Fiche d’information du CCDS Personnes Handicapées
numéro 9, 2003

La santé et le bien-être des personnes handicapées

Dans cette neuvième Fiche d’information du CCDS concernant les personnes handicapées, nous fournissons des statistiques ayant trait à la santé et au bien-être des personnes handicapées. Dans l’ensemble, les personnes handicapées ont plus de problèmes liés à la santé et des taux plus bas d’indicateurs de bien-être. L’Enquête nationale sur la santé de la population de 1998/1999 (ENSP), de Statistique Canada, constitue la source de données pour cette Fiche d’information.

État de santé et soins de santé

Êtes-vous en excellente santé?

Les personnes handicapées sont beaucoup moins susceptibles que les personnes non handicapées d’être en bonne santé. Comme on le voit au Tableau 1, seulement 8,1% des personnes handicapées ont indiqué être en excellente santé, par rapport à 36,3% des personnes non handicapées. En particulier, les femmes handicapées étaient les moins susceptibles d’indiquer être en excellente santé (6,6%) ou en très bonne santé (22,7%), tandis que les hommes non handicapés étaient les plus susceptibles de dire que leur santé était excellente (38,6%).

Tableau 1 : Auto-évaluation de l'état de santé des personnes handicapées et non handicapées (de tout âge) selon le sexe
Santé en général Personnes handicapées Personnes non handicapées
  Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total
Excellente 9,7% 6,6% 8.1% 38,6% 34,0% 36.3%
Très bonne 22,3% 22,7% 22,5% 39,1% 40,7% 39,9%
Bonne 34,5% 36,5% 35,5% 19,6% 21,7% 20,6%
Passable 23,2% 25,2% 24,3% 2,6% 3,2% 2,9%
Mauvaise 10,3% 9,1% 9,6% * * *
Total 100,0% 100,1% 100,0% 100,0% 100,0% 100,0%
* En raison de la petite taille de l'échantillon, les données ne peuvent pas être publiées.
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

L’âge compte-t-il?

Étant donné que les personnes handicapées ont, en général, plus tendance à être plus âgées, et que les personnes plus âgées ont en général moins de probabilité d’être en excellente santé, il est logique de comparer l’état de santé des personnes handicapées et non handicapées selon la tranche d’âge afin de tenir compte des effets de l’âge autant que possible. Même ainsi, cependant, il est évident que les personnes handicapées sont encore moins susceptibles que les personnes non handicapées de dire que leur santé est excellente. Par exemple, parmi les personnes de 15 à 34 ans, 34,4% de celles qui n’étaient pas handicapées ont dit que leur santé était excellente, tandis que c’était le cas de seulement 10,7% des personnes handicapées (Tableau 2).

Tableau 2 : Auto-évaluation de l'état de santé des personnes handicapées et non handicapées, selon l'âge
  15 à 34 ans 35 à 49 ans 50 à 64 ans 65 ans et plus
Santé en général Handi-
capées
Non handi-
capées
Handi-
capées
Non handi-
capées
Handi-
capées
Non handi-
capées
Handi-
capées
Non handi-
capées
Excellente 10,7%** 34,4% 9,4% 29,9% 5,2%** 24,5% 3,7%** 15,2%
Très bonne 33,0% 44,3% 24,8% 44,4% 18,6% 41,6% 15,3% 39,9%
Bonne 35,1% 19,3% 37,2% 23,0% 35,1% 28,2% 35,3% 34,7%
Passable 17,7% 1,8% 20,3% 2,6% 29,3% 5,3% 30,9% 9,2%
Mauvaise * * 8,4%** * 11,7% * 14,8% *
Total 100,0% 100,0% 100,1% 100,0% 99,9% 100,0% 100,0% 100,0%
* En raison de la petite taille de l'échantillon, les données ne peuvent pas être publiées.
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

Alors que le pourcentage qui indiquait une excellente santé diminuait avec l’âge à la fois chez les personnes handicapées et non handicapées, l’écart entre les deux groupes persistait. Parmi les personnes de 65 ans et plus, 15,2% de celles qui n’étaient pas handicapées ont dit que leur santé était excellente, par rapport à seulement 3,7% des personnes handicapées.

Des difficultés à obtenir des soins de santé?

La plus haute probabilité que les personnes handicapées aient une santé plus fragile s’accompagne d’une plus grande probabilité de nécessiter des soins de santé, mais de ne pas les obtenir. Par exemple, 14,6% des personnes handicapées ont indiqué qu’elles n’arrivaient pas à recevoir les soins de santé dont elles avaient besoin, par rapport à un pourcentage de seulement 3,9% chez les personnes non handicapées.

La raison la plus courante citée de ne pas recevoir les soins requis était le temps d’attente pour ces soins – tant chez les personnes handicapées (23,2%) que chez les personnes non handicapées (22,7%). Les personnes handicapées étaient aussi plus susceptibles que les autres de s’attendre à ce que les soins qu’elles recevraient seraient inadéquats (14,6% et 12,2%, respectivement), ou de se passer des soins de santé nécessaires pour des questions de coût (14,1% compared to 11%). Les personnes non handicapées avaient plus tendance que les personnes handicapées à indiquer qu’elles étaient trop occupées pour obtenir les soins de santé dont elles avaient besoin (15,7% et 6,9% respectivement, Graphique 3).

graphique1

Le bien-être

Soutien social

Les personnes handicapées sont plus susceptibles d’indiquer qu’elles ont des faibles niveaux de soutien dans une variété de domaines qui contribuent au bien-être général. Par exemple, les personnes handicapées avaient plus tendance à indiquer des faibles niveaux de soutien social que les personnes non handicapées (Tableau 4), et les femmes handicapées étaient celles qui avaient les plus bas niveaux de soutien social. En fait, 6,2% des femmes handicapées ont indiqué avoir peu ou pas du tout de soutien social, par rapport à 5,6% des hommes handicapés et seulement 2,6% des femmes et des hommes non handicapés. De plus, 24,2% des femmes handicapées ont indiqué n’avoir du soutien social que parfois seulement, par rapport à 16,1% des hommes handicapés, 16,9% des femmes non handicapées et 13,3% des hommes non handicapés.

Tableau 4: Soutien social pour les personnes handicapées et non handicapées, selon le sexe
  Hommes Femmes
Niveau de soutien social Handicapées Non handicapées Handicapées Non handicapées
Jamais ou pas souvent 5,6% 2,6% 6,2% 2,6%
Parfois 16,1% 13,3% 24,2% 16,9%
La plupart du temps 36,5% 37,0% 34,4% 39,1%
Tout le temps 41,9% 47,1% 35,2% 41,4%
Total 100,1% 100,0% 100,0% 100,0%
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

Il ressort clairement que les hommes ont en général plus tendance que les femmes à indiquer qu’ils ont du soutien social tout le temps. Seulement 35,2% des femmes handicapées ont dit que du soutien social leur était disponible tout le temps, par rapport à 41,9% des hommes handicapés, 41,4% des femmes non handicapées et 47,1% des hommes non handicapés.

Autres types de soutien

Les résultats sont assez semblables pour les autres types de soutien. Les personnes handicapées ont plus tendance à indiquer des faibles niveaux de soutien affectif ou de conseils et des faibles niveaux d’affection que les personnes non handicapées (Tableaux 5 & 6).

Tableau 5 : Soutien affectif ou conseils pour les personnes handicapées et non handicapées, selon le sexe
  Hommes Femmes
Accès à du soutien affectif ou des conseils Handicapées Non handicapées Handicapées Non handicapées
Jamais ou pas souvent 12,5% 7,0% 12,6% 6,0%
Parfois 35,1% 33,9% 31,2% 30,2%
La plupart du temps 24,5% 25,8% 26,2% 27,8%
Tout le temps 27,9% 33,3% 29,9% 36,0%
Total 100,0% 100,0% 99,9% 100,0%
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

 

Tableau 6 : Affection à l'égard des personnes handicapées et non handicapées, selon le sexe
  Hommes Femmes
Témoignage d'affection Handicapées Non handicapées Handicapées Non handicapées
Jamais ou pas souvent 6,5% 4,3% 6,1% 2,7%
Parfois 25,8% 21,9% 23,7% 19,7%
La plupart du temps 18,9% 18,7% 20,7% 18,9%
Tout le temps 48,9% 55,0% 49,6% 58,7%
Total 100,1% 99,9% 100,1% 100,0%
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

Les personnes handicapées sont aussi moins susceptibles d’indiquer qu’elles ont de grands cercles d’amis proches ou de famille. Tant les femmes (46,2%) que les hommes (46,9%) handicapés avaient plus tendance que ceux non handicapés (42,5% et 40,8%, respectivement) à dire qu’ils avaient un petit cercle d’amis proches et de – d’habitude cinq personnes ou moins (Tableau 7).

Tableau 7 : Amis proches et soutien familial pour les personnes handicapées et non handicapées, selon le sexe
  Hommes Femmes
Nombre d'amis proches et soutien familial Handicapées Non handicapées Handicapées Non handicapées
Moins de 5 personnes 46,9% 40,8% 46,2% 42,5%
5 à 9 29,6% 31,1% 32,8% 34,4%
10 à 14 16,2% 18,3% 14,2% 15,8%
Plu de 15 7,3% 9,8% 6,8% 7,2%
Total 100,0% 100,0% 100,0% 99,9%
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

Les femmes et les hommes handicapés sont aussi moins susceptibles que les autres sans handicap d’indiquer des niveaux élevés de relations sociales positives. Par exemple, parmi les femmes handicapées, 6,5% ont indiqué avoir peu ou pas de relations sociales positives dans leur vie, et 24,5% ont indiqué n’avoir que parfois des relations sociales positives. Parmi les femmes non handicapées, 1,9% ont indiqué avoir peu ou pas de relations sociales positives et 15,7% ont dit que c’était le cas parfois seulement. Parmi les hommes handicapés, les chiffres correspondants étaient de 4,9% (peu ou pas) et 21% (parfois), et pour les hommes non handicapés, seulement 1,6% ont indiqué avoir peu ou pas de relations sociales positives, et 15,1% ont indiqué n’en avoir que parfois (Tableau 8).

Tableau 8 : Relations sociales positives pour les personnes handicapées et non handicapées, selon le sexe
  Hommes Femmes
Degrés de relations sociales positives Handicapées Non handicapées Handicapées Non handicapées
Jamais ou pas souvent 4,9%** 1,6% 6,5% 1,9%
Parfois 21,0% 15,1% 24,5% 15,7%
La plupart du temps 36,7% 39,2% 33,0% 37,6%
Tout le temps 37,4% 44,1% 35,9% 44,7%
Total 100,0% 100,0% 99,9% 99,9%
** Utiliser ces données avec précaution.
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

Le fait d’avoir un emploi est-il déterminant pour le bien-être?

Parmi la population active, la participation au marché du travail est un élément important dans la détermination du bien-être. Les personnes qui avaient participé au marché du travail l’année précédente avaient plus tendance à indiquer des indicateurs plus élevés et plus positifs de bien-être que celles qui n’y avaient pas participé.

Par exemple, 76,2% des personnes handicapées qui avaient travaillé dans la main d’oeuvre rémunérée à une période donné de l’année précédente indiquaient avoir des relations sociales positives la plupart du temps ou tout le temps (36,7% + 39,5%), par rapport à seulement 65,5% des personnes handicapées qui n’avaient pas travaillé l’année précédente (Tableau 9). Bien qu’il y ait encore un écart entre les personnes handicapées et non handicapées – quelle que soit leur situation d’emploi – il est clair que c’est un facteur important d’avoir un emploi pour le bien-être de la plupart des gens. Dans bien des cas, cependant, le fait d’avoir un emploi semble avoir une répercussion encore plus grande sur les mesures du bien-être des personnes handicapées que pour les personnes non handicapées.

Tableau 9 : Relations sociales positives pour les personnes handicapées et non handicapées, selon la participation au marché du travail rémunéré
  Personnes handicapées Personnes non handicapées
Degré de relations sociales positives A travaillé année précédente N'a pas travaillé année précédente A travaillé année précédente N'a pas travaillé année précédente
Jamais ou pas souvent 3,2%** 10,4% 1,2% 3,4%**
Parfois 20,6% 24,0% 14,2% 17,6%
La plupart du temps 36,7% 32,9% 38,6% 38,0%
Tout le temps 39,5% 32,6% 45,9% 41,0%
Total 100,0% 99,9% 99,9% 100,0%
** Utiliser ces données avec précaution.
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

 

Tableau 10 : Soutien social pour les personnes handicapées et non handicapées, selon la participation au marché du travail rémunéré
  Handicapées Non handicapées
Niveau de soutien social A travaillé année précédente N'a pas travaillé année précédente A travaillé année précédente N'a pas travaillé année précédente
Jamais ou pas souvent 3,8%** 8,1%** 2,2% 3,8%
Parfois 19,5% 25,3% 15,3% 16,8%
La plupart du temps 40,2% 31,1% 38,8% 37,2%
Tout le temps 36,5% 35,5% 43,6% 42,2%
Total 100,0% 100,0% 99,9% 100,0%
** Utiliser ces données avec précaution.
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

Il est difficile de déterminer si le fait d’avoir des soutiens sociaux facilite le travail rémunéré, ou si le travail rémunéré offre davantage d’accès aux soutiens sociaux. Il est très probable que l’influence est mutuelle. Dans une publication antérieure du CCDS intitulée Vaincre les obstacles, la recherche auprès de groupes témoins montrait que l’accès à ces soutiens sociaux peut en fait aider à trouver un travail rémunéré. Il est tout aussi probable cependant, que le fait d’avoir un travail rémunéré augmente l’accès des gens à un réseau social plus étendu et par conséquent à davantage de possibilités de soutien au sein de ce réseau. (Fawcett, 2000).

Dans le cadre d’autres recherches qui ont étudié les effets des ressources sociales (dont beaucoup étaient semblables à celles examinées ici) pour atténuer les répercussions de vivre avec un handicap et de souffrir dépression plus tard dans la vie, Jang et al ont trouvé des relations positives. Ces soutiens peuvent être des facteurs importants pour réduire la probabilité que les personnes handicapées risquent éventuellement de souffrir de dépression, en plus de leur handicap initial. Leurs conclusions suggèrent que «les ressources psychosociales pourraient agir comme modérateur du stress qui protège des répercussions néfastes de vivre avec un handicap». (Jang et al, 2002).

Dans des numéros antérieurs des Fiches d’information concernant les personnes handicapées, nous avions présenté des informations sur les liens entre le travail rémunéré et la sécurité économique des personnes handicapées. Il est évident d’après les données présentées ici que le travail rémunéré est aussi relié positivement à la sécurité en général ou au bien-être – ce que les personnes handicapées ont dit depuis des années!

Tableau 11 : Soutien affectif pour les personnes handicapées et non handicapées, selon la participation au marché du travail rémunéré
  Handicapées Non handicapées
Accès à du soutien affectif ou des conseils A travaillé année précédente N'a pas travaillé année précédente A travaillé année précédente N'a pas travaillé année précédente
Jamais ou pas souvent 9,4% 18,2% 5,4% 9,1%
Parfois 35,0% 30,6% 32,6% 31,4%
La plupart du temps 25,1% 27,1% 27,2% 26,9%
Tout le temps 30,5% 24,1% 34,8% 32,7%
Total 100,0% 100,0% 100,0% 100,1%
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

 

Tableau 12 : Affection à l'égard des personnes handicapées et non handicapées, selon la participation au marché du travail rémunéré
  Handicapées Non handicapées
Témoignage d'affection A travaillé année précédente N'a pas travaillé année précédente A travaillé année précédente N'a pas travaillé année précédente
Jamais ou pas souvent 4,2%** 10,4% 2,9% 4,6%
Parfois 22,9% 26,7% 20,5% 22,8%
La plupart du temps 19,8% 18,3% 18,7% 20,1%
Tout le temps 53,1% 44,6% 57,9% 52,6%
Total 100,0% 100,0% 100,0% 100,1%
** Utiliser ces données avec précaution.
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

 

Tableau 13 : Amis proches et soutien familial pour les personnes handicapées et non handicapées, selon la participation au marché du travail rémunéré
  Handicapées Non handicapées
Nombre d'amis proches et soutien familial A travaillé année précédente N'a pas travaillé année précédente A travaillé année précédente N'a pas travaillé année précédente
Moins de 5 personnes 41,7% 53,9% 40,1% 48,8%
5 à 9 34,4% 27,8% 33,4% 31,0%
10 à 14 17,1% 12,2% 17,9% 13,7%
Plus de 15 6,8% 6,2%** 8,6% 6,5%
Total 100,0% 100,0% 100,0% 100,0%
** Utiliser ces données avec précaution.
Source: Calculs du Conseil canadien de développement social d'après les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, 1998/1999, de Statistique Canada.

 

Définitions

Soutien social :

un indice créé à partir des réponses sur l’accès à : une personne pour vous venir en aide si vous deviez garder le lit; une personne pour