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Pourquoi il n'est pas nécessaire de choisir entre la justice sociale et la croissance économique : Le mythe du compromis entre ce qui est équitable et ce qui est efficace

Novembre 2000

par Andrew Jackson
Directeur de la recherche

Selon la théorie économique courante dans la société, il y a un besoin fondamental de faire des compromis entre ce qui est équitable - une répartition raisonnablement égale du revenu et de la richesse - et ce qui est efficace, c'est-à-dire la croissance économique. Le concept de base est que les sociétés qui portent trop attention à encourager l'égalité finiront par en payer le prix en termes d'une croissance plus lente. De nos jours, cette théorie se combine au raisonnement répandu que tout pays industrialisé qui a l'intention de copier la réussite économique récente des États-Unis, doit du coup adopter le modèle américain d'une très grande inégalité sociale.

Le présent exposé a pour objectif de critiquer ce principe de base tant sur le plan empirique que théorique, et de démontrer qu'il y a des rapports positifs entre une égalité relative et une bonne rentabilité économique.

Nous comparons le rendement économique et social de sept pays qui sont en gros représentatifs de trois modèles socio-économiques différents, soit le modèle libéral, le modèle du marché social et le modèle de la social-démocratie. Tout converge à conclure que, dans les années 1990, il n'y a pas de lien évident entre l'inégalité et la croissance économique et que deux pays avec un système très égalitaire - les Pays-Bas et le Danemark - s'en sortent très bien tant sur le plan économique que social. Pour le moins, cela montre qu'il est tout à fait possible d'atteindre une forte croissance et un faible taux de chômage sans avoir à sacrifier l'objectif de vivre dans une société équitable. En outre, l'exposé montre que les différences croissantes dans la répartition du revenu parmi ces sept pays sont principalement causées par une tendance vers une plus grande inégalité dans les pays soi-disant «libéraux»; il n'y a pas de tendance universelle vers une inégalité croissante.

Dans ce document, nous examinons des études récentes qui corroborent que des institutions et des politiques publiques favorisant l'égalité n'entraînent pas forcément de lourdes conséquences en termes d'un plus mauvais rendement économique. Plus précisémment, on y montre que la pratique généralisée des conventions collectives et la réglementation du marché du travail peuvent maintenir une moindre inégalité des salaires sans pour cela bloquer la création d'emplois ni l'investissement nécessaire aux affaires, et que les impôts relativement élevés nécessaires pour financer des transferts redistributifs «généreux» et des services publics accessibles n'ont pas forcément des conséquences négatives sur la croissance. En poussant un peu plus loin le concept, l'expérience de certains pays suggère que la réforme et le renouvellement de ces institutions et ces politiques - plutôt que leur érosion - peuvent avoir des effets positifs sur le rendement économique.

La dernière section de l'exposé fait la critique de l'argument généralement avancé que la «mondialisation» oblige la société moderne à abandonner tout principe égalitaire si elle veut pouvoir être compétitive sur le marché international. On souligne que même s'il est peut-être nécessaire d'apporter des changements aux politiques sociales et économiques visant à promouvoir l'équité, et que même s'il n'est pas facile d'équilibrer les objectifs de l'équité et ceux de l'efficacité, il est encore possible pour les sociétés modernes de «grandir ensemble» au lieu de «faire grandir l'écart». Cette conclusion générale est extrêmement pertinente dans le cadre des débats actuels sur le degré auquel le Canada devrait davantage se conformer au modèle social américain, afin d'arriver à rivaliser avec la réussite économique des États-Unis.

L'exposé est disponible en format intégral, en anglais seulement, sur le site web anglais du CCDS : Why We Don't Have to Choose between Social Justice and Economic Growth: The myth of the equity/efficiency trade-off.

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