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Données de base sur la pauvreté au Canada 2000 - autres documents

Note à l'intention des lecteurs

19 juillet 2000

Données de base sur la pauvreté au Canada 2000

Un mois avant la publication originale de notre livre sur les Données de base, Statistique Canada a publié ses statistiques du revenu pour 1998 dans un nouveau volume, Le revenu au Canada . Tandis que nous ne sommes pas en mesure de refaire toute la recherche pour ce livre, nous désirons présenter un résumé des résultats pour 1998 et attirer l'attention du lecteur à la nouvelle approche adoptée par Statistique Canada pour faire le compte-rendu des faibles revenus chez les Canadiens.

Comme on l'expliquera plus à fond au Chapitre 2, Statistique Canada a envisagé un changement dans sa façon de présenter les statistiques du faible revenu. Historiquement, cet organe fédéral a publié des chiffres sur le faible revenu basés sur ses Seuils de faible revenu (SFR). Un débat s'en est suivi pour déterminer si les seuils de faible revenu mentionnés dans les publications de Statistique Canada devraient être basés sur le revenu avant impôt, comme cela avait été fait jusqu'à présent, ou sur le revenu après impôt. Avec sa publication du Revenu au Canada, Statistique Canada a décidé de mettre l'accent sur les données du faible revenu après impôt dans ses publications et ses analyses. En moyenne, les estimations de la pauvreté dérivées des SFR après impôt sont inférieures environ de cinq points de pourcentage par rapport aux estimations dérivées des SFR avant impôt.

Le CCDS a allégué que le passage à des SFR après impôt pose un problème pour plusieurs raisons, dont la plus importante est que l'on ne tient pas compte de tous les impôts, comme les charges sociales et les taxes à la consommation, qui affectent plus fortement les moins bien nantis. Par conséquent, les SFR après impôt ne tiennent compte que des aspects progressistes de l'ensemble du régime fiscal et ne font aucun ajustement en fonction de ses composantes fiscales régressives. C'est en partie pour cela qu'il y a une telle différence dans les estimations de la pauvreté entre ces deux méthodes de calcul des SFR. Outre ces considérations, les auteurs avertissent les Canadiens de prêter attention à ne pas comparer les SFR avant impôt de 1997 et les SFR après impôt de 1998. Les lecteurs devraient garder à l'esprit que nous avons utilisé les SFR avant impôt traditionnels pour notre analyse afin de pouvoir faire le suivi de la pauvreté et du revenu au fil des ans de façon uniforme et crédible.

Statistique Canada a aussi cessé de faire son enquête transversale annuelle (c'est-à-dire à un moment précis) sur le revenu, l'Enquête sur les finances des consommateurs (EFC), pour la remplacer par une nouvelle enquête longitudinale, l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu (EDTR) qui fait le suivi de groupes de gens au fil des ans. À partir de maintenant, les chiffres chronologiquement antérieurs à 1996 seront tirés de l'EFC et les chiffres depuis 1996 proviendront de l'EDTR. Tandis qu'une grande partie de ces enquêtes se chevauche, des différences dans la variabilité de l'échantillonage et des taux de réponse entraînent des comptes différents de population. Les estimations sur le revenu sont singulièrement semblables, mais une fois encore, il y a des différences : l'EDTR montre davantage de gens avec un faible revenu tandis que l'EFC montre davanatge de gens sans revenu . C'est pour cette raison que les estimations de 1997 basées sur l'EFC qui sont présentées dans ce livre pourraient différer légèrement de celles publiées à l'avenir par Statistique Canada et basées sur l'EDTR.

Tout en tenant compte de ces avertissements, les données sur le revenu de 1998 montrent que beaucoup de Canadiens ont enfin commencé à récupérer des conséquences de la récession de 1990-91. Le revenu des familles s'est nettement amélioré de 1997 à 1998. En passant à 49 626 $, le revenu familial moyen après impôt est remonté à son niveau le plus élevé de la décennie, dépassant le revenu familial moyen enregistré en 1989, le sommet du dernier cycle économique. Le revenu moyen après impôt des personnes seules a aussi augmenté à 21 067 $. (Tous les chiffres sont en dollars 1998).

Les revenus d'emploi ont été la source principale de ces gains en revenu. La reprise des emplois, surtout chez les travailleurs à plein temps, associée à la croissance des salaires, a mené à des revenus d'emploi plus élevés. En 1998, le revenu moyen du marché atteignait 55 224 $ pour les familles et 20 758 $ pour les personnes seules. Les familles non âgées, y compris celles avec des enfants à charge, ont vu un gain marqué de leurs revenus de 1997 à 1998, mais les familles monoparentales n'avaient pas encore rattrappé leur niveau de revenu du marché de 1989. Le revenu du marché et après impôt des familles âgées et des personnes âgées est resté pour ainsi dire inchangé.

En même temps, les transferts gouvernementaux ont baissé légèrement après l'ajustement au taux d'inflation. Les transferts représentaient 12,6% du revenu total des ménages en 1998, une baisse par rapport à l'année précédente (à 13,1%). Les transferts ont diminué chaque année depuis leur sommet de 1994 dû à la récession (à 14,1%), plus particulièrement parmi les ménages de la population active. Cette baisse provient de l'amélioration des conditions sur le marché du travail et de coupures significatives aux programmes de transferts de revenus - notamment l'assistance sociale et l'assurance-emploi. En contraste, l'impôt moyen sur le revenu a légèrement augmenté de 1997 à 1998 à la suite de l'augmentation des revenus du marché, en passant de 19,4% à 19,8% du revenu total des ménages.

Des revenus en moyenne plus élevés en 1998 ont entraîné une baisse de la proportion de Canadiens vivant d'un revenu inférieur aux SFR de Statistique Canada. En se basant sur les SFR avant impôt, comme nous le faisons dans ce livre, le taux de pauvreté pour l'ensemble des Canadiens a baissé de 18,2% en 1997 à 16,9% en 1998. On estimait qu'il y avait 5,1 millions de gens dans la pauvreté en 1998. Sur ce nombre, 1,3 million étaient des enfants, représentant un taux de pauvreté infantile de 18,8%. (Veuillez prendre note que les chiffres pour 1997 présentés dans ce livre sont basés sur l'Enquête sur les finances des consommateurs de 1997. Les chiffres sur le revenu présentés dans Le revenu au Canada pour 1996, 1997 et 1998 de Statistique Canada sont basés sur l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu).

graphique

En examinant le taux de pauvreté des ménages, il a baissé dans les familles (de 14,3% à 13%), et chez les personnes seules (de 41,2% à 39,4%). Dans les deux cas, les taux de pauvreté en 1998 étaient plus élevés que ceux enregistrés en 1989. De plus, tandis qu'il y avait moins de gens vivant dans un ménage à faible revenu en 1998, leur écart de pauvreté s'était en fait agrandi tant par rapport à 1997 qu'à 1989. Pour les familles, l'écart moyen entre leur revenu et le seuil de faible revenu était de 8 219 $; pour les personnes seules, l'écart moyen de pauvreté était de 6 154 $.

Cette augmentation de l'écart de pauvreté laisse voir une tendance inquiétante dans les chiffres sur le revenu en 1998. Alors que la moyenne des revenus a passé un cap, les Canadiens au bas de l'échelle des revenus et même ceux du milieu, ne prennent pas part à cette nouvelle prospérité. Même si tous les ménages ont vu une augmentation de leur revenu après impôt de 1997 à 1998, ceux des 20% ou quintile du haut ont fait un gain de 3 404 $ ou 4,1%, alors que ceux du quintile du bas n'ont fait seulement qu'un gain de 63 $ ou 0,6% et ceux du quintile du milieu un gain de 692 $ ou 2,1%. (Les quintiles de revenu sont expliqués au chapitre 3. Ces chiffres sont basés sur des quintiles de revenu après impôt).

L'écart du revenu chez les Canadiens a augmenté tout au long des années 1990, et de façon notoire depuis 1994. Les revenus du marché en particulier se sont davantage polarisés. En 1989, les 20% des ménages du quintile du haut touchaient 46,3% du revenu du marché; en 1998, leur part était passée à 50,1%. Par contre, la part du revenu du marché des ménages dans les quintiles du bas, du 2e niveau et du milieu ont chuté pendant cette période : de 0,8 - 1,3 et 1,7 points de pourcentage respectivement. Autrement dit, les ménages du quintile du haut en 1989 recevaient 18 $ du revenu du marché pour chaque dollar gagné par les ménages du quintile du bas. En 1998, cet écart s'était élargi à 27 $ pour chaque dollar du quintile du bas.

graphique

L'effet des transferts et des impôts a été important pour aider à compenser l'écart croissant dans les revenus du marché de la première moitié des années 1990. Après 1994, cependant, l'écart entre les revenus après impôt a commencé à s'élargir. La part du revenu des ménages du quintile du haut a augmenté de 2,1 points de pourcentage alors que le quintile du bas a vu sa part du revenu baisser de 0,7 points de pourcentage. Le ratio du revenu après impôt s'est accru de 7,2 sur 1 en 1994, à 8,5 sur 1 en 1998. Donc, même si les effets égalisateurs du régime fiscal et des transferts continuent à se faire sentir sur la répartition extrêmement inégale du revenu du marché, depuis le milieu des années 1990 l'inégalité du revenu après impôt a été à la hausse. L'inégalité suscitée par le marché dépasse maintenant les contrepoids du régime fiscal et des transferts.

Ces conclusions corroborent largement la recherche présentée dans cette édition de Données de base sur la pauvreté au Canada. Il est évident qu'il reste beaucoup à faire pour répondre à l'inégalité croissante du revenu au Canada et les conséquences graves qui découlent de l'appauvrissement pour tous les Canadiens.

Enfin, nous tenons à signaler à nos lecteurs que dans cette publication, le générique masculin est utilisé sans aucune discrimination et uniquement dans le but d'alléger le texte.

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