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Commentaire du CCDS

24 mars 2004

Le budget donne peu à faire au nouveau
ministère du développement social

Ce budget a été une occasion manquée pour le Premier ministre Paul Martin. On se serait attendu à ce qu’il commence à mettre en place un agenda social, mais ce n’est pas le cas. Pourtant, pas plus tard qu’en décembre, le Premier ministre avait créé le ministère du développement social et nommé à sa tête madame Liza Frulla, une championne des questions sociales. À la suite de ce budget, il semble qu’elle aura peu à faire.

Avec l’obsession du gouvernement pour la réduction de la dette et les milliards de dollars mis en réserve pour des éventualités, il ne reste plus grand chose pour faire face aux inégalités croissantes dans la société canadienne. En prévoyant un objectif de réduction de la dette de 25% du PIB en dix ans, on privera les programmes gouvernementaux de quelque 28,9 milliards de dollars. Nous pourrions investir dans l’infrastructure sociale, équilibrer le budget chaque année, et quand même atteindre le même objectif d’une proportion de la dette au PIB de 25%, seulement un an plus tard! Dans sa précipitation à diminuer la dette fédérale, le gouvernement décharge en fait ces coûts sur les familles.

La promesse des Libéraux de réinvestir la moitié des surplus dans des programmes sociaux n’est plus qu’un souvenir lointain. Malgré la prospérité de la dernière décennie, les dépenses de programmes du gouvernement fédéral en proportion du PIB ont en fait chuté de 4,5 points de pourcentage. Cette année, ils se résumeront à 11,8%, approchant un record historique vers le bas.

Nous avons un Premier ministre qui ne craint pas d’établir de grands objectifs. Pourtant, ce budget est décevant. Il n’y a aucun plan d’action pour redresser les disparités sociales auxquelles sont confrontées nos communautés et qui sapent notre prospérité.

Les Canadiens et les Canadiennes méritent mieux qu’une approche ad hoc au développement social. Face à un changement profond, nous devons bâtir un nouveau modèle social. Nous avons besoin d’un nouvel ensemble de politiques sociales qui intègre la sécurité économique et la création d’emplois, un niveau élevé d’investissement social dans les services de la petite enfance, l’éducation et la formation, ainsi que des mesures qui suscitent une plus grande égalité et l’inclusion des groupes marginalisés.

Au lieu de cela, le budget annonce une série d’initiatives décousues, tel le bon d’étude qui prétend faciliter l’accès à l’éducation postsecondaire pour les Canadiens et Canadiennes à faible et moyen revenu mais qui ne réussit pas à compenser les augmentations énormes des frais de scolarité. Cette subvention proposée pour l’éducation, qui atteindra les 3 000 $ d’ici 18 ans, ne couvrira peut-être guère plus que le transport de la maison à l’université. Est-il vraiment bien réaliste de demander à des familles qui se démènent en ce moment pour payer le loyer et les services de garde, de mettre de l’argent de côté pour l’éducation postsecondaire? En fait, nous sommes en train de faire du bricolage, en expérimentant avec des politiques basées sur des plans d’épargne, au lieu d’investir avec audace dans des mesures qui feraient vraiment une différence dans la vie des Canadiens et Canadiennes.

Le Canada se trouve dans une situation financière très saine et le surplus budgétaire cette année et dans les années à venir sera vraisemblablement encore plus élevé que ce que prévoit le gouvernement. Tout au moins, nous nous attendions à voir une augmentation de financement pour les services de garde et la Prestation fiscale canadienne pour enfants, un nouvel investissement pour des logements abordables, des mesures pour répondre à la croissance de la pauvreté parmi les nouveaux immigrants et les minorités visibles et un investissement plus sérieux à l’égard des communautés Autochtones.

«Nous devons mesurer nos progrès par les normes que nous nous donnons pour les moins privilégiés d’entre nous». Ce sont là les mots prononcés par Paul Martin dans son discours au congrès d’investiture libérale. Dans ce contexte, le budget est loin d’être à la hauteur.


Voir aussi: Imaginer un avenir d’inclusion, présenté par le CCDS au Comité permanent des Finances de la Chambre des communes dans le cadre des consultations prébudgétaires 2003

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