CONSEIL CANADIEN DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL
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Perception: Volume 27, No. 1 & 2, 2004

Quelques faits sur les services de garde au Canada

What is highlighted should also be placed in callouts. Le monde des affaires sera de la partie! par Charlie Coffey «Affichant le deuxième taux le plus élevé de pauvreté infantile parmi les pays industrialisés, et ayant récemment fait l’objet de deux commentaires des Nations Unies relativement à son inaction dans le domaine de l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, le Canada pourrait malheureusement voir sa réputation quant à la justice sociale passer à l’histoire». (The Niagara Summit on Human Development, 11 mars 2004). Des propos puissants qui appellent une réponse tout aussi vigoureuse. Bien qu’il n’existe aucune solution miracle pour le Canada, je suis convaincu que les entreprises, petites ou grandes, ont un rôle essentiel à jouer dans ce que j’appelle la solution collaborative vers la prospérité. Il est nécessaire qu’un leadership fort et diversifié des secteurs public, communautaire et entrepreneurial s’assoie à la même table lorsqu’il est question de directives et d’enjeux concernant les services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants. Qu’on ne s’y trompe pas, l’apprentissage et la garde des jeunes enfants font partie de la même équation. C’est une question d’orientation, de synergie et de savoir global partagé, une approche nationale plus intégrée à la stratégie, aux communications, à la programmation et à l’évaluation, incluant une mise au point finale à l’échelle régionale. Rappelez-vous que l’histoire a révélé à plusieurs reprises que les virages ou changements dans la politique gouvernementale ne s’amorcent que lorsque le monde des affaires s’y rallie. Il est clair que le monde des affaires a avantage à appuyer le développement de politiques gouvernementales saines, puisqu’il a des intérêts dans les résultats de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants, à savoir l’éducation, l’emploi, la santé, la sécurité et la mobilisation communautaire. Quel grand PDG ne croit pas que le fait d’instruire, d’attirer et de garder les talents les plus prometteurs est une priorité stratégique? Quel grand PDG ne voit pas le lien entre la responsabilité sociale des entreprises et le développement d’une entreprise, sans compter l’engagement des employés? Quel grand PDG n’établit pas un rapport entre la valeur des partenariats entrepreneuriaux, gouvernementaux et communautaires et le développement du dossier de la justice économique et sociale? J’aimerais m’entretenir avec un grand PDG qui ne comprend pas que le fait d’améliorer demain la valeur actionnariale résulte d’un investissement effectué aujourd’hui dans les enfants et les familles. La génération d’intérêts commerciaux élevés peut aider à faire la différence. Il faut que les leaders du monde des affaires interviennent dans le débat. Ils doivent être mis au courant des résultats des recherches (preuves) et en discuter. On ne peut faire abstraction de la contribution qu’apportent les services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants à la création et au développement du capital humain. Des études démontrent que l’investissement dans l’enfance est bon pour l’économie et les affaires : • «Pour chaque dollar investi dans des services de garde, deux dollars sont produits par l’augmentation des recettes fiscales et la baisse des coûts sociaux, d’éducation et de santé1». • «Le développement du cerveau de l’enfant au cours des six premières années de sa vie jette les bases de l’apprentissage, du comportement et de la santé pendant toute sa vie2». • «Si, durant les premières années, l’enfant est soutenu au chapitre du fonctionnement socio-affectif et des habiletés cognitives, langagières, motrices et adaptatives, il est plus probable qu’il réussira à l’école et qu’il apportera ensuite une contribution à la société3». • Une éducation de qualité supérieure des jeunes enfants produit «des résultats positifs et des économies à long terme, notamment : meilleur rendement à l’école, réduction des placements dans des classes particulières, taux moins élevé de décrochage scolaire et potentiel de gains accru tout au long de leur vie. […] De plus en plus, les employeurs reconnaissent que l’accessibilité à de bons programmes destinés à la petite enfance est essentielle pour le recrutement et la conservation de leurs employés4» . • «On estime que les problèmes de conciliation travail-famille coûtent aux entreprises canadiennes environ 2,7 milliards de dollars en temps de travail perdu en raison des absences5». Les recherches sur le développement du cerveau donnent à penser que les enfants prennent un meilleur départ dans la vie lorsqu’on leur enseigne par petits groupes dès leur jeune âge, renforçant ainsi leurs habiletés de collaboration, alors que les enfants plus âgés gagnent à être amenés graduellement à un enseignement intensif dirigé par un professeur et à être encouragés à devenir le genre de penseurs et d’étudiants autonomes et inventifs que réclament les employeurs du 21e siècle6. On peut trouver d’autres études, notamment le rapport intitulé Never too early to invest in children: Early childhood education and care matters to business!, sur le site Web Voices for Children (www.voicesforchildren.ca). D’importantes études se rapportant à l’apprentissage et à la garde des jeunes enfants sont présentement en cours au Canada, de même que dans d’autres pays comme les États-Unis, l’Italie, la Grande-Bretagne et l’Australie, pour n’en nommer que quelques-uns. Pour ce qui est des services de garde, l’organisme appelé « Child Care Coalition of Manitoba » faisait récemment paraître son rapport intitulé Time for Action: An Economic and Social Analysis of Child Care in Winnipeg (www.childcaremanitoba.ca), qui représente une excellente source d’analyses et d’information à jour. On y apprend beaucoup, entre autres, sur la dimension économique du développement des jeunes enfants. Les faits, les chiffres et le rendement des investissements sont des notions que le milieu des affaires comprend bien. Et le message est simple : nous pouvons tous être tenus responsables si nous ne fournissons pas un environnement favorisant un « bon départ » pour nos enfants. Il doit y avoir plus de leaders du monde des affaires qui considèrent les programmes axés sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants comme un enjeu économique, et non seulement comme un enjeu éducatif ou social. Il s’agit d’un enjeu économique important parce que les services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants permettent aux parents de travailler, d’apprendre et de se perfectionner tout en préparant leurs enfants à un avenir meilleur. Il s’agit d’un investissement judicieux à faire dès maintenant pour que la main-d’œuvre et l’économie soient concurrentielles en 2014. Un bon exemple de la participation du secteur privé est le projet appelé «PNC Grow Up Great», qui consiste en un investissement de 100 millions de dollars dans l’éducation des jeunes enfants par le groupe financier «PNC Financial Services Group, Inc.» de Pittsburgh (www.pncgrowupgreat.com/grow_up_great.html). Lorsqu’il songe à investir dans l’apprentissage et l’éducation des jeunes enfants, le monde des affaires peut également se tourner vers le mélange inspiré de recherche, de pratique et d’innovation de l’organisme «Institute of Child Study» de Toronto, un modèle fonctionnel se prêtant à une application élargie, qui montre la voie lorsqu’il est question de renforcer la capacité de raisonnement des enfants et d’établir des liens dans la collectivité. Nous savons que les services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants ont gagné leur place sur l’échiquier politique canadien. Il est maintenant temps de faire progresser ce dossier (avec l’aide des trois ordres de gouvernement) et de faire de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants une priorité à l’échelle nationale et internationale, tout en ciblant les enfants dont les besoins sont les plus criants, et en mettant plus d’argent dans des services de garde de qualité supérieure. Cet investissement devrait faire l’objet d’un effort coordonné de la part du Canada pour assurer la qualité des programmes et desservir un plus grand nombre d’enfants et de familles, y compris les enfants autochtones. Les entreprises ont un rôle crucial à jouer en favorisant l’action gouvernementale dans l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, en influençant l’orientation des politiques publiques. Elles doivent également soutenir les gouvernements dans l’élaboration de programmes nationaux ou régionaux afin de remplacer la multitude d’initiatives et de projets divers en place à l’heure actuelle. «La plupart des parents veulent que leur enfant ait une expérience précoce d’apprentissage, et une majorité aurait besoin de services de garde non parentaux pour pouvoir travailler ou étudier. Les services actuels ne sont pas organisés pour répondre aux besoins des parents et des enfants. Nous proposons tout d’abord de fusionner en un seul programme les programmes pour les quatre et cinq ans, soit les soutiens aux maternelles, aux services de garde et aux parents7». Établir des stratégies novatrices en ce qui a trait à l’apprentissage et la garde des jeunes enfants contribue à la prospérité du Canada. À ce titre, pourquoi est-ce que les leaders innovateurs du monde des affaires ne prendraient pas en considération des milieux de travail qui offrent des garderies sur place ou à proximité, des subventions pour la garde des enfants, des programmes après l’école, des réseaux de parents, des services d’information et d’orientation, le partage d’emplois, des horaires flexibles, ou des congés parentaux prolongés ou congés pour obligations familiales? Pourquoi est-ce que les leaders innovateurs du monde des affaires n’encourageraient pas le fait d’investir dans des initiatives ciblées axées sur les enfants et dans la représentation au sein de conseils pour la défense des droits des enfants? Et pourquoi est-ce que les leaders innovateurs du monde des affaires n’appuieraient pas les partenariats avec les gouvernements et les collectivités, ainsi que la mise en commun des pratiques exemplaires? Ce sont autant d’éléments caractéristiques d’une saine stratégie d’entreprise. Ils favoriseront le développement du capital humain, la promotion d’un cadre de travail plus sain et la création d’un avantage sur les concurrents. Il est grand temps que les leaders du monde des affaires s’expriment en grand nombre. Peut-être verrons-nous le monde des affaires bien représenté à la conférence qui se tiendra à Winnipeg sous le thème Des services de garde pour tous! Un enjeu pour le 21e siècle, étant donné que cet événement influencera la politique publique sur les services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants, et aidera à établir le plan d’action pour la prochaine décennie. «Dans le monde actuel, où le niveau d’instruction et de compétences détermine les possibilités de gains futurs, les coûts économiques et sociaux sur le plan personnel, communautaire et national de l’inaction en matière de développement des jeunes enfants sont trop élevés pour être laissés de côté, surtout lorsque les bénéfices dépassent largement les coûts8». Comme on dit, il faut un village pour élever un enfant… alors, lorsque vous allumerez la flamme des services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants au moyen de solutions et d’actions concertées, je vous en prie, incluez le monde des affaires! Bibliographie 1 Cleveland, Gordon, et Michael Krashinsky. The Benefits and Costs of Good Child Care, 1998. 2 McCain, M., et J. F. Mustard. The Early Years Study: Reversing the Real Brain, 1998. 3 Erickson, Martha Farrell, et Karen Kurz-Riemer. Infants, Toddlers and Families: A Framework for Support and Intervention. New York, The Guilford Press, 1999. 4 The Business Roundtable/Corporate Voices for Working Families, Déclaration communne, Early Childhood Education - A Call to Action from the Business Community, 7 mai 2003. 5 Johnson, Karen, Donna Lero et Jennifer Rooney. Work-Life Compendium 2001: 150 Canadian Statistics on Work, Family & Well-Being. Développement des ressources humaines Canada, Bureau de la main-d’œuvre féminine et Université de Guelph, Centre d’études sur la famille, le travail et le mieux-être. 6 Abbott, John, et Terry Ryan. The Unfinished Revolution: Learning, Human Behavior, Community and Political Paradox, 2001. 7 Cooke, Michael, Daniel Keating et Marjorie McColm. Early Learning and Care in the City: A New Blueprint for Ontario. The Centre of Early Childhood Development, George Brown College, Atkinson Centre for Society and Child Development; Institut d’études pédagogiques de l’Ontario, 2004. 8 The Business Roundtable/Corporate Voices for Working Families, Déclaration communne. UCLA Center for Healthier Children, Families and Communities (États-Unis), Sure Start (Royaume-Uni), Centre for Community Child Health (Australie): The International Meeting on Developing Comprehensive Community-Based Early Childhood Systems, décembre 2003, (www.healthychild.ucla.edu/ICECS/Default.asp). Charlie Coffey est vice-président directeur, Affaires gouvernementales et communautaires, RBC Groupe Financier, Toronto et coprésident de la commission Early Learning and Child Care de la ville de Toronto. Contact : charles.coffey@rbc.com Tania, please box this last part, maybe with a very light screen to distinguish it from his article. Thanks. GOES p. 13 Post-scriptum Il est difficile de ne pas sourire, ou même de ne pas rire tout haut, lorsqu’on entend le discours du Trône du gouvernement fédéral, qui dit ce qui suit : «Il est temps d’adopter un système vraiment national concernant l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, un système basé sur les quatre grands principes reconnus par les parents et les spécialistes des services de garde : la qualité, l’universalité, l’accessibilité et le développement». Le gouvernement a écouté et on se concentre maintenant sur les services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants. La prochaine étape est le leadership au cœur de l’action…


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