étaient pauvres, par rapport à 40% des femmes handicapées qui n'avaient pas d'emploi.

Le quotidien des femmes handicapées

  • Parmi tous les groupes, c'est chez les femmes handicapées que le taux de stress chronique est le plus élevé. Les mères seules handicapées connaissent les niveaux de stress les plus élevés.

  • Plus de la moitié des Canadiennes handicapées en âge de travailler consacrent au moins 15 heures par semaine aux travaux ménagers. Chez les mères seules handicapées, ce pourcentage s'approche de 80%.

    «Je fais tout mon travail ménager, mais ça me prend dix fois plus de temps depuis que je suis en fauteuil roulant».

  • Moins de trois femmes handicapées sur dix reçoivent de l'aide pour la préparation des repas, par rapport à plus de sept hommes handicapés sur dix.

  • Plus d'une mère monoparentale handicapée sur trois manque d'argent pour acheter de la nourriture au moins une fois par année.

  • Environ une femme handicapée sur dix qui a un emploi stable toute l'année manque d'argent au moins une fois par année pour acheter de la nourriture, par rapport à près de deux femmes handicapées sur dix qui n'ont pas d'emploi.

    «Toutes ces coupures sont inquiétantes. Je suis une mère seule. Je ne veux pas que mes enfants aient faim ni qu'ils vivent dans une boîte de carton».

  • Les différences linguistiques et culturelles peuvent empêcher certaines femmes handicapées Franco-Ontariennes ou faisant partie d'une minorité ethno-raciale d'avoir accès à des services qui pourraient les aider.

Comment s'en sortent les femmes handicapées sur le marché du travail?

  • Les femmes handicapées sont beaucoup moins susceptibles d'occuper ou de chercher un emploi que les femmes non handicapées. Tout au long de 1993 et de 1994, moins de la moitié des femmes handicapées en âge de travailler étaient sur le marché du travail, par rapport à 85% des femmes non handicapées.

  • Près de sept femmes handicapées sur dix qui ont occupé un emploi à un certain moment en 1993 et en 1994 ont soit quitté le marché du travail ou se sont involontairement trouvées sans emploi pendant un certain temps. Chez les femmes non handicapées, seulement deux sur dix ont vécu ce genre d'instabilité de travail.

  • En 1994, environ 38% des femmes handicapées qui avaient occupé un emploi toute l'année - à plein temps ou à temps partiel - figuraient parmi les 20% au bas de l'échelle de tous les salariés.

 

Obstacles au marché du travail

La réalité quotidienne des femmes handicapées présente des obstacles particuliers

Beaucoup d'obstacles à l'emploi sont les mêmes pour les femmes handicapées et les hommes handicapés. Cependant, comme la réalité quotidienne des femmes est souvent différente de celle des hommes, elles peuvent aussi se heurter à des obstacles qui leur sont propres, par exemple :

  • Les femmes handicapées sont plus susceptibles que les hommes handicapés d'être chefs de famille monoparentale.

    «Je fais du bénévolat plusieurs jours par semaine. J'aimerais toucher un salaire, mais comme je vis du RPC, je ne peux gagner qu'une certaine somme, sinon mes prestations seront coupées. Je suis une mère seule de trois enfants. Pour moi, je pourrais risquer de perdre mon revenu, mais il n'y a pas que moi en jeu. Je ne peux pas exposer mes enfants à un risque comme celui-là. Je suis prise au piège».

  • Même si bien des femmes handicapées sont responsables d'une importante portion du revenu de leur ménage, elles risquent d'avoir moins de possibilités que les hommes de trouver un emploi stable et bien rémunéré.

  • Par rapport aux hommes handicapés, les femmes ont moins tendance à avoir de l'aide pour les tâches ménagères. Pourtant, l'expérience montre que recevoir de l'aide peut aider les femmes handicapées à obtenir un emploi et à le conserver.

    «Je travaille à plein temps depuis 20 ans. Mon incapacité m'a rendue admissible à une aide rémunérée pour les travaux ménagers. Si je suis capable de travailler, c'est parce que j'ai du temps et de l'énergie».

  • Les femmes handicapées ont plus tendance que les hommes handicapés à invoquer leurs responsabilités familiales comme raison principale de ne pas être dans la main d'oeuvre. La difficulté à trouver des services de garde d'enfants accessibles et abordables peut constituer un obstacle important pour les mères handicapées.

    «Je ne peux pas utiliser Wheel Trans pour amener mon fils à la garderie - dont l'horaire est si rigide qu'il ne s'adapterait pas à mon propre horaire».

Programmes de soutien du revenu rigides

Les programmes de soutien du revenu, comme l'assitance sociale et les pensions d'invalidité, peuvent piéger les femmes et les hommes handicapés. Certains programmes ont des règlements qui éliminent ou réduisent les avantages, comme le financement des médicaments et de l'aide à domicile, lorsqu'un bénéficiaire trouve un emploi. Cela rend difficile aux femmes handicapées de renoncer à ces programmes de soutien du revenu, même lorsque le montant mensuel de leur prestation est peu élevé. Les mères seules handicapées se heurtent à ces obstacles plus que quiconque.

«Ils ne comprennent pas pourquoi on n'accepte pas le salaire minimum. Lorsqu'on obtient un emploi, on perd le plus gros ou la totalité des prestations. On n'a plus droit à la carte d'assurance-médicaments. On peut devoir dépenser une portion importante de son salaire en médicaments pour pouvoir tenir le coup».

Beaucoup de femmes handicapées ont dit avoir eu du mal à réintégrer un programme de prestations après avoir perdu leur emploi ou parce qu'elles étaient incapables de continuer à travailler après un changement dans leur état de santé.

«C'est un cercle vicieux. Si on obtient un emploi et si on tombe malade, on se demande : "Vais-je ravoir ma pension d'invalidité?"».

Soutiens personnels et sociaux insuffisants

Des soutiens personnels insuffisants peuvent également empêcher les femmes handicapées de chercher un emploi.

«J'ai dû me battre afin d'avoir de l'aide à domicile deux fois par semaine pour m'aider à prendre mon bain. Pouvez-vous imaginer ce que c'est que de se présenter à une entrevue d'emploi après quelques jours sans bain?».

Certaines femmes handicapées connaissent l'isolement. Autant l'aide d'un conjoint, d'un membre de la famille, d'un frère, d'une sœur, d'amis ou d'un groupe de soutien peut stimuler la confiance en soi des femmes handicapées, l'isolement est un obstacle sur le marché du travail. Un système de soutien peut également procurer aux femmes des relations utiles pour les informer des possibilités de formation et d'emploi.

Attitudes négatives des gens

Tant les femmes que les hommes handicapés citent les attitudes négatives à leur égard comme les obstacles les plus puissants à l'emploi. Bien des personnes estiment que s'il était possible de modifier ces attitudes négatives, beaucoup d'obstacles concrets seraient alors plus évidents et davantage d'efforts seraient faits pour les éliminer. Il faut regarder au-delà des incapacités pour trouver les capacités.

«Les gens voient mon incapacité et entendent la façon dont je m'exprime. Je ne peux pas laisser cela dans la salle d'attente lorsque je me présente à une entrevue».

Les femmes handicapées faisant partie d'une minorité ethno-raciale disent qu'il est difficile de savoir si la discrimination dont elles sont victimes est attribuable à leur incapacité, à leur sexe, à leur race - ou à ces trois facteurs.

Que pouvons-nous faire?

Les gouvernements, les employeurs et les groupes communautaires peuvent tous contribuer à changer les choses. Notamment, ils peuvent :

  • s'assurer que des aides et des services pour les personnes handicapées sont accessibles aux personnes qui en ont besoin, quels que soient leur situation d'emploi ou leur revenu;

  • s'assurer que le niveau de soutien du revenu est suffisant;

  • reconnaître que les services de transport, les services de garde d'enfants et les soutiens à domicile accessibles sont des aides à l'emploi essentielles aux personnes handicapées;

  • assouplir les programmes de soutien du revenu pour que les bénéficiaires puissent plus facilement naviguer de l'emploi rémunéré aux programmes de soutien du revenu;

  • mieux informer la population sur les personnes handicapées;

  • créer davantage de possibilités pour permettre aux personnes handicapées de participer à des groupes de soutien et à des séances d'information.

Tous les membres de la société peuvent contribuer au changement. Nous pouvons tous :

  • contribuer à éliminer les stéréotypes négatifs et la discrimination en faisant plus de place aux personnes handicapées dans nos milieux de travail et nos communautés;

  • inviter les femmes handicapées à participer aux groupes de femmes et aux activités communautaires.

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